Le technicien brésilien a gagné la Ligue des Champions cette année puis s'est embourbé avec son Brésil à la Coupe du Monde. Et alors qu'il retrouve toute sa créativité avec Barcelone, voilà qu'il ne termine que troisième du FIFA World Player alors qu'il avait remporté la distinction au cours des deux dernières années.
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Le technicien brésilien a gagné la Ligue des Champions cette année puis s'est embourbé avec son Brésil à la Coupe du Monde. Et alors qu'il retrouve toute sa créativité avec Barcelone, voilà qu'il ne termine que troisième du FIFA World Player alors qu'il avait remporté la distinction au cours des deux dernières années. C'est le champion du monde italien et défenseur Fabio Cannavaro qui remporte le referendum où votent tous les coaches et les capitaines des équipes nationales des pays membres de la FIFA. Au total, 157 capitaines et 165 coaches ont voté. 322 hyper spécialistes contre les 52 journalistes qui a ont décerné il y a peu le Ballon d'Or de nos confrères de France Football au même Cannavaro. Derrière le défenseur de fer, le vote FIFA a placé Zinédine Zidane et Ronaldinho, tandis que le Ballon d'or pointait Gianluigi Buffon et Thierry Henry. Seul Cannavaro fait donc l'unanimité. Ses sacres sont mérités et Zizou aura reçu un peu de baume sur un c£ur blessé d'avoir quitté le foot sur son coup de tête. Pour la petite histoire, sachez que René Vandereycken a voté pour le défenseur italien (pas étonnant !), Buffon et Miroslav Klose. Le capitaine belge na pas voté et c'est lamentable (la faute à l'Union Belge ?). Ronaldinho est sûrement très heureux pour Cannavaro car il n'a jamais été égoïste. D'ailleurs, il a fait partie de la campagne anti-raciste de Nike baptisée Stand Up Speak Up Against Racism qui a popularisé les bracelets noir et blanc et dont est tiré le superbe portrait de notre couverture. Ronaldinho est, d'après certains financiers, le footballeur qui gagne le plus d'argent au monde actuellement mais ça ne suffit pas à son bonheur puisqu'il a participé à la campagne. Cela facilite la vie d'être en bonne santé et d'avoir de l'argent. Mais peut-on vivre de manière satisfaisante quand on est insulté du fait de sa couleur de peau ? Ronaldinho ne trouve pas et il a raison. Son sourire et sa gaieté brésiliennes ne doivent pas tromper : lui non plus ne passe pas à travers les gouttes du racisme. C'est donc pour ses prises de position et son engagement qu'on a choisi d'en faire le symbole visuel de notre dossier racisme. Car le mal heurte la Belgique de plein fouet alors que, justement, la campagne Ne faites pas le singe devait endiguer le mal. On connaît la chanson : quand on parle de hooliganisme, de dopage et de corruption, il s'est toujours trouvé des gens pour dire que le foot n'était malheureusement que le miroir de la société. Une déclaration dangereuse car elle est trop synonyme de laisser faire. Or, le racisme est tout autant à éradiquer que d'autres plaies car, face aux dérives, il faut lutter pour que le sport soit, inversement, le miroir de la société. Et il y a moyen. En Angleterre, il n'y a plus de grillages autour des terrains. En Italie, on a suspendu des joueurs dopés et on a déclassé les clubs tricheurs. En Allemagne, l'arbitre corrompu RobertHoyzer ira bien en prison ; l'appel lui ayant donné tort. Bien sûr, en France, on se demande comment contrer ce qui se passe dans la Tribune Boulogne du PSG. Avant de devoir en arriver là, balayons devant notre porte.par John Baete