Difficile d'identifier précisément le jour où CristianoRonaldo a décidé de devenir un autre joueur. Même s'il est devenu un homme de chiffres à Manchester, c'est sans doute au contact de JoséMourinho que le triple Ballon d'or a cessé d'être un dribbleur pour devenir le meilleur contre-attaquant du monde.
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Difficile d'identifier précisément le jour où CristianoRonaldo a décidé de devenir un autre joueur. Même s'il est devenu un homme de chiffres à Manchester, c'est sans doute au contact de JoséMourinho que le triple Ballon d'or a cessé d'être un dribbleur pour devenir le meilleur contre-attaquant du monde. Même quand le Real a décidé de réécrire son destin avec le ballon, Cristiano a continué à marquer. Il faut dire que le Portugais, incontestable meilleur buteur de la compétition, met toutes les chances de son côté. Avec 8,2 tirs par match, 37 % des tirs madrilènes en Ligue des Champions sont partis de ses pieds. Et personne ne tire plus souvent au but que le Real. La présence physique et musculaire de Ronaldo a altéré son jeu. Par faim de buts, le funambule des débuts a disparu. Le dribbleur spectaculaire d'hier effectue à peine un dribble tous les deux matches (0,6 par rencontre). C'est moins que Pepe (0,7). La mutation footballistique du cyborg de Bernabeú est à l'origine de l'un des principaux problèmes de ZinédineZidane pour installer son jeu de possession sans perdre trop de matches sur la voie de l'apprentissage. Parce que ce Real manque cruellement de différences individuelles, capitales pour déverrouiller une défense bien préparée. Avec ses dix dribbles par rencontre, Madrid n'est que la quinzième meilleure équipe dans ce domaine parmi les équipes qui ont disputé la C1 cette saison. Le Bayern a DouglasCosta (4 dribbles), le Barça avait Neymar (5,1) et Paris pouvait compter sur Lucas et DiMaria (3). Au Real, c'est KarimBenzema qui dribble le plus souvent (2,1 par match), à l'endroit du terrain où il est le plus difficile de créer des différences individuelles. " Je ne dois pas montrer à mes joueurs comment dribbler un adversaire. Par contre, je peux essayer de les mettre dans des situations de un contre un. " PepGuardiola livrait ici la clé de sa possession, seulement utile si elle permet au dribbleur de faire la différence pour terminer l'action. " Et ça se termine avec Messi ", disait-il souvent lors de sa période barcelonaise. Le Real souffre de l'absence de ce joueur dans son noyau, tant Ronaldo et GarethBale sont devenus des machines plus puissantes qu'explosives. Pour gagner la Décima aux prolongations, Madrid avait eu besoin d'un dribble d'Angel Di Maria. Ronaldo avait dû se contenter d'un penalty sans gloire pour corser l'addition au terme d'un match où il n'avait pu faire la différence. La C1 se gagne souvent avec des dribbleurs. Et le Real n'en a pas. Par contre, il a Ronaldo. Celui dont Ferguson disait que "même s'il passait à côté de son match, il se créait au moins trois occasions".