Ton interview la plus étrange ?

Il y a une dizaine d'années, j'ai rencontre Pelé à Londres. Cinq télés étaient présentes et avaient vingt minutes d'interview. Alors que les quatre premiers journalistes s'étaient exprimés en anglais, je me suis adressé à Pelé en portugais. Il a été tellement content que nous avons parlé de nos origines, de nos familles, etc. Jusqu'au moment où je me suis rendu compte qu'il restait à peine huit minutes pour l'interview !

La personnalité la plus difficile à interviewer ?

J'ai dû utiliser un tas de stratagèmes pour faire venir Lance Armstrong à la soirée d'anniversaire des 60 ans d'Eddy Merckx. Il voulait qu'on mette un hélicoptère à sa disposition, etc. J'ai menacé son entourage de lui faire une mauvaise publicité à l'antenne, lui qui disait être un ami d'Eddy. Il s'est déplacé mais la productrice et moi avons dû garder le secret...

Les sondages te décernent généralement le titre de journaliste préféré du public. Tu te considères comme le meilleur journaliste francophone ?

Etre meilleur et préféré sont deux choses différentes. Ensuite, j'ai trop de respect pour mes collègues de la presse écrite et radio, dont ces sondages ne tiennent pas compte, pour dire que je suis le meilleur. Enfin, la télé est un média qui dépend plus que tout du travail de groupe.

Tu commentes toujours les meilleurs matches : est-ce difficile pour les autres journalistes de vivre dans ton ombre ?

C'est une question qu'il faut poser aux autres ! Je n'en sais rien. Je n'ai eu aucun problème à vivre dans l'ombre des Arsène Vaillant, Roger Laboureur, Michel Lecomte, etc. Et c'est peut-être pour cette raison que j'en suis là aujourd'hui. On parle d'ombre mais je ne présente plus aucune émission depuis 10 ans. Quand Laboureur et Frank Baudoncq étaient en activité, ils présentaient les programmes et commentaient les grands matches.

Quel est le secret des nombreuses infos que tu donnes à l'écran ?

J'achète sept journaux par jour et je complète avec internet. Dès que quelque chose me surprend, je le note sous forme de mots-clefs. Rarement sous forme de phrase. C'est un travail que je commence en janvier pour le Tour de France. Lorsque je commente une course, je ne me bourre pas de note. Je dois être capable de retrouver très vite l'info, sans quitter les yeux de l'écran car aucun détail de la course ne doit m'échapper. Ma préparation, l'anticipation (parler d'un coureur quelques minutes avant qu'il n'arrive dans une difficulté où on l'attend) et ma forme mentale doivent être optimales.

Ton interview la plus nulle ?

Je me souviens avoir interviewé en néerlandais Wilfried Nelissen en 1993, après sa victoire dans Het Volk. J'étais catastrophé par ma traduction car j'avais compris un mot sur deux. Marc Van Lombeek, mon collègue de la VRT, m'a consolé en me disant : " Tu sais, vu le patois qu'il baragouine, moi non plus je ne comprends pas tout !"

PAR SIMON BARZYCZAK

Il y a une dizaine d'années, j'ai rencontre Pelé à Londres. Cinq télés étaient présentes et avaient vingt minutes d'interview. Alors que les quatre premiers journalistes s'étaient exprimés en anglais, je me suis adressé à Pelé en portugais. Il a été tellement content que nous avons parlé de nos origines, de nos familles, etc. Jusqu'au moment où je me suis rendu compte qu'il restait à peine huit minutes pour l'interview ! J'ai dû utiliser un tas de stratagèmes pour faire venir Lance Armstrong à la soirée d'anniversaire des 60 ans d'Eddy Merckx. Il voulait qu'on mette un hélicoptère à sa disposition, etc. J'ai menacé son entourage de lui faire une mauvaise publicité à l'antenne, lui qui disait être un ami d'Eddy. Il s'est déplacé mais la productrice et moi avons dû garder le secret... Etre meilleur et préféré sont deux choses différentes. Ensuite, j'ai trop de respect pour mes collègues de la presse écrite et radio, dont ces sondages ne tiennent pas compte, pour dire que je suis le meilleur. Enfin, la télé est un média qui dépend plus que tout du travail de groupe. C'est une question qu'il faut poser aux autres ! Je n'en sais rien. Je n'ai eu aucun problème à vivre dans l'ombre des Arsène Vaillant, Roger Laboureur, Michel Lecomte, etc. Et c'est peut-être pour cette raison que j'en suis là aujourd'hui. On parle d'ombre mais je ne présente plus aucune émission depuis 10 ans. Quand Laboureur et Frank Baudoncq étaient en activité, ils présentaient les programmes et commentaient les grands matches. J'achète sept journaux par jour et je complète avec internet. Dès que quelque chose me surprend, je le note sous forme de mots-clefs. Rarement sous forme de phrase. C'est un travail que je commence en janvier pour le Tour de France. Lorsque je commente une course, je ne me bourre pas de note. Je dois être capable de retrouver très vite l'info, sans quitter les yeux de l'écran car aucun détail de la course ne doit m'échapper. Ma préparation, l'anticipation (parler d'un coureur quelques minutes avant qu'il n'arrive dans une difficulté où on l'attend) et ma forme mentale doivent être optimales. Je me souviens avoir interviewé en néerlandais Wilfried Nelissen en 1993, après sa victoire dans Het Volk. J'étais catastrophé par ma traduction car j'avais compris un mot sur deux. Marc Van Lombeek, mon collègue de la VRT, m'a consolé en me disant : " Tu sais, vu le patois qu'il baragouine, moi non plus je ne comprends pas tout !" PAR SIMON BARZYCZAK