Le livre Pauwels brise le silence est sorti cette semaine. En voici quelques passages révélateurs du contenu global.
...

Le livre Pauwels brise le silence est sorti cette semaine. En voici quelques passages révélateurs du contenu global. " Je constatais avec effarement que l'amateurisme à l'état pur sévissait à plus d'un titre dans ce club. C'était le règne absolu du bénévolat assuré par le personnel du président et des petites enveloppes distribuées en fin de mois. Il y avait même un membre du staff sportif qui recevait une partie de son salaire au noir. (...) Je n'avais qu'un minimum de liberté d'action. Je n'étais là que pour le sale boulot et on n'hésitait jamais à me dégager en touche ". " Filippo Gaone et l' avocatdu diable étaient mes passagers le jour où nous sommes allés finaliser le transfert de Peter Odemwingie à Lille. Je venais de garer ma voiture devant les bureaux du LOSC quand la sonnerie du portable du président retentit. Au bout du fil, Mogi Bayat qui conseillait vivement au président de ne pas céder le joueur à Lille car le manager Didier Frenay avait reçu une meilleure offre de la part de l'Austria Vienne. Mais de quoi je me mêle ? (...) Il s'avère que le chèque présenté à l'encaissement à la banque n'est pas passé et Monsieur Gaone me le rend, me demandant d'en obtenir un autre auprès de la direction lilloise. En réalité, on a essayé de mettre l'argent du transfert sur un autre compte que celui du club mais l'institution bancaire concernée a refusé qu'il en soit ainsi. On m'enjoint donc de contacter au plus vite le président-délégué du LOSC pour qu'il rédige un nouveau chèque dûment libellé au nom de l'ASBL Nouvelle RAAL. Il n'a pas fallu plus de 24 heures pour que l'argent disparaisse de ce compte ! Résultat des courses, les joueurs ont encore pu poireauter avant de toucher leurs émoluments ". " Peu après mon licenciement, La Louvière a retiré sa plainte. Une volte-face qui arrangeait tout le monde. Anderlecht était sûr de conserver ses trois points. Cela laissait la voie libre à l' avocatdu diable pour entamer les pourparlers avec, comme il se plaisait à le dire, son " club ami ", Anderlecht, dans le cadre du futur transfert de Silvio Proto ". " Avant le match à Ostende, Filippo Gaone m'avait présenté à deux Chinois dont l'un portait une valisette noire. C'étaient, paraît-il, des gens appartenant au monde du textile. Nous avons perdu cette rencontre de façon incompréhensible dans les tout derniers instants. Avec du recul, il y avait peut-être des questions à se poser "... " Parmi les nombreux clubs intéressés par Silvio Proto, figurait le PSG. Filippo Gaone et moi-même avons pris le Thalys destination Paris afin d'y rencontrer le président Francis Graille et l'entraîneur Vahid Halilhodzic. L' avocat du diable n'était pas très chaud à l'idée de nous voir partir pour la Ville Lumière, jouant à fond la carte de la dissuasion, lui qui prétendait être l'avocat du club parisien. Graille tint immédiatement à démentir la chose à notre arrivée, affirmant qu'il n'était rien d'autre qu'une relation amicale de Pierre Frelo, le directeur financier du PSG, entre-temps limogé et aujourd'hui agent de joueurs ". " Wagneau Eloi, c'était l'enfant non désiré. Trop vieux, trop souvent blessé. (...) Le conseiller du président a désavoué ce transfert qui allait faire le bonheur de Roulers la saison d'après. Avec du recul, j'ai compris que l'arrivée d'Eloi était superflue aux yeux des dirigeants louviérois dans l'optique du système qui était en train de se mettre tout doucement en place. Car à la vérité, un joueur de la trempe d'Eloi, tout club pouvait en rêver, sauf La Louvière évidemment ". " Je reçois un coup de fil de Pietro Allatta qui demande à me voir à propos de Proto. (...) L'objet du deal proposé était que je touche une commission substantielle si je dénichais un club pour Proto. La démarche m'a fait hérisser le poil. J'ai payé mon compte et je me suis cassé. Navré, Pietro m'a prié de ne pas me fâcher, me disant que l'idée venait de l' avocatdu diable, pas de lui. (...) On avait utilisé Allatta pour voir si j'étais du genre corruptible. (...) Je ne me laisse pas faire et je dis ma façon de penser à l' avocatdu diable, en présence de Filippo Gaone et Albert Cartier. Plus que jamais, je sais que la guillotine est commandée "... " Filippo Gaone me dit qu'il a choisi entre l' avocat du diable et moi. Je lui rétorque qu'il fait fausse route mais sa décision est prise. Depuis longtemps à mon avis. Il ajoute que je peux toujours lui trouver des joueurs. Ben voyons ! Il m'ordonne alors de restituer dans les plus brefs délais la voiture et le gsm de fonction, m'interdisant aussi l'accès au vestiaire ". " En plus des trois mois de salaire restant dus, je réclamais à la RAAL un dédit se chiffrant à 25.000 euros eu égard au caractère abusif de mon licenciement et tenant compte du fait que j'avais droit à 5 % sur toute revente de joueurs. C'est pour ces raisons que j'avais fait opérer une saisie sur la recette du match de Coupe contre le FC Bruges. L'argent est toujours saisi car le tribunal n'a pas encore rendu son jugement. Comme la RAAL traîne tellement de casseroles derrière elle, je doute de voir la couleur du moindre euro si j'ai un jour gain de cause ". " Mon successeur a cru bon de déclarer qu'il ne me connaissait pas alors qu'un an auparavant, il m'avait proposé deux joueurs congolais à l'essai. Sachez qu'il est un grand ami de l' avocatdu diable et, soit dit en passant, parrain d'un des enfants de Jean-François Remy. Le Tivoli allait battre carrément pavillon bruxellois puisque Benjamin Goeders est arrivé lui aussi pour s'occuper du secteur commercial. J'ai donc été remplacé par deux personnes émargeant à la secte du professeur. Ses élèves au même titre que Roland Louf comme il s'était plu à l'affirmer dans une interview intitulée André-les-bons-tuyaux dans La Nouvelle Gazette ". " Pestiféré, persona non grata, malhonnête, bandit, tous les qualificatifs étaient bons pour que je reste à la rue. J'ai même été me présenter rasé de près et cravaté à Anderlecht où Philippe Collin et Herman Van Holsbeeck ont eu la politesse de m'écouter. Mais qui avait mené un lobbying monstrueux pour que je me voie signifier une fin de non-recevoir ? Pareil à Valenciennes où le président m'a dit être navré de ne pas recourir à mes services. Par après, il m'a avoué son regret d'avoir accordé un crédit inconsidéré à tous ces bonimenteurs attentionnés. (...) A Metz aussi, l'attaché de presse avait reçu un coup de fil anonyme me décrivant comme un personnage nuisible et peu fréquentable ". " La veille de l'émission de la VRT, Michel D'Hooghe m'avait vivement conseillé de visionner Panorama. Sans doute savait-il des choses quant à son contenu. Pour ma part, j'étais à mille lieues de m'imaginer quels dégâts cette émission allait causer à ma famille et à moi. Comment a-t-on pu être à ce point machiavélique pour m'associer à ce déballage médiatique élaboré, en ce qui me concerne, à partir de témoignages dont j'ai fini par apprendre l'origine médisante : le bouquiniste du Tivoli et mon prédécesseur à la RAAL. (...) Un acharnement aveugle qui permettait à ses initiateurs de détourner les soupçons en chargeant un innocent. Soyons sérieux, comment aurais-je pu être partie prenante d'un système où le club qui m'avait viré un an plus tôt était impliqué jusqu'au cou ? Ma chance sur ce coup-là était de ne plus faire partie des meubles du Tivoli ". " Un joueur de La Louvière m'avait laissé sous-entendre que des choses étranges se passaient dans le vestiaire. Des enveloppes, paraît-il, se baladaient d'une main à l'autre. Une pratique qu'il menaçait de dénoncer si on ne lui accordait pas son transfert pour un club étranger. Mais finalement, il n'a rien balancé et est resté à La Louvière. Par crainte sûrement ". " Jusqu'à l'inculpation de Gaone et de son avocat du diable pour faux et usage de faux, ce fut très difficile, voire intenable. A intervalles réguliers et de préférence la nuit, le téléphone résonnait. Cela se limitait à quelques sonneries seulement ou alors, quand je décrochais, il n'y avait personne au bout du fil. Ce fut plus explicite quelques jours plus tard avec des menaces de mort émanant de ceux qui voulaient absolument que je porte le chapeau dans cette sordide affaire. La police a pu localiser l'origine de cet appel anonyme avant de s'y rendre mais trop tard pour coincer l'auteur. Il provenait d'un call center, non loin de l'Avenue Louise. (...) Pour échapper à mes prédateurs, je me suis vu contraint de loger pendant plusieurs jours à l'hôtel en France. Ma fille avait trouvé refuge chez ses grands-parents. (...) La traque ne s'est pas limitée aux appels téléphoniques. Un jour, durant cette période où j'évitais d'être trop visible en Belgique, j'étais venu dire bonjour à ma femme restée à notre domicile à Dottignies. En face de la maison stationnait une voiture avec, à son bord, deux individus dont l'un était visiblement de type méditerranéen. J'ai pu lire sur ses lèvres ce qu'il disait à son jeune comparse : -C'est lui. Refoulant ma crainte, je suis sorti ventre à terre de la maison en direction du véhicule mais le conducteur a démarré en trombe et je n'ai pas eu le temps de lire la plaque minéralogique. Des voisins m'ont confié que cette voiture tournait dans le quartier depuis deux jours. Une forme d'intimidation ou plus si affinités "... " Il s'agit d'une rencontre impromptue dans un club libertin situé non loin de la Grand-Place de Bruxelles, le Val d'Amour. Là, Yannick Zambernardi tombe nez à nez avec l' avocatdu diable accompagné de quelques-uns de ses amis. Visiblement embêté, l' avocatdu diable a proposé à Yannick, en échange de sa discrétion, de prendre langue avec le manager de l'Excel pour un éventuel transfert à Mouscron ". " Il y a comme une espèce d'omertà qui s'est installée dans ce milieu du foot devenu bien glauque. Personne ne voulait cracher mais beaucoup de gens devaient savoir pas mal de choses. Les coursiers, les facteurs, les donateurs, les nudistes, les exhibitionnistes, les partouzeurs, tout le monde s'est tenu. (...) La seule trace de tout ce négoce d'un goût douteux, c'est ce versement de 500.000 euros par le Chinois sur le compte de l' avocat du diable et dont l'existence a été confirmée par Filippo Gaone sur le plateau de Studio 1. Trois autres versements d'une somme équivalente auraient dû suivre mais à cause de la VRT, le processus s'est arrêté. D'ailleurs, au lendemain de l'émission Panorama, on s'est empressé de virer les 500.000 euros sur un autre compte et on n'a jamais pu remettre la main sur la convention liant le Chinois au club louviérois dont la présidence devait en principe revenir à l' avocatdu diable. (...) Gaone cautionnait sans doute les agissements de son avocat mais ne voulait rien voir. A mon sens, il n'a jamais corrompu personne mais le fait qu'un Chinois mette un peu de beurre dans ses épinards ne devait aucunement lui déplaire ". " J'ai appris d'une source très fiable qu'un joueur du Brussels avait demandé un jour une voiture à prêter à un de ses coéquipiers pour pouvoir rentrer chez lui. Et quelle ne fut pas sa surprise de voir au fond du coffre un sac en plastique rempli de billets de banque. J'ai appelé Johan Vermeersch pour le mettre au courant. (...) D'autres comportements m'ont paru étranges dans ce club comme toutes ces titularisations du gardien de but contre vents, marées et critiques alors qu'il était en proie à une longue période de méforme. Ou encore le fait que Mario Espartero continuait à être rétribué alors que l'on ne savait plus trop bien où il se trouvait. Quand je posais la question à son entraîneur, il bottait en touche ". " I have a dream. Celui de voir quand même punis un jour tous ceux qui ont pollué mon existence. Douce utopie de ma part ?" Une sélection opérée par pierre danvoye