Le Liégeois d'Aberdeen décroche son téléphone avec une voix très fatiguée... Les clubs écossais ne sont pas spécialement réputés pour épargner leurs joueurs et cela s'entend!
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Le Liégeois d'Aberdeen décroche son téléphone avec une voix très fatiguée... Les clubs écossais ne sont pas spécialement réputés pour épargner leurs joueurs et cela s'entend!Roberto Bisconti: Je suis claqué. Les matches se succèdent à une cadence infernale. On joue presque systématiquement deux fois par semaine. En plus, il y a beaucoup de blessés pour le moment dans le noyau et les joueurs valides trinquent. C'est normal car une bonne partie de notre attaque est à l'infirmerie. Résultat: on ne marque pas et on perd pas mal de matches. L'entraîneur est obligé d'aligner beaucoup de jeunes. Et, quand ça ne tourne pas, ce sont les anciens qui en prennent pour leur grade. J'en fais partie: à 29 ans, je suis pour ainsi dire le plus vieux de l'équipe de base.Vous avez pris une belle raclée contre le Celtic, il y a quelques semaines...Oui, 7-0! Une vraie casquette. On s'est fait avoir comme des enfants.Vous n'êtes plus jamais blessé depuis que vous jouez en Ecosse: c'est étonnant!C'est un phénomène que j'explique très facilement. Ici, la mentalité n'est pas la même qu'en Belgique. On sait gérer et respecter les joueurs. Si on souffre d'un petit bobo, on peut se reposer. On n'est pas sans arrêt traqué pour revenir le plus vite possible dans l'équipe. On nous fait confiance. Le club préfère qu'on rate un match plutôt que six ou sept. Le staff sait qu'on ne fait pas de comédie: si on dit que ça ne va pas, on est dispensé de l'entraînement. Mais, le week-end, on est sur la pelouse. Les kinés ont aussi beaucoup de responsabilités: s'ils disent que tel joueur ne peut pas s'entraîner, on les écoute. C'est comme ça que je n'ai raté que cinq matches la saison dernière et que j'ai été élu meilleur joueur d'Aberdeen.Etes-vous aussi heureux en dehors du terrain?Je ne dirais pas ça. La Belgique me manque: ma famille, mes amis. Bref, ma vie. Ici, ce n'est pas évident tous les jours. Je ne me sens pas chez moi. Mais bon, je considère que je suis ici pour le boulot, point final.Visez-vous un retour en Belgique?éa m'étonnerait. Je ne pourrais jamais gagner autant en Belgique qu'en Ecosse. Et, à 29 ans, j'ai évidemment des priorités financières.Serez-vous toujours à Aberdeen la saison prochaine?Je n'en sais rien. J'arrive en fin de contrat et les négociations pour une prolongation n'ont pas encore commencé. J'imagine que les dirigeants voudraient me donner ce qu'ils offrent aux jeunes du noyau, mais je ne suis évidemment pas d'accord. (P. Danvoye)