Quatre matches, quatre trophées à son tableau de chasse : Roman Pavlyuchenko (26 ans) a été l'homme de la qualification russe pour les quarts de finale avant de propulser son pays en demi dans le duel complètement fou face aux Pays-Bas. Contre l'Espagne, d'abord : un but qui ne sert à rien dans la raclée (4-1) mais l'occasion de montrer à toute l'Europe qu'il n'est pas pour rien une star du championnat de Russie. Contre la Grèce, ensuite : pas de but marqué mais le prix de l'Homme du Match. Puis contre la Suède : son deuxième goal dans le tournoi et un ticket pour une prolongation de séjour. Enfin contre les Pays-Bas : nouveau but pour placer les Russes sur une voie royale.
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Quatre matches, quatre trophées à son tableau de chasse : Roman Pavlyuchenko (26 ans) a été l'homme de la qualification russe pour les quarts de finale avant de propulser son pays en demi dans le duel complètement fou face aux Pays-Bas. Contre l'Espagne, d'abord : un but qui ne sert à rien dans la raclée (4-1) mais l'occasion de montrer à toute l'Europe qu'il n'est pas pour rien une star du championnat de Russie. Contre la Grèce, ensuite : pas de but marqué mais le prix de l'Homme du Match. Puis contre la Suède : son deuxième goal dans le tournoi et un ticket pour une prolongation de séjour. Enfin contre les Pays-Bas : nouveau but pour placer les Russes sur une voie royale. Le buteur souriant est un échalas de 188 cm qui a déjà été le héros de tout un peuple dans la campagne éliminatoire. Russie-Angleterre, octobre 2007. Les Anglais mènent 0-1 à Moscou. Pavlyuchenko quitte le banc, s'échauffe puis monte au jeu pour crucifier les gars des îles en marquant deux buts (2-1). Il est définitivement lancé en sélection. Après des débuts difficiles avec le maillot russe : appelé une première fois en 2003, il a dû attendre deux ans pour fêter sa deuxième sélection. Mais à l'approche de l'EURO, on savait qu'il serait l'animateur titulaire de l'attaque de Guus Hiddink. Car Pavel Pogrebnyak était blessé et Andrei Arshavin suspendu pour les deux premiers matches. En Russie, sa réputation est faite depuis pas mal de temps. Il a découvert la D1 avec le Rotor Volgograd puis passe au Spartak Moscou en 2003. C'est là qu'il explose complètement en prenant le pli de marquer systématiquement entre 10 et 20 buts par saison. Deux fois, il termine meilleur buteur. Avec une équipe qui n'est quand même pas la référence absolue dans le foot russe. C'est d'ailleurs pour cela que le palmarès de Pavlyuchenko est encore très pauvre : une seule Coupe de Russie. Pour le reste, trois titres de vice-champion. Et un but qui l'a fait entrer dans l'histoire du club : en marquant contre le Sporting du Portugal, il a permis au Spartak de signer sa toute première victoire en Ligue des Champions, après 22 essais infructueux. Roman Pavlyuchenko est toujours dans le championnat de Russie parce que l'argent y coule à flots. Mais ce n'est pas l'intérêt qui manque. Le Real et Barcelone ont déjà envoyé des espions à Moscou. Et l'intérêt le plus concret vient de Glasgow. L'entraîneur du Celtic, Gordon Strachan, connaît bien le joueur. Pavlyuchenko avait marqué deux fois contre les Ecossais en début de saison dernière, au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions. Strachan l'a toujours gardé à l'£il et, présent comme consultant à l'EURO, il est plus que jamais sous le charme. Le Celtic vient de se manifester officiellement auprès du Spartak, qui ne négociera qu'à partir de 7,5 millions d'euros - le buteur est sous contrat jusqu'en 2011. Le glacial Hiddink, lui, ne s'emballe pas. Il n'hésite pas à ramener Pavlyuchenko les pieds sur terre. Après le match contre la Grèce, il a eu ce commentaire étonnant : " Pavlyuchenko Homme du Match, c'est une décision qui m'échappe. Avec toutes les occasions qu'il a ratées, il ne méritait pas ce trophée ". Mais bon, le coach hollandais sait apprécier son attaquant : " C'est un bon gars. Simplement, je dois parfois lui botter les fesses pour qu'il avance un peu plus vite ". Et le joueur sait ce qu'il doit à Hiddink : " Il nous fait bosser comme des fous. Avant, j'avais l'impression de me traîner sur les terrains, maintenant je me demande parfois si je ne commence pas à voler. Et je ne suis pas sûr de rentrer encore longtemps dans mon équipement. On travaille tellement que je vois ma musculature évoluer. Si ça continue comme ça, je n'exclus pas de devoir passer tôt ou tard au XXL ".par pierre danvoye - photos: reporters