Engagé dans le tournoi qualificatif pour la finale de la Coupe d'Europe de futsal à La Garenne, Action 21 Charleroi dispute actuellement la semaine la plus importante de sa saison. Face à des adversaires russe, espagnol ou croate, l'opposition est en effet bien plus tenace que ce qu'il a l'habitude de rencontrer chaque semaine en championnat de Belgique, où il domine ses adversaires de la tête et des épaules. Au point de l'emporter 16-0 contre le cinquième du classement, par exemple.
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Engagé dans le tournoi qualificatif pour la finale de la Coupe d'Europe de futsal à La Garenne, Action 21 Charleroi dispute actuellement la semaine la plus importante de sa saison. Face à des adversaires russe, espagnol ou croate, l'opposition est en effet bien plus tenace que ce qu'il a l'habitude de rencontrer chaque semaine en championnat de Belgique, où il domine ses adversaires de la tête et des épaules. Au point de l'emporter 16-0 contre le cinquième du classement, par exemple.Un manque de concurrence qui, la saison dernière, n'a pas empêché Action 21 de n'être battu qu'en finale de la Coupe d'Europe. "Parce que, même si notre tâche peut paraître facile en championnat, nous voulons toujours faire la différence le plus rapidement possible et ne pas relâcher l'attention", explique Lucio Carlos Lima Rosa (27 ans), l'un des joueurs vedettes de cette équipe carolo que le président Paolo Lo Cicero a su composer d'une majorité de joueurs brésiliens mais aussi de quelques Belges d'origine marocaine et italienne. "La grande force de notre équipe réside justement dans son collectif", dit encore Lima Rosa. "Notre coach peut faire tourner tout son groupe de joueurs avec des remplacements quatre par quatre toutes les cinq minutes sans qu'on note la moindre différence".Dans une cité déjà fort active d'un point de vue sportif, Action 21 s'est ainsi hissé parmi les clubs se targuant d'attirer chaque semaine plus de mille spectateurs, rarement déçus par le spectacle. Et on peut finalement se demander si les joueurs ne sont pas les premiers à s'ennuyer de cette insolente domination."Pas du tout", sourit Lima Rosa. "Nos adversaires s'ennuient peut-être, pas nous. Il faut dire qu'ici, la plupart des équipes partent battues d'avance. C'est quelque chose que je ne comprends pas. Chez moi, au Brésil, le dernier donne toujours du fil à retordre au premier, il se bat sur tous les ballons.Ici, on se contente de nous attendre et d'essayer de nous prendre en contre. Mais nous ne tombons pas dans ce genre de piège".Lucio Lima Rosa est né à Sao Luis, dans cet état du Maranhao qui nous a livré Isaías, Wamberto, Rubenilson et Luis Oliveira. Contrairement à eux, ce n'est pourtant pas sur les terrains de football qu'il a brillé et le club de Sampaio, par lequel ils passèrent tous, ne lui a jamais proposé de contrat professionnel: "Je suis souvent rentré chez moi la tête basse parce que je ne comprenais pas que tous mes sacrifices ne servent à rien. Après le départ de ses meilleurs joueurs pour la Belgique, le club a été touché de plein fouet par la crise qui frappait le Brésil et la formation en a beaucoup souffert". International brésilienRosa Lima reconnaît également qu'il ne possédait peut-être pas la même fibre que ses prédécesseurs. "J'adore jouer et la plus grande punition que l'on pouvait m'infliger était de me priver de ballon pendant une semaine. Mais c'est tout de même pour faire plaisir à mon père, qui fut lui-même un bon joueur au niveau amateur, que j'avais accepté d'aller faire un test lorsque j'étais gamin. Mon frère, lui, n'a jamais voulu y aller. Aujourd'hui, il est informaticien".Fils d'un comptable et d'une enseignante qui abandonna son métier pour veiller à la bonne éducation de ses enfants, Lucio Lima Rosa n'était pas un grand fan de l'école non plus. Après ses humanités, il n'eut pas envie d'affronter l'université pour y apprendre l'éducation physique: "C'était l'âge où je préférais partir le vendredi avec mes copains, parcourir des centaines de kilomètres vers l'intérieur du pays, jouer un petit match puis sortir avec des filles jusqu'au bout de la nuit et ne rentrer chez moi que le lundi matin".Cette vie ne pouvait se prolonger et, en 1996, Lucio saisit à pleines mains l'opportunité qui lui fut donnée d'évoluer dans le premier championnat en salle de l'état du Maranhao: "Nous avons été champions et j'ai décroché le titre de Révélation".Quelques années plus tard, l'Esporte Osasco, issu de la fusion entre deux grands clubs de Recife et Sao Paulo, s'intéressa à lui. C'est avec ce club qu'il vint disputer le tournoi international de Genk, où Action 21 le repéra. A son retour au Brésil, il fut appelé en sélection nationale pour un tournoi au Portugal et décida de quitter son pays pour l'Europe. " Le fait d'avoir porté le maillot de la Seleçao restera à tout jamais gravé dans ma mémoire mais j'avais envie de tenter ce défi et je ne m'en suis pas encore repenti une seule seconde. Le futsal est plus populaire au Brésil, où les matches sont retransmis à la télévision mais rares y sont les clubs aussi bien structurés qu'Action 21. De plus, je me suis très bien adapté, même si je trouve les Belges très timides mais chaleureux". Copain d'EduardoIl a rapidement appris le français et se rend régulièrement au Sporting de Charleroi: "Pour voir jouer mon copain Eduardo. Depuis que je suis arrivé, aucun club de foot ne m'a proposé d'effectuer un test. Je ne crois d'ailleurs pas que mon président serait d'accord. Il m'a surnommé le Ronaldo du futsal.. Cela m'a bien fait rire, même si on commence à me reconnaître en rue. Mais je ne ressens pas de pression, sauf celle de disputer chaque match comme s'il s'agissait de la finale de Coupe d'Europe". Il accordera sans doute toujours la priorité à sa carrière en salle et ne cache pas que son objectif est d'évoluer un jour en Espagne ou au Portugal: "L'an dernier, après la finale de la Coupe d'Europe, il y a eu des rumeurs en ce sens. Il n'y avait rien de concret. L'Espagne doit être un beau pays, très diversifié et je meurs d'envie de visiter les stades du Real et de Barcelone".Comme ses compatriotes Pedro Medina et Marcelo Salazar, il a même demandé à obtenir la nationalité belge. Dans l'espoir de pouvoir enfiler un jour le maillot de notre équipe nationale de futsal. "C'est possible car le tournoi auquel j'avais participé au Portugal n'était pas officiel", rappelle-t-il. Hormis le week-end, les joueurs d'Action 21 s'entraînent deux fois deux heures par jour. Un travail auquel Rosa Lima et ses copains ajoutent souvent l'une ou l'autre séance de fitness: "Mais c'est plus pour nous relaxer et passer le temps qu'autre chose. Nous allons au jacuzzi, au sauna, nous faisons quelques exercices. C'est d'ailleurs comme cela que j'ai rencontré ma copine.Nous jouons également beaucoup aux cartes et j'aime visiter les grandes villes belges".Célibataire, Rosa Lima vit avec Marcelo Salazar et Leonardo Soares. Ils se sont organisés comme une véritable famille, se répartissant les tâches ménagères et la cuisine. "Quand nous rentrons du Brésil, nous ramenons des produits locaux afin de conserver nos traditions. Nous venons également d'acquérir une antenne parabolique. Elle nous a permis de suivre le carnaval, dont nous avons enregistré les images afin de pouvoir les montrer à nos amis belges". Patrice Sintzen"Au Brésil, le futsal est plus populaire mais rares y sont les clubs aussi bien structurés qu'Action 21"