Dans son livre Football Dinamo. Modern Russia and the People's Game, l'auteur Marc Bennets les appelle The new new Russians : les nouveaux nouveaux Russes. Les hommes d'affaires qui investissent aujourd'hui dans le football russe, une génération un peu plus clean que celle qui s'est rapidement enrichie, lors de la chute du communisme sous Boris Yeltsine, à la fin du siècle dernier. Des bandits liés à des organisations issues de républiques lointaines, comme la Tchétchénie ou le Daghestan, et qui avaient pris possession du football.
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Dans son livre Football Dinamo. Modern Russia and the People's Game, l'auteur Marc Bennets les appelle The new new Russians : les nouveaux nouveaux Russes. Les hommes d'affaires qui investissent aujourd'hui dans le football russe, une génération un peu plus clean que celle qui s'est rapidement enrichie, lors de la chute du communisme sous Boris Yeltsine, à la fin du siècle dernier. Des bandits liés à des organisations issues de républiques lointaines, comme la Tchétchénie ou le Daghestan, et qui avaient pris possession du football. On les trouvait notamment au Spartak, champion de Russie pendant dix ans, avec comme triste point d'orgue, l'assassinat en 1997 de Larissa Netchaïeva, la directrice technique du club. Elle avait tenté de se défaire de l'influence de la mafia tchétchène. Depuis 2003, Leonid Fedoun, le vice-président de Lukoil, est l'homme fort du Spartak. Un homme puissant qui n'est jamais parvenu à rétablir l'ordre au sein de l'équipe. Avec l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, l'ordre est revenu en Russie. Mais la domination sportive du CSKAMoscou au début du siècle (septuple vainqueur de la coupe et quintuple champion) a aussi un côté sombre. Depuis 2011, le président du club est Yevgeni Giner. Un homme qui a (avait) des Iiens avec d'obscurs personnages du Daghestan et de la Tchétchénie. On trouve derrière lui un certain Roman Abramovitch, probablement le premier des nouveaux nouveaux Russes : de jeunes hommes d'affaires, mieux éduqués, qui ont bâti leur fortune dans le sillage de Poutine. Le fait qu'Abramovitch n'ait pas misé instinctivement sur le football russe mais sur Chelsea, qu'il a acheté en 2003, est significatif. Pour des raisons politiques et éthiques, entre autres. Abramovitch a investi un an plus tard au CSKA Moscou, qui a directement remporté la Coupe de l'UEFA : le premier trophée européen pour un club russe. Dans le sillage d'Abramovitch, suivent encore d'autres nouveaux nouveaux riches. Alexei Fedoritchev, fondateur de Fedcominvest, a d'abord échoué dans la reprise de Monaco. Il était alors soupçonné de blanchiment d'argent. En 2004, il reprend le Dynamo. Un club qui n'avait encore jamais remporté le titre depuis l'éclatement de l'URSS et qui a été, au mieux, classé deuxième en 1994. Au Dynamo, où il essaye d'imposer une culture brésilienne jusqu'à l'apprentissage de la langue portugaise, l'expérience fut un échec. Malgré des joueurs comme Maniche ou Smertin, l'équipe a échappé de peu à la relégation. Fedoritchev a également essayé d'acheter le stade, mais n'y est pas parvenu. Le paiement des salaires des joueurs a accusé des retards et, en mars 2007, le Dynamo a de nouveau été vendu. Ou plutôt, nationalisé, car il est devenu la propriété de la banque VTB, qui appartient au groupe du même nom. Et VTB est, pour 60 %, la propriété de l'Etat russe. Un an après avoir été racheté par la banque, le Dynamo a obtenu son meilleur résultat de la dernière décennie, avec une troisième place en 2008.