Tout le monde s'accorde à le dire. L'Helvète est capable de tout faire sur un terrain dans un style facile et décontracté. A tel point qu'on le compare souvent au grand Pete Sampras, un homme qu'il compta pendant longtemps parmi ses modèles.

Surnommé à une époque pas si lointaine Federer Express en raison de la rapidité avec laquelle il réussissait à réexpédier ses retours de service, son service et son coup droit font également partie de ses points forts dorénavant. Le Suisse a quelque peu abandonné cette saison cette réputation pour une autre : celle d'un joueur complet.

Son palmarès, il est vrai, est éloquent. En douze mois, Federer s'est imposé à Marseille, Dubaï, Munich, Halle, Wimbledon, Vienne sans oublier, bien sûr, Houston, théâtre du Masters où il fut le seul des huit joueurs du top 10 à rester invaincu jusqu'au bout du tournoi. Avec pour conséquence : la première place mondiale en termes de revenus (4.000.680 dollars).

Au Texas, ses démonstrations face à Andre Agassi, David Nalbandian, Juan Carlos Ferrero, Andy Roddick et Agassi encore lui en finale furent proches de la perfection. Le public vit £uvrer le même artiste qui enflamma les foules au All England Club de Wimbledon quelques mois plus tôt. " Je suis vraiment ravi de mon année, et particulièrement de la manière dont je l'ai terminée ", dit-il alors. " C'est incroyable ! Je me suis surpassé. Je gagne sept tournois, quatre sur des surfaces différentes, je remporte mon premier Grand Chelem et je termine la saison à la deuxième place mondiale. Franchement, je ne peux pas être plus heureux ".

Battu à plates coutures alors qu'il avait eu deux balles de match contre lui lors des affrontements de poule, Andre Agassi ne tarit pas d'éloges à l'égard de son tombeur.

" Voir jouer et bouger Roger est une source d'inspiration pour moi ", expliqua au micro du stade l'ancien n°1 mondial, joueur de fond de court alors que Federer n'hésite pas à venir au filet même s'il n'est pas un pur serveur-volleyeur.

" Cela fait plaisir à entendre de la part d'un énorme champion comme lui ", lui répondit Federer. " Il n'était pas mon joueur préféré parce que j'ai un autre style de jeu que le sien mais son compliment est encore plus important pour moi, justement en raison de sa façon de jouer. C'est tout simplement un exemple pour nous tous ".

Certains trouveront toutefois à redire dans la succession de victoires de celui qui est resté fidèle à son pays (il habite une localité appelée Bottmingen). Et on ne peut leur donner tort. Car avec le talent qui est le sien, le Bâlois peut mieux faire qu'un huitième de finale à l'Open d'Australie ou à l'US Open et qu'un premier tour à Roland Garros, les autres épreuves du Grand Chelem où il ne répondit pas à l'attente.

C'est qu'on ne change pas un joueur en un simple claquement de doigts. Surtout pas quand celui-ci est tellement doué qu'il lui a fallu beaucoup de temps pour prendre conscience que son talent seul ne lui permettrait pas de fréquenter les plus hautes sphères de son sport et qu'il faudrait lui adjoindre une belle dose de travail pour parvenir à ses fins.

Après la pression, la confiance

Voilà des années que Rodgeur comme l'appellent ses intimes est attendu par tous comme la nouvelle étoile du tennis masculin. Des années que l'on parle de lui en des termes tellement élogieux qu'ils font pâlir d'envie beaucoup de ses collègues sur le circuit. Cela remonte particulièrement à une certaine année 1998 au terme de laquelle il se hissa sur la plus haute marche du classement mondial chez les Juniors grâce, notamment, à sa victoire à Wimbledon (un heureux présage qui en fait l'un des quatre joueurs de l'histoire, avec Björn Borg, Pat Cash et Stefan Edberg, à s'être imposé sur le gazon sacré à la fois chez les juniors et les seniors).

Mais pour ce jeune homme renfermé, qui sourit et parle peu, la pression était souvent trop lourde à supporter. Federer était devenu aux yeux de beaucoup le joueur fragile, celui capable de sortir des coups gagnants de tous les coins du court mais dont le bras se mettait à trembler lorsque le moment devenait trop important.

" A ce sujet, ma victoire à Wimbledon fut un énorme soulagement ", affirme-t-il. " Ces derniers mois, la pression venait de tous les côtés, y compris de moi-même parce que je suis un joueur capable de gagner sur toutes les surfaces. J'ai commencé à me dire que je devais absolument mieux réussir que par le passé en Grand Chelem. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Pour s'imposer sur un tournoi de deux semaines, il faut toujours un brin de chance. Je l'ai eu face à Lopez, l'Espagnol contre qui j'ai souffert du dos et qui me malmena sérieusement en début de tournoi, et il m'a permis de gagner le tournoi dont je rêvais le plus ".

Ce succès récolté en trois sets en finale face à la puissance de feu de Mark Philippoussis permit au Suisse d'entrer dans une autre catégorie de joueurs : celle des hommes conscients qu'ils ont quelque chose de plus que les autres. C'est la confiance qui permit à Federer de poursuivre sur sa lancée de Londres.

" Il n'est pas facile de digérer tout ce qui m'est arrivé depuis ", explique-t-il à ce sujet. " Je suis très célèbre en Suisse. C'est un petit pays et partout où je vais, les gens me reconnaissent ".

Une célébrité qui n'en est qu'à ses débuts. Car au vu de ce qu'il a montré en fin de saison, preuve qu'il a accepté son nouveau statut, Roger Federer fera reparler de lui en 2004.

Meilleur que Roddick ?

Andy Roddick a beau être le n°1 mondial " mathématique " (il le précède de 32 points à la Champions Race et de 160 seulement à l' Entry System), beaucoup considèrent le Suisse comme le meilleur joueur du monde parce que plus complet que l'Américain qui tire une grande partie de son potentiel de sa phénoménale puissance au service.

Fair-play et humble, l'intéressé ne s'attarde pas sur ces considérations qui font le bonheur des journalistes. " C'est un sujet difficile ", exprime Federer. " Je pense qu'Andy mérite sa première place mondiale. Il doit se sentir le meilleur, à sa place c'est ce que je ferais. Quant à moi, disons que j'ai été le meilleur du monde pendant la semaine du Masters parce que mon niveau de jeu a vraiment atteint des sommets. J'essayerai de reproduire l'an prochain ce que j'ai réalisé cette saison ".

Ce ne sera pas facile mais s'il est bien encadré, le talent ne demande souvent qu'à s'exprimer. En compagnie de son coach suédois Peter Lundgren, qui a remplacé Peter Carter (celui qui a " fait " Federer avant de se tuer dans un accident de voiture) et de son préparateur physique Pierre Paganini qui travaille pour la fédération suisse de tennis, Rodgeur ne rechigne plus à travailler les quelques points faibles qui lui restent encore. Pour mieux se concentrer sur sa carrière, il mit de l'ordre dans sa vie peu de temps avant Wimbledon, n'hésitant pas à claquer la porte au nez et à la barbe d'une célèbre société de marketing en préférant confier la gestion de son agenda à sa fiancée, la joueuse slovaque Miroslava Vavrinec.

Le souffle des montagnes

Si son tennis semble être arrivé à maturité, il est un domaine où Federer doit encore nettement s'améliorer. S'il veut devenir un jour le joueur susceptible de laisser une trace dans l'histoire du jeu, il doit apprendre à davantage se vendre et il en est conscient.

" Voilà deux ou trois ans que je parle d'un nouveau souffle dans le tennis masculin ", dit-il ainsi. " J'avais déjà évoqué ce sujet à l'époque où Lleyton Hewitt et Marat Safin dominaient. D'autres jeunes très bons joueurs sont en circulation qui peuvent représenter la nouvelle vague et redonner une popularité au tennis masculin. Nous essayons de le garder en vie en faisant toute une série d'activités en dehors des matches en faveur de l'ATP. Ce n'est pas toujours facile pendant un tournoi ou entre deux rencontres, mais nous voulons la même chose. Et ça, c'est le plus important. Nous voulons tous améliorer notre futur ".

Les larmes qu'il versa après son triomphe à Wimbledon, l'émotion qui lui brisa la voix sur le court de son plus grand exploit firent apparaître autre chose qu'une simple machine à jouer et à gagner.

" Il m'était déjà arrivé de pleurer lors de quelques grandes autres occasions et à chaque fois je me suis dis que je n'allais pas le faire. Mais là, le moment fut trop intense pour rester impassible. Mon succès chez les juniors en 1998, ma victoire contre Sampras en 2001 ont fait de Wimbledon un tournoi très spécial pour moi. C'était trop fort ".

Quand les larmes de la déception font place à celles de la joie, c'est que quelque chose a vraiment changé au pays de la neutralité et du gruyère, qui voit dans son tennis, une autre raison de bomber le torse après le succès dans l' America's Cup.

Tout le monde s'accorde à le dire. L'Helvète est capable de tout faire sur un terrain dans un style facile et décontracté. A tel point qu'on le compare souvent au grand Pete Sampras, un homme qu'il compta pendant longtemps parmi ses modèles. Surnommé à une époque pas si lointaine Federer Express en raison de la rapidité avec laquelle il réussissait à réexpédier ses retours de service, son service et son coup droit font également partie de ses points forts dorénavant. Le Suisse a quelque peu abandonné cette saison cette réputation pour une autre : celle d'un joueur complet. Son palmarès, il est vrai, est éloquent. En douze mois, Federer s'est imposé à Marseille, Dubaï, Munich, Halle, Wimbledon, Vienne sans oublier, bien sûr, Houston, théâtre du Masters où il fut le seul des huit joueurs du top 10 à rester invaincu jusqu'au bout du tournoi. Avec pour conséquence : la première place mondiale en termes de revenus (4.000.680 dollars). Au Texas, ses démonstrations face à Andre Agassi, David Nalbandian, Juan Carlos Ferrero, Andy Roddick et Agassi encore lui en finale furent proches de la perfection. Le public vit £uvrer le même artiste qui enflamma les foules au All England Club de Wimbledon quelques mois plus tôt. " Je suis vraiment ravi de mon année, et particulièrement de la manière dont je l'ai terminée ", dit-il alors. " C'est incroyable ! Je me suis surpassé. Je gagne sept tournois, quatre sur des surfaces différentes, je remporte mon premier Grand Chelem et je termine la saison à la deuxième place mondiale. Franchement, je ne peux pas être plus heureux ". Battu à plates coutures alors qu'il avait eu deux balles de match contre lui lors des affrontements de poule, Andre Agassi ne tarit pas d'éloges à l'égard de son tombeur. " Voir jouer et bouger Roger est une source d'inspiration pour moi ", expliqua au micro du stade l'ancien n°1 mondial, joueur de fond de court alors que Federer n'hésite pas à venir au filet même s'il n'est pas un pur serveur-volleyeur. " Cela fait plaisir à entendre de la part d'un énorme champion comme lui ", lui répondit Federer. " Il n'était pas mon joueur préféré parce que j'ai un autre style de jeu que le sien mais son compliment est encore plus important pour moi, justement en raison de sa façon de jouer. C'est tout simplement un exemple pour nous tous ". Certains trouveront toutefois à redire dans la succession de victoires de celui qui est resté fidèle à son pays (il habite une localité appelée Bottmingen). Et on ne peut leur donner tort. Car avec le talent qui est le sien, le Bâlois peut mieux faire qu'un huitième de finale à l'Open d'Australie ou à l'US Open et qu'un premier tour à Roland Garros, les autres épreuves du Grand Chelem où il ne répondit pas à l'attente. C'est qu'on ne change pas un joueur en un simple claquement de doigts. Surtout pas quand celui-ci est tellement doué qu'il lui a fallu beaucoup de temps pour prendre conscience que son talent seul ne lui permettrait pas de fréquenter les plus hautes sphères de son sport et qu'il faudrait lui adjoindre une belle dose de travail pour parvenir à ses fins. Voilà des années que Rodgeur comme l'appellent ses intimes est attendu par tous comme la nouvelle étoile du tennis masculin. Des années que l'on parle de lui en des termes tellement élogieux qu'ils font pâlir d'envie beaucoup de ses collègues sur le circuit. Cela remonte particulièrement à une certaine année 1998 au terme de laquelle il se hissa sur la plus haute marche du classement mondial chez les Juniors grâce, notamment, à sa victoire à Wimbledon (un heureux présage qui en fait l'un des quatre joueurs de l'histoire, avec Björn Borg, Pat Cash et Stefan Edberg, à s'être imposé sur le gazon sacré à la fois chez les juniors et les seniors). Mais pour ce jeune homme renfermé, qui sourit et parle peu, la pression était souvent trop lourde à supporter. Federer était devenu aux yeux de beaucoup le joueur fragile, celui capable de sortir des coups gagnants de tous les coins du court mais dont le bras se mettait à trembler lorsque le moment devenait trop important. " A ce sujet, ma victoire à Wimbledon fut un énorme soulagement ", affirme-t-il. " Ces derniers mois, la pression venait de tous les côtés, y compris de moi-même parce que je suis un joueur capable de gagner sur toutes les surfaces. J'ai commencé à me dire que je devais absolument mieux réussir que par le passé en Grand Chelem. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Pour s'imposer sur un tournoi de deux semaines, il faut toujours un brin de chance. Je l'ai eu face à Lopez, l'Espagnol contre qui j'ai souffert du dos et qui me malmena sérieusement en début de tournoi, et il m'a permis de gagner le tournoi dont je rêvais le plus ". Ce succès récolté en trois sets en finale face à la puissance de feu de Mark Philippoussis permit au Suisse d'entrer dans une autre catégorie de joueurs : celle des hommes conscients qu'ils ont quelque chose de plus que les autres. C'est la confiance qui permit à Federer de poursuivre sur sa lancée de Londres. " Il n'est pas facile de digérer tout ce qui m'est arrivé depuis ", explique-t-il à ce sujet. " Je suis très célèbre en Suisse. C'est un petit pays et partout où je vais, les gens me reconnaissent ". Une célébrité qui n'en est qu'à ses débuts. Car au vu de ce qu'il a montré en fin de saison, preuve qu'il a accepté son nouveau statut, Roger Federer fera reparler de lui en 2004. Andy Roddick a beau être le n°1 mondial " mathématique " (il le précède de 32 points à la Champions Race et de 160 seulement à l' Entry System), beaucoup considèrent le Suisse comme le meilleur joueur du monde parce que plus complet que l'Américain qui tire une grande partie de son potentiel de sa phénoménale puissance au service. Fair-play et humble, l'intéressé ne s'attarde pas sur ces considérations qui font le bonheur des journalistes. " C'est un sujet difficile ", exprime Federer. " Je pense qu'Andy mérite sa première place mondiale. Il doit se sentir le meilleur, à sa place c'est ce que je ferais. Quant à moi, disons que j'ai été le meilleur du monde pendant la semaine du Masters parce que mon niveau de jeu a vraiment atteint des sommets. J'essayerai de reproduire l'an prochain ce que j'ai réalisé cette saison ". Ce ne sera pas facile mais s'il est bien encadré, le talent ne demande souvent qu'à s'exprimer. En compagnie de son coach suédois Peter Lundgren, qui a remplacé Peter Carter (celui qui a " fait " Federer avant de se tuer dans un accident de voiture) et de son préparateur physique Pierre Paganini qui travaille pour la fédération suisse de tennis, Rodgeur ne rechigne plus à travailler les quelques points faibles qui lui restent encore. Pour mieux se concentrer sur sa carrière, il mit de l'ordre dans sa vie peu de temps avant Wimbledon, n'hésitant pas à claquer la porte au nez et à la barbe d'une célèbre société de marketing en préférant confier la gestion de son agenda à sa fiancée, la joueuse slovaque Miroslava Vavrinec. Si son tennis semble être arrivé à maturité, il est un domaine où Federer doit encore nettement s'améliorer. S'il veut devenir un jour le joueur susceptible de laisser une trace dans l'histoire du jeu, il doit apprendre à davantage se vendre et il en est conscient. " Voilà deux ou trois ans que je parle d'un nouveau souffle dans le tennis masculin ", dit-il ainsi. " J'avais déjà évoqué ce sujet à l'époque où Lleyton Hewitt et Marat Safin dominaient. D'autres jeunes très bons joueurs sont en circulation qui peuvent représenter la nouvelle vague et redonner une popularité au tennis masculin. Nous essayons de le garder en vie en faisant toute une série d'activités en dehors des matches en faveur de l'ATP. Ce n'est pas toujours facile pendant un tournoi ou entre deux rencontres, mais nous voulons la même chose. Et ça, c'est le plus important. Nous voulons tous améliorer notre futur ". Les larmes qu'il versa après son triomphe à Wimbledon, l'émotion qui lui brisa la voix sur le court de son plus grand exploit firent apparaître autre chose qu'une simple machine à jouer et à gagner. " Il m'était déjà arrivé de pleurer lors de quelques grandes autres occasions et à chaque fois je me suis dis que je n'allais pas le faire. Mais là, le moment fut trop intense pour rester impassible. Mon succès chez les juniors en 1998, ma victoire contre Sampras en 2001 ont fait de Wimbledon un tournoi très spécial pour moi. C'était trop fort ". Quand les larmes de la déception font place à celles de la joie, c'est que quelque chose a vraiment changé au pays de la neutralité et du gruyère, qui voit dans son tennis, une autre raison de bomber le torse après le succès dans l' America's Cup.