Fernando Hierro s'est présenté pour rien à l'aéroport de Madrid, pour le match contre l'Angleterre. C'est un journaliste britannique qui lui a fait remarquer qu'il était suspendu. C'est une fameuse méprise?
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Fernando Hierro s'est présenté pour rien à l'aéroport de Madrid, pour le match contre l'Angleterre. C'est un journaliste britannique qui lui a fait remarquer qu'il était suspendu. C'est une fameuse méprise?Ronny Gaspercic : C'est bizarre, en effet. La TV en a fait ses choux gras dans l'émission Guiñol, animée par des marionnettes qui imitent les figures connues. La fédération a commis une faute grossière. C'est impensable, en principe. L'Espagne a été battue 3-0. Elle ne prend pas ses matches amicaux au sérieux?Comme il s'agissait du tout premier match de Sven-Göran Eriksson, les Anglais étaient survoltés. Ils voulaient faire leurs preuves alors que la plupart des Espagnols pensaient à la lourdeur de leur programme. On ne peut pas bander un arc en permanence. Leur réaction n'est pas complètement illogique, même si on ne peut l'accepter. D'autre part, on sait que la motivation fait souvent défaut en équipe nationale.Une génération talentueuse s'annonce quand même?Comme elle l'a prouvé aux Jeux Olympiques. Tout se passe bien au niveau des équipes d'âge mais ensuite, les joueurs éprouvent des difficultés à émerger dans les noyaux A des clubs et en équipe nationale. Ils ne confirment pas souvent. Xavi et Carlos Puyol, de Barcelone, sont des talents mais ils n'ont pas souvent l'occasion de jouer. Il est quand même difficile de retirer un nom à leur profit.On avait prédit un avenir superbe à Ivan de la Peña.Le taux d'échec est considérable. A ce niveau, la concurrence est terrifiante. Un jeune joueur reçoit fort peu de crédit de temps car les résultats priment tout le reste. S'imposer n'est vraiment pas évident. L'aspect commercial joue souvent un rôle prépondérant. Parfois, on loue trop vite les jeunes.La suprématie du football espagnol est impressionnante en Coupe de l'UEFA mais aussi en Ligue des Champions.Elle ne relève plus du seul hasard. Depuis plusieurs années, les formations ibériques s'imposent à un très haut niveau. Ce n'est que le reflet de la valeur de leur championnat. Pour l'instant, les clubs profitent de leur mentalité fort offensive et de la qualité de leurs joueurs étrangers. Il n'y a pas beaucoup d'Européens en Primera Division. Elle recrute plus volontiers en Amérique du Sud et les grands clubs préfèrent les jeunes prometteurs, car ils coûtent moins cher. C'est la nouvelle tendance. Javi Moreno, d'Alavès, est actuellement le meilleur buteur. Est-ce une surprise?Quand même. Il est vif, on le fait souvent jouer en profondeur, ce qui lui permet d'exploiter sa vitesse. Il déborde de confiance. Pour l'instant, une demi-occasion lui suffit pour marquer. On peut parler d'exploit car il évolue au sein d'une formation très modeste, même si elle a du succès.Elle a atteint les quarts de finale en Coupe de l'UEFA tout en s'arrimant sans problème dans le subtop du championnat. Quel est son secret?Les valeurs traditionnelles des Basques: beaucoup de discipline, du travail, une défense très bien cadenassée et le meilleur buteur du championnat. L'équipe connaît très bien ses possibilités et ses limites. Elle n'aligne pas de super-vedettes, du moins d'après les normes espagnoles mais elle n'en a pas besoin. Les étrangers ne sont pas de simples porteurs d'eau. Contra, Eggen et Tomic sont internationaux. Alavès a un bon mélange de travailleurs et de finisseurs.Alavès ne risque pas d'être victime de son propre succès?C'est possible, surtout quand on possède le meilleur buteur. Il va recevoir pas mal de propositions. On peut comparer Alavès à Genk. Un stade de vingt mille places, toujours bien rempli, et beaucoup d'ambiance. Ça offre quand même des garanties.Jordi Cruyff a trouvé son second souffle et a relancé sa carrière dans l'entrejeu, où il éclate.Nul n'a jamais mis ses qualités footballistiques en doute mais il a pâti de sa filiation. Johan Cruijff père reste extrêmement populaire en Espagne et on compare sans cesse Jordi à son père. C'est d'ailleurs injuste car il a beaucoup de personnalité. Il aime se placer à l'avant-plan et il est très intelligent. De tels joueurs sont très importants dans une équipe comme Alavès. Il le comprend très bien. Je ne pense pas qu'il retourne un jour à Barcelone mais évidemment, on ne sait jamais.Martin Palermo a quitté Boca Juniors pour Villareal. On l'y a accueilli en héros.Le président a mené l'affaire très habilement. Normalement, Palermo était impayable mais le club a trouvé un compromis qui repose sur une revente éventuelle. Palermo s'adapte très bien, ce qui n'est pas si évident. Villareal est sans conteste un tremplin vers un grand club italien ou espagnol. Il l'a sans doute inscrit dans un plan de carrière soigneusement établi.Villareal est également une surprise agréable parmi le Top 5.Il est inconnu pour beaucoup mais il est très bien structuré et il connaît sa marge de progression. Il n'est pas loin de Valence. Faire mieux est impossible. Il a investi énormément d'argent pour obtenir un prix. Il a réalisé ses achats avec sagesse et ceux-ci obtiennent le rendement espéré.Stan Collymore, l'enfant terrible anglais, a rejoint Oviedo. C'est sa dernière chance?Il soulève beaucoup de doutes. Antic l'a déjà mis sur la touche après le premier week-end. Il veut d'abord affûter sa condition physique. On attend énormément de lui. Il doit prouver qu'il est un joueur de haut niveau car son club luttera contre la descente jusqu'à la dernière journée de championnat.Valence a offert une nouvelle idole à ses supporters, Pablo Aimar, âgé de 21 ans. Il a coûté 900 millions. Sa mission est d'aider Valence à décrocher le titre?Cette affaire démontre une fois de plus que le football est devenu une pure affaire de commerce. Compte tenu de son âge, il joue intelligemment. Il n'est pas spectaculaire. Il recherche toujours la solution la plus simple et il est sans cesse démarqué. Mais je crains que Valence ne soit un peu juste pour le titre car l'équipe marque difficilement. Elle n'a pas de véritable killer en pointe. Carew est bon mais il obtient un meilleur rendement en décrochage. (F. Vanheule)