Que vous inspire cette édition ?

Tour de Suisse, Dauphiné, Route du Sud... J'ai regardé tout ce qui était possible. Le Dauphiné et le Tour de Suisse ont marqué une continuité avec un cyclisme offensif, du panache et du suspense. On n'a pas vu d'équipe capable de cadenasser une course comme Sky ou US Postal à l'époque. Dumoulin gagne le Giro sans grande équipe autour de lui. Même constat pour Spilak en Suisse. Froome semble moins performant dans le chrono et la montagne, mais plus fort dans les descentes et avec un s...

Tour de Suisse, Dauphiné, Route du Sud... J'ai regardé tout ce qui était possible. Le Dauphiné et le Tour de Suisse ont marqué une continuité avec un cyclisme offensif, du panache et du suspense. On n'a pas vu d'équipe capable de cadenasser une course comme Sky ou US Postal à l'époque. Dumoulin gagne le Giro sans grande équipe autour de lui. Même constat pour Spilak en Suisse. Froome semble moins performant dans le chrono et la montagne, mais plus fort dans les descentes et avec un sens tactique aiguisé. Nos amis français attendent un successeur à Bernard Hinault qui pourrait être Bardet. Il a été second en 2016 et sa faiblesse réside dans le contre-la-montre. Or, les chronos sont moins importants cette année. Le Tour a été pensé pour les grimpeurs et je m'attends à des attaques, notamment dans les Vosges, le Jura ou le Massif central. Du temps de Luc Varenne et Théo Mathy, l'hygiène de vie était déjà importante. C'est toujours le cas. Une fois l'étape finie, j'ai la faculté de vite me concentrer sur la prochaine journée. Le problème, c'est que j'aurai deux heures de moins le matin pour préparer alors que c'est un moment que j'affectionnais. Le Tour est divisé en trois blocs et Cyril Saugrain et moi soufflerons à chaque fois une journée. Laurent Bruwier et Rik Verbrugghe nous remplaceront. Je m'attends à des déplacements compliqués. Le trajet du Tour dessine un " 8 " sur la carte de France. La première journée de repos nous emmène des Alpes vers Périgueux, près de Bordeaux, soit une journée en voiture. L'avant-dernière est à Marseille. Bref, il va falloir remonter la France un samedi soir de juillet. Mon boulot sera de rendre la course la plus passionnante possible. Je serai une trentaine d'heures en plus à l'antenne. Je suis malgré tout sceptique sur la formule. Le spectacle est inversement proportionnel à la longueur des étapes. Dans une course de 200 km, le départ est souvent intéressant. Puis, il y a une échappée, le peloton laisse aller jusqu'à 60/80 km de l'arrivée et se met en route pour placer les sprinters. L'idéal serait de prendre l'antenne à ce moment, après un résumé de 15/20 minutes, sauf pour les étapes de montagne qui sont majoritairement exceptionnelles. Mais dans le même temps, à partir du moment où ASO propose l'entièreté du Tour, ce serait une faute grave de ne pas prendre la balle au bond. PAR SIMON BARZYCZAK" Ce Tour de France a été pensé pour les grimpeurs " Rodrigo Beenkens