1 Pendant Standard - Lokeren en Coupe, la télé vous a pris en gros plan, vous étiez très calme, vous sembliez à la limite un peu triste. A 83 ans, le foot vous ennuie ?

Le foot ne m'ennuie certainement pas. J'ai toujours le même enthousiasme. Mais à mon âge, on ne montre plus tellement ses émotions. On est content ou on n'est pas content, mais on intériorise. Et c'était à quel moment du match, cette image ? Si c'était à 1-1, je n'étais pas rassuré parce que ça pouvait partir dans tous les sens. Si c'était à un moment où Lokeren avait repris l'avantage, je peux vous dire que j'étais heureux. On a joué notre match le plus spectaculaire de l'année. Gagner 1-4 sur le terrain du Standard, ça re...

Le foot ne m'ennuie certainement pas. J'ai toujours le même enthousiasme. Mais à mon âge, on ne montre plus tellement ses émotions. On est content ou on n'est pas content, mais on intériorise. Et c'était à quel moment du match, cette image ? Si c'était à 1-1, je n'étais pas rassuré parce que ça pouvait partir dans tous les sens. Si c'était à un moment où Lokeren avait repris l'avantage, je peux vous dire que j'étais heureux. On a joué notre match le plus spectaculaire de l'année. Gagner 1-4 sur le terrain du Standard, ça reste un exploit. Tout le monde peut partir ? C'est vous qui le dites ! J'ai une ligne de conduite : tout ce qui est bon, on veut le conserver le plus longtemps possible. Et il n'y a qu'une seule personne qui détermine le prix des transferts : moi... N'essayez pas d'en savoir plus, ce n'est pas le problème des médias, c'est de la cuisine interne... Ce match à Lviv, j'avoue qu'il est lourd. L'équipe part là-bas en étant déjà éliminée, on s'en serait bien passés. Moi, je n'irai même pas : il n'y a pas d'enjeu, c'est loin et j'ai du mal à marcher. Notez qu'il y a un point positif : l'UEFA a interdit à notre adversaire, Kharkiv, de jouer dans son stade. S'il avait fallu aller dans cette région en guerre, nous aurions refusé. Maintenant, c'est clair qu'on aurait préféré affronter des Allemands ou des Anglais, par exemple. Et oui, Torino et Séville, c'est mieux que Varsovie et Kharkiv. On retiendra de cette campagne qu'on n'a jamais été baladés par nos adversaires, qu'on aurait pu passer au tour suivant avec un peu de chance, que ça nous rapporte un peu d'argent et que c'est une bonne expérience supplémentaire pour l'ensemble du club. Il n'y a toujours pas de solution mais on y travaille. Je ne partirai pas avant la fin de la saison, ça devrait se faire la saison prochaine. On analyse les profils. Je ne veux rien dire de plus. Et sur l'argent qu'il faut apporter, je ne réponds pas non plus. Jamais. Mais je ne pense pas qu'on puisse comparer les deux situations. Si c'est vrai que Domenico Leone a déjà mis 10 millions à Mons, je comprends très bien qu'il décide de stopper les frais. L'argent qu'il a investi, il l'a perdu. Dans ces conditions-là, il arrive un jour où il faut prendre une décision radicale. A Lokeren, les chiffres ne sont pas du tout comparables. Roger Lambrecht (83 ans) a joué en équipe nationale militaire, est à la tête d'un gros business dans les centrales de pneus et président de Lokeren depuis 1994.PAR PIERRE DANVOYERoger Lambrecht " Tout ce qui est bon, Lokeren veut le conserver le plus longtemps possible. Et une seule personne détermine les prix de transfert : moi... "