Pieter Timmers (28 ans) avait répété, avant et après les Jeux olympiques, où il a gagné la médaille d'argent en 100 mètres nage libre, qu'il nagerait encore un an mais uniquement pour participer aux relais des Mondiaux de juillet, avant de raccrocher. Récemment, aux championnats de Belgique de Bruges, le nageur a dit que les Jeux de Tokyo constituaient une option et qu'il tenterait sans doute sa chance dans les courses individuelles du Mondial en grand bassin. Son coach Ronald Gaastra le confirme : " Nous allons nous préparer comme pour Rio. Si les entraîn...

Pieter Timmers (28 ans) avait répété, avant et après les Jeux olympiques, où il a gagné la médaille d'argent en 100 mètres nage libre, qu'il nagerait encore un an mais uniquement pour participer aux relais des Mondiaux de juillet, avant de raccrocher. Récemment, aux championnats de Belgique de Bruges, le nageur a dit que les Jeux de Tokyo constituaient une option et qu'il tenterait sans doute sa chance dans les courses individuelles du Mondial en grand bassin. Son coach Ronald Gaastra le confirme : " Nous allons nous préparer comme pour Rio. Si les entraînements se déroulent bien, Pieter disputera aussi des épreuves individuelles à Budapest. Avec la même ambition que pour les Jeux, soit le top cinq ou six plutôt qu'une médaille. " Tokyo 2020 est encore très loin. " Pieter effectuera une évaluation année après année. Nager lui procure-t-il encore du plaisir ? Est-ce compatible avec sa vie privée, puisque sa femme et lui souhaitent des enfants ? Et surtout : peut-il gagner sa vie ? Pieter ne va pas continuer à nager pour 1.500 euros par mois. Il gagnerait plus dans le privé. Son contrat chez Sport Vlaanderen est fixé par décret et la fédération de natation ne lui accordera pas de complément. Il ne reste que les sponsors privés. Quelques dossiers sont en cours : juste après les Jeux, beaucoup de sociétés souhaitent s'associer avec un médaillé, mais en général, cet intérêt n'aboutit pas à grand-chose de concret. " Gaastra voit donc plus loin. " Pourquoi de grands clubs de football comme Anderlecht, le Club Bruges ou Gand, dont le manager Michel Louwagie est président de la fédération belge de natation, n'engageraient-ils pas Pieter, à moins qu'ils ne le sponsorisent ? Il serait déjà content avec 50.000 euros par an alors que limoger un entraîneur coûte cinq fois plus cher. Je ne pense pas seulement à Pieter, d'ailleurs : les clubs de football pourraient soutenir d'autres athlètes ou d'autres sports. Il est quand même absurde qu'un athlète médaille d'argent aux Jeux gagne, par mois, un dixième de ce que touchent Kevin De Bruyne ou Eden Hazard par semaine en Premier League, ou même un grand footballeur de notre championnat ? Que ces gars cèdent une demi-semaine de salaire. " Si les clubs, voire les joueurs, y pensaient, qu'auraient-ils à y gagner ? " Ils gagneraient beaucoup en sympathie ", réplique Gaastra. " Ils pourraient aussi apprendre beaucoup en découvrant les autres sports et athlètes. Je pense au fonctionnement de l'équipe nationale de hockey ou du club de natation Brabo, que j'entraîne. Bart Verhaeghe, le président du Club Bruges, a d'ailleurs sponsorisé le Brabo six ans via Uplace, parce qu'il adore le sport et qu'il prend à coeur ses responsabilités sociales. J'espère que d'autres dirigeants vont l'imiter. Ça boosterait le sport belge. " PAR JONAS CRETEUR