Depuis tout jeune, le coureur liégeois étale sa classe. Pour l'endurcir, Dirk De Wolf l'a obligé à courir en Flandre. Seul contre tous. Cette saison, à 24 ans seulement, le citoyen de Remouchamps a remporté le Volk, une étape du Dauphiné Libéré (dont il a porté, pendant quelques jours, le maillot de leader) et l'étape reine de l'Eneco Tour. Nul ne doute qu'il bénéficiera d'un statut de coureur protégé à l'occasion du championnat du monde à Salzbourg. Vraisemblablement dans l'ombre de Tom Boonen...
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Depuis tout jeune, le coureur liégeois étale sa classe. Pour l'endurcir, Dirk De Wolf l'a obligé à courir en Flandre. Seul contre tous. Cette saison, à 24 ans seulement, le citoyen de Remouchamps a remporté le Volk, une étape du Dauphiné Libéré (dont il a porté, pendant quelques jours, le maillot de leader) et l'étape reine de l'Eneco Tour. Nul ne doute qu'il bénéficiera d'un statut de coureur protégé à l'occasion du championnat du monde à Salzbourg. Vraisemblablement dans l'ombre de Tom Boonen... Philippe Gilbert : Pour Tom, une victoire à Ans n'était pas obligatoire. Il lui reste quelques semaines pour défendre son maillot arc-en-ciel et je suis convaincu qu'il sera au rendez-vous à Salzbourg. Je n'ai pas reconnu le parcours mais j'ai entendu dire qu'il était plus exigeant qu'à Madrid. De plus, il pourrait faire froid et j'ai peur de devoir courir 270 km sous la pluie ou la neige fondante. Nous n'avons pas encore parlé de la répartition des tâches au sein de l'équipe. Cela dépendra de la sélection finale. J'ai une chance de l'emporter, surtout si je garde la forme. Non car la différence de température est trop élevée. L'an dernier, c'était différent car le championnat du monde avait lieu à Madrid. C'est un mauvais souvenir. Contrairement à Stijn, je n'ai pas commis d'erreur. S'il s'était donné à fond, nous n'aurions pas été repris. Paris-Tours n'est pas une course facile mais si j'ai de bonnes jambes, je tenterai à nouveau ma chance. La difficulté est d'éviter un sprint massif car la dernière ligne droite est longue et on a souvent le vent de face. De plus, ça frotte et je n'aime pas ça. Pour éviter cela, il faut aborder les derniers obstacles en bonne position. Je n'en suis qu'à 65-70 jours de course cette année mais c'est vrai que je suis en forme d'un bout à l'autre. C'était déjà comme cela chez les jeunes. Une question de sérieux. J'ai remporté trois belles courses mais ce n'est pas pour cela que je considère ma saison comme réussie. Il y a encore le championnat du monde, le Championnat de Zürich et Paris-Tours. Le moment le plus important de la saison fut ma dernière place de l'étape de montagne du Tour à Gap. J'étais tombé et en-rhumé. J'ai lâché prise après un quart d'heure et parcouru 160 km tout seul en me forçant à limiter l'écart avec le peloton à deux minutes par dix kilomètres. C'est mon souvenir avant le maillot de leader au Dauphiné et la victoire au Volk. Je ne crois pas. Peut-être Paris-Nice ou Tirreno-Adriatico, voire le Dauphiné, si je parviens à prendre suffisamment d'avance avant la montagne. En principe toutes mais je serais déjà content d'en gagner une ou deux. Même Paris-Roubaix me semble possible car, avec 68 kg pour 1,79 m, j'ai le gabarit idéal. Et j'ai prouvé au Volk que je pouvais passer les pavés. Pour le reste, Liège-Bastogne ou le Tour des Flandres, c'est pareil. Seule l'Amstel Gold Race m'attire moins. Le parcours est spécial et dangereux car c'est mal organisé. Mais pour remporter une classique, il faut avant tout une bonne équipe et, cette année, je me suis toujours retrouvé seul dans le final. C'est fait. Thierry Marichal est un bon renfort et nous essayons d'avoir Geert Verheyen. Moi, je suis sous contrat jusqu'en 2008. Dommage que Bernhard Eisel parte chez T-Mobile mais il va gagner plus. Ces dernières années, nous avons perdu Baden Cooke, Bradley McGee, Matthew Wilson et, maintenant, Eisel. Nous formions pourtant une bonne bande de copains qui roulaient l'un pour l'autre et auraient pu faire de grandes choses. C'est un vrai équipier. En début de course, il me protège du vent. Mais c'est aussi un ami et un compagnon d'entraînement, comme Christophe Brandt (- NDLR l'interview fut réalisée avant l'accident de ce dernier) et Rik Verbrugghe. Ce serait formidable de rouler pour la même équipe. Nous partons même en vacances ensemble. Non, nous changeons. Et en côte, je suis souvent tout seul. Je vais au Mont des Brumes, à Aisemont ou à Stockeu. Pas si on roule devant. Et puis, ce sont des gens expérimentés. Je voulais voir ce que c'était et cela constituait un bon entraînement car je suis rentré à Remouchamps à vélo. Cela fait 240 km. J'ai déjà cherché en France mais ce n'est pas facile. Je devrais travailler avec une agence. Le Sud m'intéresse car il y a de beaux parcours d'entraînement. Il y aura toujours des tricheurs mais c'est bien que des grands noms soient pris aussi. On ne le saura jamais avec certitude mais on a le droit d'en douter. Oui, avec des rails de tram à 50 mètres de l'arrivée. Nous avons de belles routes mais les organisateurs songent d'abord à l'endroit où ils vont placer le village VIP. Les coureurs ne comptent pas. Les autres roulaient en équipe. C'est pourquoi je ne comprends pas le système de pyramides établi par Davitamon-Lotto et Quick Step-Innergetic. Il faut laisser les jeunes se casser les dents. La tactique, c'est bon à partir des Espoirs. Parce que c'est réservé aux jeunes et que ça tombe pendant les classiques flamandes. Mais mon sponsor, lui, était content. Non. Tom Boonen est le meilleur coureur du monde. Il fait aussi de l'ombre à Paolo Bettini et Alessandro Petacchi. C'est un grand champion, très sympa et médiatique. DIRK VAN THUYNE