LorenzoStaelens voulait marquer son intronisation à la tête de l'équipe Première de l'Excelsior Mouscron par une incorporation plus rapide des jeunes talents. Il n'a pas tardé à tenir parole puisque, vendredi dernier au Standard, il a titularisé deux arrières latéraux qui ne comptabilisaient au total que quatre matches complets de D1 sur leur carte de visite: trois pour Jean-Philippe Charlet (les trois derniers matches du championnat précédent: à Genk, contre le Lierse et à Bruges) et un pour Mongu N'koy Bonsey, mieux connu sous son prénom peu usuel de Filston (c'était à La Louvière). Les circonstances l'ont un peu forcé à agir de la sorte: avec les blessures d' Olivier Besengez et de Gordan Vidovic, et le départ de Michal Zewlakow pour Anderlecht, les alternatives n'étaient pas nombreuses dans le secteur défensif, mais il fallait oser.
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LorenzoStaelens voulait marquer son intronisation à la tête de l'équipe Première de l'Excelsior Mouscron par une incorporation plus rapide des jeunes talents. Il n'a pas tardé à tenir parole puisque, vendredi dernier au Standard, il a titularisé deux arrières latéraux qui ne comptabilisaient au total que quatre matches complets de D1 sur leur carte de visite: trois pour Jean-Philippe Charlet (les trois derniers matches du championnat précédent: à Genk, contre le Lierse et à Bruges) et un pour Mongu N'koy Bonsey, mieux connu sous son prénom peu usuel de Filston (c'était à La Louvière). Les circonstances l'ont un peu forcé à agir de la sorte: avec les blessures d' Olivier Besengez et de Gordan Vidovic, et le départ de Michal Zewlakow pour Anderlecht, les alternatives n'étaient pas nombreuses dans le secteur défensif, mais il fallait oser. En outre, après un quart d'heure de jeu, il a dû procéder au remplacement d' Alexandre Teklak, victime d'une fracture du péroné en se prenant le pied dans le gazon, par Bevan Fransman (18 ans), qui n'est pas Français mais Sud-Africain et vient à peine de débarquer du FC Fortune, club de D2 dans son pays. Cette défense expérimentale, orchestrée par un Geoffrey Claeys revigoré qui a perdu cinq kilos durant l'été, a parfaitement tenu le coup: elle n'a pas encaissé de but et a fêté, dans le dernier quart d'heure, un succès historique puisque c'est la première fois, depuis leur accession à l'élite en 1996, que les Hurlus s'imposent à Sclessin. "J'avais demandé à mes jeunes défenseurs de rester calme et d'essayer, au départ du moins, de jouer le plus simplement possible sans prendre de risques, pour éventuellement oser davantage par la suite s'ils se sentaient plus à l'aise", explique Lorenzo Staelens. "Ils étaient un peu nerveux au coup d'envoi, comme toute l'équipe. Après 20 minutes initiales de flottement, ils ont trouvé leurs repères. En deuxième mi-temps, ils n'ont pratiquement jamais été en difficulté, malgré quelques erreurs de placement et de communication dans le chef de Bevan Fransman: la raison pour laquelle j'ai encore introduit Olivier Besengez en fin de partie".Le penalty loupé par Ali Lukunku a constitué un tournant. Dans le même temps où il a plongé les Liégeois dans le doute, il a libéré les Mouscronnois qui se sont dit que, peut-être, c'était un signe du destin et qu'il fallait y croire. "Chez moi en particulier, cette phase a provoqué un énorme soulagement", reconnaît Jean-Philippe Charlet. "L'une de mes craintes, avant la rencontre, était de commettre une erreur fatale, qui amènerait un but adverse. J'ai bien cru que cela allait être le cas lorsque j'ai légèrement accroché Michael Goossens dans le rectangle. Heureusement, la chance avait choisi son camp. Par la suite, je suis mieux entré dans le match, et dans l'ensemble, je peux m'estimer satisfait de ma prestation". Le Standard l'avait transféré!Jean-Philippe Charlet (20 ans), qui habite toujours à Colfontaine, est originaire de la région montoise. C'est à Wasmes qu'il a effectué ses premiers pas de footballeur. Après un passage par les Francs Borains, il est parti au... Standard qui l'avait repéré grâce aux sélections provinciales hennuyères. "Pendant une saison, j'ai joué en Cadets nationaux là-bas. J'aurais pu rester, mais le club voulait m'obliger à loger en internat. Cela ne me tentait guère. Pourtant, la route était longue. Mon père me conduisait quasiment tous les jours de Mons à Liège pour me permettre de m'entraîner. On en a fait des kilomètres sur l'autoroute de Wallonie! Mon père est professeur dans une école de boulangerie et terminait les cours en même temps que moi, à 16 heures. Les horaires coïncidaient donc, mais je dois lui être reconnaissant de s'être ainsi dévoué. Lorsque Mouscron est monté en D1, en 1996, j'ai moi-même proposé mes services à l'Excelsior. Pourquoi chez les Hurlus et pas à Mons, à La Louvière ou aux Francs Borains, plus proches de mon domicile? Parce l'Excel était devenu un club de l'élite et que je ne souhaitais pas évoluer à un étage inférieur, avec le risque de ne pas pouvoir participer au championnat national des jeunes".Charlet a alors suivi toute la filière de l'école des jeunes mouscronnoise et a été récompensé en fin de saison dernière par trois apparitions d'affilée en équipe Première. Aujourd'hui, il commence déjà à avoir l'habitude des grands rendez-vous. "Je ne peux toutefois pas comparer le match de vendredi au Standard avec les autres sommets que j'ai disputés à Genk et à Bruges. Le contexte était totalement différent. Au printemps dernier, c'étaient des matches de fin de saison. Les adversaires étaient de qualité, mais Mouscron n'avait plus grand-chose à espérer du championnat. Il s'agissait surtout de le terminer le mieux possible, en se préparant déjà pour la finale de la Coupe de Belgique. Une erreur n'aurait pas vraiment porté à conséquence. Au Standard, vendredi, c'était le premier match de la nouvelle saison. Or, on connaît l'importance d'un bon début de championnat". Cette victoire à Sclessin revêt un caractère particulier pour cet ancien Rouche: "Déjà, lorsque j'affrontais les Liégeois dans le championnat des Réserves, j'avais l'impression de rencontrer mon équipe. Pourtant, il n'y avait plus beaucoup de joueurs avec lesquels j'avais évolué. Mais c'était un maillot que je connaissais. Le déplacement à Mons sera aussi très spécial pour moi. J'habite à dix minutes du stade Tondreau. Je n'aimerais pas être battu là-bas". Mbo comme exempleFilston (21 ans), d'origine congolaise, a aussi des liens avec la région montoise puisqu'il débuta sa carrière au CS Jemappes. "Je suis né au Congo, dans la région de l'équateur, mais j'ai vécu à Kinshasa jusqu'à mes 8 ans. Mon père, qui est instituteur, est alors venu en Belgique dans le cadre de ses études post-universitaires. D'abord à Bruxelles, puis à Mons. Je me suis affilié au CS Jemappes où j'ai joué de 12 à 14 ans. Après deux années, Mouscron est venu me chercher. Le Futurosport n'existait pas encore. Au départ, j'effectuais la navette. Puis, j'ai été hébergé au Clos des Bougainvilliers, chez M. Paul Bourgois. J'y ai habité deux ans avant que mes parents ne viennent s'installer dans la région mouscronnoise". Un peu comme les Mpenza, donc. "Effectivement. C'est une fierté pour moi d'évoluer dans la même équipe que Mbo. Lorsque Mouscron a disputé sa première saison en D1, je venais les voir s'entraîner, Emile et lui, et j'étais très impressionné. Mbo est un exemple que j'aimerais suivre. J'ai désormais la nationalité belge. Plus congolaise. Filston, avec un l s'il vous plaît, est mon vrai prénom. Cela surprend ici, mais au Congo c'est assez courant. Mongu N'koy Bonsey sont les trois particules de mon nom de famille". Pour Filston, le départ de Michal Zewlakow constitue une chance inespérée. "Disons que c'est une occasion à saisir. La suite dépendra de moi et de mes prestations. Ce que je crains surtout, c'est de connaître une baisse de régime en cours de saison. Or, chez un jeune joueur, ce phénomène est fréquent". Charlet doit surtout sa titularisation aux blessures de Gordan Vidovic et d'Olivier Besengez. "Lorsqu'ils redeviendront opérationnels, je me retrouverai probablement sur le banc. En attendant, je me vois offrir l'occasion de démontrer ma valeur. Théoriquement, ma place de prédilection se situe dans l'axe de la défense, mais l'entraîneur a sans doute jugé que je manquais d'expérience pour occuper ce poste. J'apprécie ce rôle d'arrière latéral également: il me permet d'avoir plus de libertés sur le plan offensif". Filston, aligné à l'arrière gauche vendredi, avait déjà été essayé dans l'entrejeu lors de certains matches amicaux. Sa technique le prédispose à devenir davantage qu'un simple défenseur. "En outre, mon petit gabarit (1m74 pour 69 kilos) constitue peut-être un handicap à l'arrière. Je devrais prendre un peu de muscles. Et, aussi, apprendre à simplifier mon jeu. Le fait que je puisse être aligné à différentes positions constitue certainement un avantage pour la suite de ma carrière. Dans les équipes d'âge, j'évoluais plus souvent comme milieu de terrain ou même comme attaquant, que comme défenseur. C'est sans doute de là que me vient cette tendance à vouloir dribbler, alors qu'un arrière devrait éviter de prendre des risques". Staelens est motivantLe discours de Lorenzo Staelens a-t-il déjà eu une influence bénéfique sur les jeunes? "Il est certain que les propos qu'il tient sont motivants", reconnaît Filston. "Cela fait plaisir de lire et d'entendre qu'il accordera une chance aux jeunes qui le méritent"."L'ambiance me paraît meilleure que l'an passé dans le groupe", ajoute Charlet. "En outre, je retrouve d'anciens compagnons des équipes d'âge, alors que la saison dernière j'étais un peu perdu au milieu de tous ces routiniers"."Tout le monde a reçu sa chance jusqu'à présent et il n'y avait pas encore la pression des résultats", renchérit Filston. "Il est logique, dans ces conditions, que l'ambiance soit bonne. On verra ce qu'il en adviendra lorsque certaines défaites ou certains choix de l'entraîneur provoqueront des grincements de dents. Les entraînements me semblent davantage axés sur la technique. La préparation physique, en revanche, n'a pas changé puisque c'est toujours Gil Vandenbrouck qui s'en charge". Filston et Charlet sont encore sous contrat pour deux et trois ans, respectivement. Leurs objectifs? "Essayer de jouer le plus de matches possibles et de gagner la confiance du coach", répondent-ils de concert. "Je considère que cette saison-ci sera celle de l'adaptation", précise Charlet. "J'espère percer définitivement la saison prochaine. Un défenseur n'arrive généralement à maturité que vers 23 ans. Je sais que je manque encore d'expérience. Mais, la seule manière d'en acquérir, c'est de jouer".Les deux jeunots pourront probablement fêter leurs grands débuts européens, ce jeudi à Reykjavik. "C'est génial", se réjouit Filston. "Certes, Fylkir n'est pas le Real Madrid ou le Bayern Munich, mais ce n'est pas donné à tout le monde de participer à la Coupe de l'UEFA. Nous avons plutôt l'habitude de regarder cette compétition à la télévision. Le simple fait de pouvoir être du voyage est déjà un événement en soi. Si nous pouvions monter sur le terrain, ce serait comme un rêve qui se réaliserait. Déjà, en mai, nous avions eu l'occasion d'être sur le banc pour la finale de Coupe de Belgique. D'autres joueurs, à la carrière bien plus longue que la nôtre, n'ont jamais eu cette chance". Daniel Devos,"On s'entraîne plus en technique maintenant" (Filston)"L'ambiance est meilleure" (Charlet)