Les organisateurs de Roland-Garros n'ont pas tergiversé quand le virus a commencé à sévir en Europe : dès la mi-mars, ils ont décidé de postposer leur tournoi à une date entre fin mai et fin septembre. Cette décision unilatérale n'a pas plu aux autres organisateurs. D'emblée, la fédération française de tennis, organisatrice du Grand Chelem, a stipulé qu'il était exclu d'annuler le tournoi et qu'il aurait lieu en présence de spectateurs. " Nous avons besoin de vie, d'ambiance, nous devons montrer au monde que nous sommes en mesure de combattre ce virus ", a déclaré Bernard Giudicelli, le président de la FFT, début septembre. Le président Emmanuel Macron a soutenu cette décision. " Comme le Tour, le tournoi de tennis est un événement mythique et symbolique " pour la France.
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Les organisateurs de Roland-Garros n'ont pas tergiversé quand le virus a commencé à sévir en Europe : dès la mi-mars, ils ont décidé de postposer leur tournoi à une date entre fin mai et fin septembre. Cette décision unilatérale n'a pas plu aux autres organisateurs. D'emblée, la fédération française de tennis, organisatrice du Grand Chelem, a stipulé qu'il était exclu d'annuler le tournoi et qu'il aurait lieu en présence de spectateurs. " Nous avons besoin de vie, d'ambiance, nous devons montrer au monde que nous sommes en mesure de combattre ce virus ", a déclaré Bernard Giudicelli, le président de la FFT, début septembre. Le président Emmanuel Macron a soutenu cette décision. " Comme le Tour, le tournoi de tennis est un événement mythique et symbolique " pour la France. À ce moment, la fédé avait déjà dû revoir ses positions. En juillet, elle pensait pouvoir accueillir 20.000 spectateurs par jour, mais l'augmentation exponentielle des contaminations en France a ramené ce chiffre à 11.500. Jeudi dernier, les services de santé ont contraint la FFT à revoir encore une fois son assistance à la baisse : maximum 5.000 spectateurs par jour, comme pour tous les autres événements se déroulant dans l'Hexagone. C'est un coup très dur sur le plan financier : en 2019, Roland-Garros a généré 255,4 millions des 325 du budget annuel de la FFT. Les 519.901 spectateurs de l'édition précédente représentaient 18% de cette somme en billetterie (46 millions) et à peu près autant en horeca. Ces sommes sont maintenant divisées par sept, puisque le tournoi n'accueillera que 75.000 personnes en deux semaines. Il faut y ajouter les frais liés aux règles sanitaires et aux bulles. Les joueurs et leur entourage sont testés à leur arrivée. Ils ne sont autorisés à jouer que si leur second test, 72 heures plus tard, est également négatif. Ils sont ensuite testés tous les cinq jours. Si, à New York, des stars comme Novak Djokovic, Naomi Osaka, Serena Williams et Victoria Azarenka ont dépensé des dizaines de milliers de dollars pour la location d'une villa, les joueurs de Roland-Garros sont obligés de loger dans un des deux hôtels réservés pour l'occasion, sans la moindre exception. Ces établissements accueilleront d'autres personnes, mais à des étages différents. Serena Williams, qui a déjà été victime d'une embolie pulmonaire, a fait part de ses soucis. Au moment de boucler ce magazine, sa participation n'était pas encore assurée. Naomi Osaka, lauréate de l'US Open, renonce à cause d'une blessure aux ischio-jambiers, de même que la numéro un mondiale, Ashleigh Barty. Côté masculin, hormis Roger Federer, qui n'est pas rétabli de son opération au genou, presque tous les ténors sont présents, y compris Rafael Nadal, lauréat à douze reprises, et le Français Gaël Monfils. Contrairement à Novak Djokovic, Dominic Thiem et consorts, ils avaient déclaré forfait à l'US Open afin de ne pas hypothéquer leur saison sur terre battue. La fédération française de tennis a un avantage : malgré l'automne, avec ses journées plus courtes et une météo potentiellement moins favorable, le programme ne risque pas d'être trop chamboulé, grâce au nouveau toit coulissant qui surplombe le Court Philippe-Chartier. Ce toit est composé de onze panneaux et peut être déployé en un quart d'heure. Le court principal sera donc à l'abri de la pluie. Autre innovation, qui s'intègre dans le projet de rénovation de tout le complexe, pour un montant de 400 millions de dollars : l'éclairage. Initialement prévu pour quatre courts, il a été installé sur douze terrains suite au report du tournoi en septembre. Les joueurs ne devront donc pas interrompre leur match au coucher du soleil et pourront jouer jusqu'à 23 heures, ce qui permet d'organiser plus de matches en prime time. C'est positif pour les chaînes TV et l'audimat, malgré des tribunes quasi vides et dépourvues d'ambiance.