Bon, on est d'accord. Y a riche et riche. Y a le riche qui sait même plus de combien et y a le riche qui sait mais qui ose pas le dire. A Man City, le pognon c'est comme l'égo, ça déborde de partout. Ça rend le clinquant parfois vulgaire. A Stoke, le mot riche est comme une insulte. Mais il faut l'assumer car on fait aussi dans le stock de billets. Peter Coates, le président est comme son club. Discret mais concret. Une valeur qui monte : 90e fortune d'Angleterre, 250 millions de livres de bénef en 2010.
...

Bon, on est d'accord. Y a riche et riche. Y a le riche qui sait même plus de combien et y a le riche qui sait mais qui ose pas le dire. A Man City, le pognon c'est comme l'égo, ça déborde de partout. Ça rend le clinquant parfois vulgaire. A Stoke, le mot riche est comme une insulte. Mais il faut l'assumer car on fait aussi dans le stock de billets. Peter Coates, le président est comme son club. Discret mais concret. Une valeur qui monte : 90e fortune d'Angleterre, 250 millions de livres de bénef en 2010. So what ?, la richesse des uns ne fait pas l'adresse des autres. Un bourrin reste un bourrin, mais s'il est malin, il peut se retrouver à Wembley devant 90.000 pèlerins dont 45.000 reprennent en c£ur le Why Why Why Delilah de Tom Jones. Un club avec pareil hymne doit forcément rentrer dans l'histoire. Cela dit, les Ouailles, ce sont les adversaires qui les hurlent. La cause, un ancien lanceur de javelot. Un Irlandais qui plante maintenant l'objet de son succès dans le c£ur de ses adversaires. Un certain Rory Delap. Le Zidane de la Premier League avec les mains. Cela dit, même si son jeu de mains est un jeu de malins, dès qu'on sort du patelin, tout le monde dit - Hein ? à l'évocation de son nom. Quoique, le patelin est devenu le pays puis l'île et puis le continent et bientôt le monde. Rory Delap est The Catapulte Man. De ses mains jaillit l'émotion, une offrande, un don de Dieu. Un peu comme avec un autre Irlandais, Rory Gallager, bluesman de génie. De ses doigts jaillissaient aussi le sublime. De ceux de Delap, de la puissance maîtrisée et bien calculée. A 64 km/h exactement. Ses rentrées en touche, c'est toute une technique. L'appui sur les panneaux publicitaires, l'élan, puis le pied de devant qui se fixe dans la pelouse pour que l'énergie vienne de tout le corps. L'effet backspin (bien connu en tennis) pour déjouer la gravité. Pire qu'un corner pour les adversaires car le ballon ne vient pas du sol donc pas de courbe dans la trajectoire et plus difficile à défendre ! Surtout quand t'as deux molosses dont le plus petit fait 1m95 dans le petit rectangle. Pas de hors-jeu sur throw in : les grands peuvent camper dans les 6 mètres. Et comme la main est plus précise que le pied, qu'il en a deux et s'en sert très bien, cela donne un enfer pour les autres. Rentrée en touche pour Stoke à 45 mètres de votre but, c'est danger assuré. Même Arsène Wenger a proposé que l'on change les règles du foot à cause de Delap : " Pourquoi ne ferait-on pas les rentrées avec les pieds ?" Il l'a dit parce que lui aussi a subi plusieurs fois la loi de Rory. L'an dernier : 4e tour de FA Cup, 70 secondes de jeu, Delap pour RicardoFuller et 1-0, ça ça vous change un match, 3-1 pour Stoke Tour suivant contre Man City : Stoke est mené 1-0, Delap monte au jeu, missile pour Fuller et 1-1, ça vous change une qualif, Stoke passe lors du replay. Sur la route de Wembley cette année, 4e tour contre Brighton : victoire avec un assist de Delap. En quarts contre West Ham : 2-1 avec un assist de Delap. En demi contre Bolton : assist de Delap, but de Huth et triomphe de Stoke. Même chose en Premier League : quand Stoke y remonte en 2008, sur ses 13 premiers buts parmi l'élite, sept sont marqués sur des assists faits mains de super Rory. En 100 matches de Premier league avec Stoke, il a fait 2.044 passes et 1.041 throw-in. Devinez ce qui a rapporté le plus de buts ? La saison dernière contre Wolverhampton, il touche 16 fois le ballon avec les pieds et 27 avec les mains réglementairement, sur rentrées en touche... Gallagher, Delap : même destinée, c'est avec leurs doigts qu'ils font du bien. Un génie et un révolutionnaire qui jouent au foot avec les mains. A se demander si le football ne devrait pas changer de nom. PAR FREDERIC WASEIGE" Le grand mal du foot aujourd'hui, c'est que c'est du handball ! " Jean-Claude Suaudeau Des doigts de Delap jaillissent la puissance maîtrisée et bien calculée. A 64 km/h exactement.