Le 16 octobre passé, lors de la visite de Sunderland à l'Emirates Stadium, le Hollandais Robin van Persie (28 ans) trompait Simon Mignolet après 29 secondes de jeu à peine. Soit onze de moins que le Brésilien Geovanni lors de Manchester City-Wigan Athletic, en 2007, but le plus rapide depuis la création de la Barclays Premier League. Le goal du Gunner portait, par la même occasion, son total à 23 en 25 matches, nettement devant les Wayne Rooney, Chicharito ou Daniel Sturridge. Le puncheur des Rouge et Blanc devenait Robin Good, allusion au Prince des Voleurs... de buts.
...

Le 16 octobre passé, lors de la visite de Sunderland à l'Emirates Stadium, le Hollandais Robin van Persie (28 ans) trompait Simon Mignolet après 29 secondes de jeu à peine. Soit onze de moins que le Brésilien Geovanni lors de Manchester City-Wigan Athletic, en 2007, but le plus rapide depuis la création de la Barclays Premier League. Le goal du Gunner portait, par la même occasion, son total à 23 en 25 matches, nettement devant les Wayne Rooney, Chicharito ou Daniel Sturridge. Le puncheur des Rouge et Blanc devenait Robin Good, allusion au Prince des Voleurs... de buts. A son arrivée à Highbury en provenance de Feyenoord en 2004, la presse anglaise avait été nettement moins tendre, le qualifiant de Robin Booed (Robin-le-hué). Une référence à ses frasques, tant au cours de son séjour au Kuip de Rotterdam qu'à ses débuts londoniens. Le club néerlandais, soucieux de se débarrasser de lui, avait mis sa tête à prix pour 4,5 millions d'euros à peine, ce qui était donné vu ses 20 ans et ses qualités, révélées pour la première fois au grand public en finale de la Coupe de l'UEFA 2002, remportée 3-2 contre le Borussia Dortmund. Le grand artisan de la victoire avait été le routiné international Pierre van Hooijdonk qui n'avait guère apprécié que son jeune coéquipier lui chicane sa place. Posté à l'extérieur gauche par le coach, Bert Van Marwijk, le petit dernier avait exigé un rôle dans l'axe, au détriment de l'ancien, qu'il estimait plus à l'aise sur l'aile. Ce n'était pas le premier clash entre les deux qui avaient déjà failli en venir aux mains sur une phase arrêtée. Spécialiste des coups francs, van Hooijdonk avait voulu, comme d'habitude, le prendre mais l'autre lui avait brûlé la politesse pour frapper la balle en premier. La cohabitation n'était plus possible. A ses débuts à Londres, van Persie s'était révélé tout aussi insolent. Après avoir montré un aperçu de son talent lors du Community Shield, avec un penalty marqué lors de la finale face à Manchester United (1-1 puis 4-3 pour les Red Devils aux tirs au but), il avait exprimé à Arsène Wenger son étonnement de ne pas avoir la préséance sur le vieuxDennis Bergkamp. En dehors des grounds, il se faisait remarquer aussi. Comme lors d'une plainte pour viol de la part d'une stripteaseuse, toujours en 2004. Ou lorsque, victime d'un tête-à-queue sur la M25, il avait abandonné son véhicule endommagé sur la bande d'arrêt d'urgence avant de poursuivre sa route à pied. De quoi faire les choux gras des tabloïds anglais. Comme avec tant d'autres, le coach français d'Arsenal a su s'y prendre pour dompter son joueur. A tel point que celui-ci a rang de capitaine chez les Gunners aujourd'hui. Le 25 septembre passé, face aux Bolton Wanderers, un doublé du Hollandais (victoire finale 3-0) lui aura permis d'atteindre la barre des 100 buts pour les canonniers londoniens. Une performance que 16 joueurs seulement ont accomplie avant lui. S'il peut espérer dépasser dans ce classement des artificiers comme David Herd (107 buts entre 1954 et 61) ou le légendaire FrankStapleton (108 goals de 1972 à '81), il sera quand même compliqué de faire mieux que Thierry Henry (226 buts sur la période 1999-2007). D'autant qu'à l'instar de Titi, déçu de ne plus avoir remporté le moindre trophée depuis la finale de la Cup 2005 (0-0, 5-4 aux tirs au but face à Manchester United), van Persie songe à ne plus s'éterniser dans le nord de Londres. En 2009, malgré l'intérêt des deux clubs mancuniens, le Néerlandais avait rempilé pour 4 ans, son salaire passant de 60.000 à 100.000 euros par semaine. Mais il se fait tirer l'oreille depuis des mois pour parapher un nouveau contrat, préférant jouer la montre. Alors que la concurrence se renforce partout ailleurs, les Gunners ont perdu Samir Nasri et Cesc Fabregas cet été. Et ce ne sont pas Mikel Arteta et Yossi Benayoun qui feront la différence. S'il ne le dit pas ouvertement, van Persie table sur un bon EURO pour rebondir ailleurs. La Coupe du Monde au Brésil figure aussi parmi ses objectifs. En 2010, il avait été près de décrocher la timbale avec les Pays-Bas, finalistes face à l'Espagne en Afrique du Sud. Et signe de son évolution, en équipe nationale (dirigée par Bert Van Marwijk !), van Persie est prêt à jouer sur le flanc droit puisque c'est Klaas-Jan Huntelaar qui est titularisé en pointe et Arjen Robben à gauche. PAR BRUNO GOVERS En 2009, le Néerlandais avait rempilé pour 4 ans, son salaire passant de 60.000 à 100.000 euros par semaine.