26 matches, 26 titularisations, 2.340 minutes - soit 26 fois 90 minutes, pour 16 banderilles et un titre de meilleur buteur de D1B sur la phase classique. Pour sa véritable " première " saison chez les pros, Leonardo Miramar Rocha explose les compteurs.

" Si on m'avait dit que j'allais marquer autant après sept mois, je ne l'aurais peut-être pas cru ", confesse le buteur portugais, du haut de ses 21 printemps et de son mètre 96. " Par contre, je savais que si on me donnait ma chance, j'allais marquer. Ça, j'en ai toujours été persuadé. " Parce que si les chiffres parlent pour lui, ils lui donnent aussi une autre stat, un peu moins reluisante : douze clubs dans sept pays différents, sur deux continents, depuis sa première licence. " On me le dit souvent... Mais les clubs doivent être intelligents. Ils doivent regarder mon CV seulement à partir de Monaco. Avant, je ne faisais que suivre mes parents. " Parce qu'aussi, Leo, ce fils unique qui vit toujours avec ses parents, expatriés à Lommel pour le chouchouter, a déjà connu plusieurs vies. Itinéraire d'un enfant du nouveau millénaire.

Les clubs doivent être intelligents. Ils doivent regarder mon CV seulement à partir de Monaco. Avant, je ne faisais que suivre mes parents. " Leonardo Miramar Rocha

La crise au Portugal

Un café, posé, dans le centre de Lommel. Le Limbourg, calme et charmant. Près de l'entrée, Leonardo Miramar Rocha sirote un chocolat chaud. Le temps printanier ne réchauffe pas encore assez celui qui parle d'une " histoire d'amour " avec les Vert et Blanc, rejoints l'été dernier et avec qui il a prolongé en novembre jusqu'en 2020.

" Lommel, c'est loin de tout ", sourit l'homme, jogging et boucle d'oreille crucifix de rigueur. " Je m'occupe comme je peux, je vais souvent au bowling, aussi à l'église. " Leo semble déjà mûr, adulte depuis un moment. Du moins, apaisé. Lommel lui apporte la confiance qu'il cherchait. Né à Almada, dans la périphérie lisboète, il dégaine ses premiers strikes à Belenenses, puis au Vitoria Setubal, avant que la crise ne frappe le pays de plein fouet. Le paternel, Miramar Rocha, dont il hérite du nom complet, bosse dans le gaz après une carrière pro éphémère au Brésil, sa terre natale. La mère, comptable de formation, ne travaille plus. Pour joindre les deux bouts, le clan Miramar déménage 300 bornes plus haut, à Porto.

" J'avais treize ans. J'ai signé à Boavista, mais ça n'a duré que six mois. Mes parents ont décidé de quitter le Portugal. C'était trop dur. " Du coup, ils misent tout sur le gamin. Le père feuillette son répertoire et lui dégote trois essais en Italie : au Chievo Vérone, à Novara et à Pescara. Le dernier est le bon. " J'avais signé un contrat de quatre ans, mais ils ne m'ont pas laissé jouer. Ils ne pouvaient pas. Là-bas, quand tu as moins de seize ans, tes parents doivent travailler en Italie. Ce qui n'était pas le cas. Le club voulait que j'attende deux ans... "

Impossible. Le minot observe quand même un trio plutôt clinquant oeuvrer chez les Delfini : Marco Verratti, Lorenzo Insigne et Ciro Immobile. Mais la saudade appelle et la famille préfère rentrer au bled. Leo rejoint Ituano, du côté de Sao Paulo. Les Rouge et Noir veulent le signer pro à ses seize ans, son père refuse. " En fait, ils prennent des joueurs qui ont un passeport européen pour pouvoir les vendre plus rapidement en Europe. Mon père voulait que je reparte en Europe le plus vite possible, mais pas comme ça. " Sauf que le gamin se retrouve dans une nouvelle impasse. Il prend une licence au Barra FC, " chez lui ", dans l'Etat de Santa Catarina. Suffisant pour se faire remarquer.

" Mon père n'a jamais arrêté de travailler, il a toujours continué à parler aux agents. C'est lui qui fait le travail hors du terrain, mais il ne m'a jamais mis la pression pour que je réussisse. Il m'a juste dit que s'il s'investissait autant, ce n'était pas pour que je baisse les bras à dix-huit ans. " Message reçu. Cette grande perche, désormais majeure, sait scorer. Un agent basé au Brésil passe le mot à un collègue, le Français Marc Roger. Le début d'une nouvelle aventure.

Le titre avec Mbappé

" Marc et moi, on est très proches ", glisse Leo. Roger, agent bien connu de ce côté-ci de l'Atlantique, traîne une réputation sulfureuse. Conseiller star du football hexagonal à la fin des nineties, ancien patron du Servette de Genève, en Suisse, il aligne ensuite coups fumants, arrestations et détentions préventives, entre autres. Un joli CV qui emmène Miramar fils pour plusieurs tests. Nice, Montpellier, Sion, et même La Gantoise, " pour trois, quatre jours ". Finalement, il atterrit à Monaco, seul club susceptible de payer un appart pour lui et ses parents. Avant, il doit régler quelques détails administratifs, comme choper une licence avec Amora, son premier club au Portugal, pour faciliter le transfert. La combine pique les yeux.

" Tout s'est fait dans les dix dernières minutes du mercato. Quand je suis allé m'entraîner, il restait une heure. À la fin de l'entraînement, mon coach m'a dit que c'était bon. J'avais une de ces pressions... Si la licence ne passait pas, je ne sais pas si mon contrat avec Monaco était valable. " Si sa première saison sur le Rocher est freinée par les blessures, la deuxième lui permet de briller et de soulever la Coupe Gambardella, trophée le plus prestigieux dans les centres de formation français. Leo se fait des potes de ballon, dont la plupart évoluent aujourd'hui au Cercle : Irvin Cardona, Kévin Appin, Yoann Etienne, Guevin Tormin ou encore Nabil Alioui. Autant dire que la concurrence est rude.

Portugal, Italie, Brésil, Monaco, Espagne et Belgique : Leonardo a déjà bien bourlingué., BELGAIMAGE
Portugal, Italie, Brésil, Monaco, Espagne et Belgique : Leonardo a déjà bien bourlingué. © BELGAIMAGE

Surtout quand un certain Kylian Mbappé décide d'éclore. " En attaque, on tournait assez souvent. Ça dépendait des matches. Mais, rapidement, Kylian a mis dix buts en cinq rencontres. Après, il est monté en CFA, la réserve, et il a disparu... " En Gambardella, le trio Cardona - Tormin - Mbappé a quand même les faveurs du coach des U19 monégasques. Alors qu'ils auraient pu s'incliner dès le premier tour chez les amateurs de Rodez, les Principautaires rallient la finale et le Stade de France. Victoire 3-0 sur le RC Lens, ouverture du score de Cardona, doublé de Mbappé. Leo ronge son frein sur le banc, Mbappé parle déjà au micro d' AS Monaco TV comme un communicant chevronné.

Mon père m'a dit que s'il s'investissait autant, ce n'était pas pour que je baisse les bras à dix-huit ans. " Leonardo Miramar Rocha

" Même avec nous, il parlait comme il parle aujourd'hui. Je ne crois pas qu'il force sa nature pour ça ", explique le goleador de Lommel, en se laissant tenter par un jus de pomme industriel. " Par contre, il était au-dessus, mais on ne pouvait quand même pas imaginer qu'il allait faire ce qu'il fait aujourd'hui avec les pros. Il fait déjà partie des grands. "

Le permis payé par Fabinho

Après la joie, les fastes, " la guerre commence ". L'ASM lui propose de passer stagiaire pro, Leo veut le contrat pro, direct. Sauf qu'à ce moment-là, son proche conseiller Marc Roger n'est pas dispo. Il a " des ennuis avec la justice ". " Avec mon père, on parlait avec Monaco. Mais il y avait aussi des clubs de Serie B et d'Angleterre qui me proposaient de passer pro chez eux. Il fallait seulement que j'arrive libre, sans qu'ils aient à payer les indemnités de formation. Monaco ne voulait pas me laisser partir comme ça. "

Puni, il passe six mois au placard, jusqu'en janvier 2017. Au moins, son séjour dans le sud de la France lui permet de passer le permis. En compagnie d'un certain Fabinho, aujourd'hui à Liverpool, avec qui il se rend à l'église baptiste. " Il voulait passer son permis et il m'a demandé de le faire avec lui. Sauf que le permis, en France, c'est super cher. Je n'avais qu'un contrat stagiaire, moi ", se marre Miramar. " Mais Fabinho ne voulait vraiment pas le passer tout seul, donc il me l'a payé. Si je conduis aujourd'hui, c'est grâce à lui. "

En attendant, le temps passe et Leo doit trouver le chemin du succès. Il tente un nouvel essai à Vicenza, en Italie. Un bourbier. " J'y suis allé via un agent italien assez connu. Du coup, c'est sorti dans les journaux, et maintenant, c'est sur mon CV alors que je n'y ai jamais joué. Quand je suis arrivé, le coach ne me connaissait même pas alors qu'ils faisaient beaucoup de belles promesses. Je n'avais pas le temps pour ça, mes parents avaient aussi besoin de trouver quelque chose. On n'avait nulle part où aller. "

Le clan loge provisoirement chez un ami, à Nice, avant de louer un studio. Miramar père et fils s'entraînent ensemble, puis voient le bout du tunnel. L'été suivant, Leo paraphe enfin son premier contrat pro, à Leganés, en Liga. Recruté comme deuxième attaquant, il s'installe deux fois sur le banc, avant de voir des gros calibres débarquer en fin de mercato. Direction l'équipe B, au quatrième échelon, puis Ontinyent, en D3, l'hiver suivant. Histoire de disputer neuf bouts de matches et d'inscrire trois buts, tous synonymes de victoire. Mais le bilan est maigre. Le petit doit enchaîner les minutes.

" J'ai eu une discussion avec mon père. Je lui ai dit qu'il ne fallait plus s'occuper de l'argent mais du jeu. Il fallait que je joue, peu importe où. " À Lommel, par exemple, où il se retrouve par l'intermédiaire de Marcos Pereira, ancien du club, dont le fils Andreas joue à Manchester United. Encore une belle affaire de famille. " Sans mes parents, je n'aurais jamais été pro ", termine Leonardo. " Ils ont pratiquement abandonné leur vie pour moi. Mais je le vois aujourd'hui dans leurs yeux : ils aiment être avec moi. S'ils doivent souffrir, ils souffrent, mais ils sont avec leur fils unique. Ils m'ont tout donné. "

26 matches, 26 titularisations, 2.340 minutes - soit 26 fois 90 minutes, pour 16 banderilles et un titre de meilleur buteur de D1B sur la phase classique. Pour sa véritable " première " saison chez les pros, Leonardo Miramar Rocha explose les compteurs. " Si on m'avait dit que j'allais marquer autant après sept mois, je ne l'aurais peut-être pas cru ", confesse le buteur portugais, du haut de ses 21 printemps et de son mètre 96. " Par contre, je savais que si on me donnait ma chance, j'allais marquer. Ça, j'en ai toujours été persuadé. " Parce que si les chiffres parlent pour lui, ils lui donnent aussi une autre stat, un peu moins reluisante : douze clubs dans sept pays différents, sur deux continents, depuis sa première licence. " On me le dit souvent... Mais les clubs doivent être intelligents. Ils doivent regarder mon CV seulement à partir de Monaco. Avant, je ne faisais que suivre mes parents. " Parce qu'aussi, Leo, ce fils unique qui vit toujours avec ses parents, expatriés à Lommel pour le chouchouter, a déjà connu plusieurs vies. Itinéraire d'un enfant du nouveau millénaire. Un café, posé, dans le centre de Lommel. Le Limbourg, calme et charmant. Près de l'entrée, Leonardo Miramar Rocha sirote un chocolat chaud. Le temps printanier ne réchauffe pas encore assez celui qui parle d'une " histoire d'amour " avec les Vert et Blanc, rejoints l'été dernier et avec qui il a prolongé en novembre jusqu'en 2020. " Lommel, c'est loin de tout ", sourit l'homme, jogging et boucle d'oreille crucifix de rigueur. " Je m'occupe comme je peux, je vais souvent au bowling, aussi à l'église. " Leo semble déjà mûr, adulte depuis un moment. Du moins, apaisé. Lommel lui apporte la confiance qu'il cherchait. Né à Almada, dans la périphérie lisboète, il dégaine ses premiers strikes à Belenenses, puis au Vitoria Setubal, avant que la crise ne frappe le pays de plein fouet. Le paternel, Miramar Rocha, dont il hérite du nom complet, bosse dans le gaz après une carrière pro éphémère au Brésil, sa terre natale. La mère, comptable de formation, ne travaille plus. Pour joindre les deux bouts, le clan Miramar déménage 300 bornes plus haut, à Porto. " J'avais treize ans. J'ai signé à Boavista, mais ça n'a duré que six mois. Mes parents ont décidé de quitter le Portugal. C'était trop dur. " Du coup, ils misent tout sur le gamin. Le père feuillette son répertoire et lui dégote trois essais en Italie : au Chievo Vérone, à Novara et à Pescara. Le dernier est le bon. " J'avais signé un contrat de quatre ans, mais ils ne m'ont pas laissé jouer. Ils ne pouvaient pas. Là-bas, quand tu as moins de seize ans, tes parents doivent travailler en Italie. Ce qui n'était pas le cas. Le club voulait que j'attende deux ans... " Impossible. Le minot observe quand même un trio plutôt clinquant oeuvrer chez les Delfini : Marco Verratti, Lorenzo Insigne et Ciro Immobile. Mais la saudade appelle et la famille préfère rentrer au bled. Leo rejoint Ituano, du côté de Sao Paulo. Les Rouge et Noir veulent le signer pro à ses seize ans, son père refuse. " En fait, ils prennent des joueurs qui ont un passeport européen pour pouvoir les vendre plus rapidement en Europe. Mon père voulait que je reparte en Europe le plus vite possible, mais pas comme ça. " Sauf que le gamin se retrouve dans une nouvelle impasse. Il prend une licence au Barra FC, " chez lui ", dans l'Etat de Santa Catarina. Suffisant pour se faire remarquer. " Mon père n'a jamais arrêté de travailler, il a toujours continué à parler aux agents. C'est lui qui fait le travail hors du terrain, mais il ne m'a jamais mis la pression pour que je réussisse. Il m'a juste dit que s'il s'investissait autant, ce n'était pas pour que je baisse les bras à dix-huit ans. " Message reçu. Cette grande perche, désormais majeure, sait scorer. Un agent basé au Brésil passe le mot à un collègue, le Français Marc Roger. Le début d'une nouvelle aventure. " Marc et moi, on est très proches ", glisse Leo. Roger, agent bien connu de ce côté-ci de l'Atlantique, traîne une réputation sulfureuse. Conseiller star du football hexagonal à la fin des nineties, ancien patron du Servette de Genève, en Suisse, il aligne ensuite coups fumants, arrestations et détentions préventives, entre autres. Un joli CV qui emmène Miramar fils pour plusieurs tests. Nice, Montpellier, Sion, et même La Gantoise, " pour trois, quatre jours ". Finalement, il atterrit à Monaco, seul club susceptible de payer un appart pour lui et ses parents. Avant, il doit régler quelques détails administratifs, comme choper une licence avec Amora, son premier club au Portugal, pour faciliter le transfert. La combine pique les yeux. " Tout s'est fait dans les dix dernières minutes du mercato. Quand je suis allé m'entraîner, il restait une heure. À la fin de l'entraînement, mon coach m'a dit que c'était bon. J'avais une de ces pressions... Si la licence ne passait pas, je ne sais pas si mon contrat avec Monaco était valable. " Si sa première saison sur le Rocher est freinée par les blessures, la deuxième lui permet de briller et de soulever la Coupe Gambardella, trophée le plus prestigieux dans les centres de formation français. Leo se fait des potes de ballon, dont la plupart évoluent aujourd'hui au Cercle : Irvin Cardona, Kévin Appin, Yoann Etienne, Guevin Tormin ou encore Nabil Alioui. Autant dire que la concurrence est rude. Surtout quand un certain Kylian Mbappé décide d'éclore. " En attaque, on tournait assez souvent. Ça dépendait des matches. Mais, rapidement, Kylian a mis dix buts en cinq rencontres. Après, il est monté en CFA, la réserve, et il a disparu... " En Gambardella, le trio Cardona - Tormin - Mbappé a quand même les faveurs du coach des U19 monégasques. Alors qu'ils auraient pu s'incliner dès le premier tour chez les amateurs de Rodez, les Principautaires rallient la finale et le Stade de France. Victoire 3-0 sur le RC Lens, ouverture du score de Cardona, doublé de Mbappé. Leo ronge son frein sur le banc, Mbappé parle déjà au micro d' AS Monaco TV comme un communicant chevronné. " Même avec nous, il parlait comme il parle aujourd'hui. Je ne crois pas qu'il force sa nature pour ça ", explique le goleador de Lommel, en se laissant tenter par un jus de pomme industriel. " Par contre, il était au-dessus, mais on ne pouvait quand même pas imaginer qu'il allait faire ce qu'il fait aujourd'hui avec les pros. Il fait déjà partie des grands. " Après la joie, les fastes, " la guerre commence ". L'ASM lui propose de passer stagiaire pro, Leo veut le contrat pro, direct. Sauf qu'à ce moment-là, son proche conseiller Marc Roger n'est pas dispo. Il a " des ennuis avec la justice ". " Avec mon père, on parlait avec Monaco. Mais il y avait aussi des clubs de Serie B et d'Angleterre qui me proposaient de passer pro chez eux. Il fallait seulement que j'arrive libre, sans qu'ils aient à payer les indemnités de formation. Monaco ne voulait pas me laisser partir comme ça. " Puni, il passe six mois au placard, jusqu'en janvier 2017. Au moins, son séjour dans le sud de la France lui permet de passer le permis. En compagnie d'un certain Fabinho, aujourd'hui à Liverpool, avec qui il se rend à l'église baptiste. " Il voulait passer son permis et il m'a demandé de le faire avec lui. Sauf que le permis, en France, c'est super cher. Je n'avais qu'un contrat stagiaire, moi ", se marre Miramar. " Mais Fabinho ne voulait vraiment pas le passer tout seul, donc il me l'a payé. Si je conduis aujourd'hui, c'est grâce à lui. " En attendant, le temps passe et Leo doit trouver le chemin du succès. Il tente un nouvel essai à Vicenza, en Italie. Un bourbier. " J'y suis allé via un agent italien assez connu. Du coup, c'est sorti dans les journaux, et maintenant, c'est sur mon CV alors que je n'y ai jamais joué. Quand je suis arrivé, le coach ne me connaissait même pas alors qu'ils faisaient beaucoup de belles promesses. Je n'avais pas le temps pour ça, mes parents avaient aussi besoin de trouver quelque chose. On n'avait nulle part où aller. " Le clan loge provisoirement chez un ami, à Nice, avant de louer un studio. Miramar père et fils s'entraînent ensemble, puis voient le bout du tunnel. L'été suivant, Leo paraphe enfin son premier contrat pro, à Leganés, en Liga. Recruté comme deuxième attaquant, il s'installe deux fois sur le banc, avant de voir des gros calibres débarquer en fin de mercato. Direction l'équipe B, au quatrième échelon, puis Ontinyent, en D3, l'hiver suivant. Histoire de disputer neuf bouts de matches et d'inscrire trois buts, tous synonymes de victoire. Mais le bilan est maigre. Le petit doit enchaîner les minutes. " J'ai eu une discussion avec mon père. Je lui ai dit qu'il ne fallait plus s'occuper de l'argent mais du jeu. Il fallait que je joue, peu importe où. " À Lommel, par exemple, où il se retrouve par l'intermédiaire de Marcos Pereira, ancien du club, dont le fils Andreas joue à Manchester United. Encore une belle affaire de famille. " Sans mes parents, je n'aurais jamais été pro ", termine Leonardo. " Ils ont pratiquement abandonné leur vie pour moi. Mais je le vois aujourd'hui dans leurs yeux : ils aiment être avec moi. S'ils doivent souffrir, ils souffrent, mais ils sont avec leur fils unique. Ils m'ont tout donné. "