Samedi prochain, au Spiroudôme, Action 21 Charleroi disputera face au Dinamo Moscou la première manche de la finale de l'UEFA Futsal Cup, l'équivalent indoor de la Ligue des Champions. Depuis que l'épreuve a été tenue sur les fonts baptismaux, en 2002, c'est la troisième fois en l'espace de quatre éditions que les Carolos se retrouvent au stade ultime de cette compétition.
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Samedi prochain, au Spiroudôme, Action 21 Charleroi disputera face au Dinamo Moscou la première manche de la finale de l'UEFA Futsal Cup, l'équivalent indoor de la Ligue des Champions. Depuis que l'épreuve a été tenue sur les fonts baptismaux, en 2002, c'est la troisième fois en l'espace de quatre éditions que les Carolos se retrouvent au stade ultime de cette compétition. L'année inaugurale, l'équipe chère au président Paul Locicero avait été battue lors de l'apothéose européenne par les Espagnols de Playas de Castellon : 5-1, en un seul match, au Pavillon Atlantique de Lisbonne. En 2003, face à la même opposition, les Actionmen firent nettement mieux en contraignant d'abord leurs adversaires au partage, à la salle de la Garenne (1-1), puis en s'avouant vaincus in extremis lors du retour dans la grande banlieue valenciane (6-4). Ce coup-ci, les multiples champions de Belgique composeront sans l'ogre hispanique, éliminé en cours de route au même titre que l'autre monstre sacré de la péninsule ibérique, Boomerang Interviu Madrid. Car contre toute attente, c'est un authentique outsider qui a fait la nique aux ténors cette saison : le Dinamo Moscou, qui en est à son premier rendez-vous dans le parterre des grands. " Sur le papier, cette double confrontation devant les Russes est plus jouable qu'un aller-retour contre un caïd espagnol ", observe Luca Cragnaz, gardien au long cours de la formation hennuyère. " Autrefois, face à Playas de Castellon, nos chances étaient de 40 %. A présent, c'est du 50-50. Car si nous avons réalisé un très bel exploit en évinçant Boomerang Interviu Madrid en demis, les Moscovites nous ont indéniablement imités en venant à bout, de leur côté, de Murcie, leader du championnat de futsal en Espagne. Sans doute cette phalange russe ne regorge-t-elle pas de monstres sacrés en ses rangs, tels que Schumacher chez les Madrilènes ou Javi Sanchez à Playas de Castellon, mais elle n'en table pas moins sur une solide ossature, rehaussée par quelques individualités brésiliennes. Par rapport à notre opposant, pour qui cette double joute contre des Belges constitue un pas dans l'inconnu, nous avons la chance d'être déjà familiarisés un peu avec ce qui nous attend, dans la mesure où nous avions hérité d'un autre adversaire de l'ancienne Union Soviétique sur notre route qualificative, il y a deux ans : Norilsky Nickel. A l'époque, nous les avions écartés par 7 buts à 4. C'est déjà un fameux adjuvant moral au départ ". Luca Cragnaz sait évidemment de quoi il retourne. Au sein de l'effectif actuel d'Action 21, le portier belge d'origine italienne fait figure de Dernier des Mohicans. Depuis le départ de Pedro Medina, il est effectivement le plus ancien des futsalmen carolos. Témoin privilégié de l'ascension et de l'essor extraordinaires de son club, il est bien sûr bien placé pour jauger l'évolution. " En 2002, il n'y avait tout simplement pas photo entre Playas de Castellon et nous ", se souvient-il. " Nous avions reçu une véritable leçon de football en salle de la part d'une phalange rompue aux matches d'importance, en vertu de la valeur du championnat en Espagne. L'année suivante, l'écart s'était déjà sensiblement amenuisé. La différence, c'était la valeur d'ensemble du noyau. Nos adversaires disposaient ni plus ni moins d'une petite douzaine de joueurs de niveau sensiblement égal alors que dans nos propres rangs, nous ne possédions pas encore cette même richesse. Aussi, dès qu'il fallait procéder à des changements, nous n'offrions plus une réplique de la même teneur. A présent, c'est différent. On ne peut plus vraiment parler de cinq de base, en ce sens qu'il n'existe plus d'équipe type, comme c'était encore le cas dans un passé somme toute récent. Au gré des circonstances, l'entraîneur, Sergio Benatti, peut s'appuyer sur deux teams complètement différents, mais non moins homogènes et compétitifs. C'est là que réside notre grande force. Par rapport à nos débuts, il va de soi que nous avons gagné également en expérience ainsi qu'en créativité grâce à l'adjonction d'un élément comme Robinho. Ce sont deux facteurs nullement négligeables ". En un bon lustre, Luca Cragnaz a vu le futsal évoluer du tout au tout : de sport axé principalement sur la technique, il s'est fait plus viril au fil des ans. Et le temps est loin aussi où Action 21 donnait la réplique à toute opposition, sur notre sol, devant un parterre feutré de 200 personnes au maximum. A présent, 15 fois plus de fidèles, en moyenne, garnissent les travées lors de chaque production à domicile. Samedi, ils seront près de 6.500 dans le temple des Spirous pour un match historique. " Cette confrontation dépasse le cadre sportif ", observe le keeper des Actionmen. " En fait, le futsal se situe à un tournant. Jusqu'à présent, tout ce que nous avons réalisé, nous le devons essentiellement à la main-d'£uvre brésilienne, puisqu'elle a toujours été présente en nombre chez nous. C'est normal : ces gars-là sont rompus à cette discipline depuis leur plus jeune âge et possèdent des années d'avance sur leurs homologues belges. Si nous voulons être compétitifs à cet échelon, il faut sensibiliser les jeunes belges afin qu'ils convergent le plus tôt possible vers le futsal en lieu et place de combiner les activités indoor et outdoor comme je l'ai fait moi-même. Action 21 a fait office de précurseur avec son Ecole de Jeunes et, au vu du talent dans les classes d'âge, je ne doute pas de la percée de l'un ou l'autre compatriotes dans les années à venir. Il n'en reste pas moins qu'une finale gagnée pourrait constituer un formidable pôle d'attraction et avoir un effet rassembleur. C'est pourquoi cette troisième finale a tant d'importance. Nous devons tout mettre en £uvre pour la gagner afin d'attirer les regards des sportifs indécis. La future bonne santé du futsal belge est à ce prix ". Bruno Govers" Cette finale est essentielle afin d'attirer LES REGARDS DES INDÉCIS "