S'il est très facile de recevoir toutes les facilités voulues sans rien demander, tout le monde n'apprécie pas ce mode de fonctionnement, et ManuelPellegrini figure parmi ceux-là. L'entraîneur chilien a toujours voulu tout contrôler, tout avoir sous sa supervision. Mais, si cela ne posait aucun problème à Villarreal où il a même eu son mot à dire lorsqu'il a fallu choisir un... nouvel autocar pour l'équipe, rien ne dit qu'il en ira encore de même au Real où il devra s'accommoder, qu'il le veuille ou non, des décisions prises par des gens plus haut placés que lui.
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S'il est très facile de recevoir toutes les facilités voulues sans rien demander, tout le monde n'apprécie pas ce mode de fonctionnement, et ManuelPellegrini figure parmi ceux-là. L'entraîneur chilien a toujours voulu tout contrôler, tout avoir sous sa supervision. Mais, si cela ne posait aucun problème à Villarreal où il a même eu son mot à dire lorsqu'il a fallu choisir un... nouvel autocar pour l'équipe, rien ne dit qu'il en ira encore de même au Real où il devra s'accommoder, qu'il le veuille ou non, des décisions prises par des gens plus haut placés que lui. On peut supposer qu'en 20 ans d'expériences diverses sur le banc, il a acquis les bons réflexes qui lui permettront de comprendre le mode de fonctionnement de la Maison Blanche, et qu'il saura faire passer sa fierté personnelle au second plan. Engagé par JorgeValdano, le nouveau directeur sportif, il sait que son football de toque (petites passes courtes) devra être assimilé par ses joueurs lors des séances d'entraînement qu'il élabore savamment. C'est son véritable point fort, comme il l'a reconnu lui-même en de multiples occasions en répétant la phrase : " Le travail d'un entraîneur s'effectue à 95 % durant la semaine et à 5 % durant le week-end. " Après cette déclaration de principe, on peut déduire que le public qui garnira les travées du stade Bernabeu ne devra pas attendre de lui qu'il réagisse instantanément à des situations compliquées, en changeant de joueur ou de tactique durant un match. De ce point de vue là, Pellegrini est plutôt du style conservateur. Pellegrini a connu des succès dans les quatre pays où il a déjà entraîné : le Chili, l'Argentine, l'Equateur et l'Espagne. Même un trophée en Espagne ? Oui, la Coupe Intertoto en 2004-2005 ! Pellegrini est ambitieux et arrive à Madrid avec la volonté d'ajouter quelques lignes à son palmarès, d'autant qu'il pourra effectuer son briefing d'avant-match sans devoir nécessairement pointer du doigt les faiblesses de l'adversaire. Son équipe devrait, théoriquement, être assez forte pour imposer son propre style. Même sur le banc, il sera entouré de stars, et on peut déjà deviner que les " jeunes communiants " n'auront que peu de chances de prendre part à la fête. On rappelle qu'en son temps, le jeune SantiCazorla - aujourd'hui une pièce maîtresse de Villarreal - avait dû s'exiler à Huelva pour obtenir un peu de temps de jeu. Le Real a dû débourser quatre millions pour arracher Pellegrini à Villarreal, où il était encore sous contrat. Lors de sa présentation, l'entraîneur a levé un coin du voile sur le style de jeu qu'il préconisera : " Les joueurs toucheront beaucoup le ballon, auront de larges possessions, prendront l'initiative... "CarlosFernández, qui suit Villarreal pour le compte de l'hebdomadaire DonBalón, a noté cinq traits de caractère de Pellegrini. 1° Elitiste : de par ses ascendants familiaux et professionnels (voir cadre), Pellegrini se sent davantage à l'aise dans les couches aisées de la société qu'au milieu du peuple. Il n'a jamais eu de liens affectifs très serrés avec les supporters de Villarreal, petite bourgade à l'âme provinciale. Ceux-ci l'ont toujours respecté pour son travail, mais avaient du mal à s'identifier à lui étant donné les différences culturelles trop marquées. 2° Hermétique : Pellegrini tient ses distances vis-à-vis de la presse. Il répond aux questions lors de rendez-vous programmés, rien de plus. Il refuse de participer aux débats et distille ses informations au compte-gouttes. Son intelligence et sa formation intellectuelle lui permettent de tenir les médias sous son contrôle et d'esquiver de manière subtile les questions les plus insidieuses. 3° Esthète : il soigne son look en toutes circonstances. Il entretient son corps en se rendant fréquemment dans des salles de gymnastique, renouvelle régulièrement sa garde-robe et veille également à soigner son langage lorsqu'il apparaît en public. Ce souci esthétique apparaît aussi dans le jeu qu'il fait pratiquer à ses équipes : il exige un football soigné et attractif. Ses entraînements sont élaborés en conséquence, avec beaucoup de petits matches sur des espaces réduits qui obligent les joueurs à perfectionner leur technique et à tenter des combinaisons précises et rapides. 4° Serein : dans les situations les plus chaudes, là où tout le monde devient nerveux, Pellegrini a cette faculté de rester étonnamment serein. Il n'apparaît jamais dépassé par les événements et cette tranquillité se reflète sur son équipe, où il privilégie les joueurs mûrs et expérimentés, capables de s'autogérer à l'image de RobertPirès, JaviVenta ou MarcosSenna. En revanche, le rôle de formateur de jeunes ne lui sied guère : il perd rapidement patience lorsqu'il doit trop souvent rappeler certains principes. 5° Exigeant : ses réprimandes publiques à des footballeurs à côté de leurs pompes sont monnaie courante. Même DiegoForlan, pourtant meilleur buteur européen sous sa direction, s'est retrouvé à plus d'une reprise sur le banc lorsqu'il était en petite forme. Il a accepté, un certain temps, les caprices de JuanRománRiquelme, jusqu'à ce que le rendement de l'Argentin ne justifie plus ces privilèges. Il lui a alors arraché ses galons, au risque de causer une fracture dans le vestiaire. JavierIrureta, l'ancien entraîneur emblématique du Deportivo La Corogne, a relevé d'autres points plus techniques. 1° La fidélité à ses principes : il est toujours resté fidèle au jeu de passes courtes. Son approche est clairement sud-américaine, avec des défenseurs centraux costauds et durs sur l'homme, et des arrières latéraux qui n'hésitent jamais à monter. Il choisit très bien ses milieux de terrain, ce qui lui permet de maîtriser le jeu comme il l'entend. 2° Le jeu offensif : son principe de départ est le 4-4-2, mais il est capable d'introduire des variantes tactiques. Ce qui ne change jamais, c'est son goût pour l'offensive. Les attaquants en sont les premiers bénéficiaires. Forlán autrefois, JosebaLlorente cette saison, ont profité du travail des médians qui leur ont procuré de nombreuses occasions 3° Le hors-jeu : au niveau défensif, Pellegrini aime tendre le piège du hors-jeu. Les défenseurs centraux évoluent en position très avancée, et n'hésitent jamais à faire le pas en avant. Cette recherche de synchronisation fait l'objet de beaucoup d'attention aux entraînements. Le coach a souvent eu des défenseurs centraux sud-américains, ce qui l'a aidé dans cette approche, car ils sont habitués à évoluer de cette façon depuis leur plus tendre enfance. 4° Les valeurs du groupe : avec Pellegrini, le collectif prime sur les individus. Il a fréquemment résolu ses différends avec certains joueurs sans que cela déteigne sur le reste du groupe. Grâce à son éducation, Pellegrini sait transmettre les valeurs du groupe à ses joueurs. par juan carlos casas (esm)Il soigne son look en toutes circonstances.