Son compteur affiche déjà 76 printemps mais Robert Waseige parle toujours avec la lucidité et l'humour d'un joyeux trentenaire. L'ex-sélectionneur fédéral, trois fois Entraîneur de l'Année (1985, 1994 et 1995) profite pleinement de sa pension. " En 2005, j'ai encore aidé le FC Brussels à se maintenir pour faire plaisir à Johan Vermeersch mais mentalement, j'étais épuisé. Trente-quatre ans consécutifs comme entraîneur, ça vous ronge de l'intérieur. Quand ça tourne, c'est facile mais quand on doit sans cesse chercher des solutions, une saison, c'est long. "
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Son compteur affiche déjà 76 printemps mais Robert Waseige parle toujours avec la lucidité et l'humour d'un joyeux trentenaire. L'ex-sélectionneur fédéral, trois fois Entraîneur de l'Année (1985, 1994 et 1995) profite pleinement de sa pension. " En 2005, j'ai encore aidé le FC Brussels à se maintenir pour faire plaisir à Johan Vermeersch mais mentalement, j'étais épuisé. Trente-quatre ans consécutifs comme entraîneur, ça vous ronge de l'intérieur. Quand ça tourne, c'est facile mais quand on doit sans cesse chercher des solutions, une saison, c'est long. " " Pendant les quatre ou cinq premières années qui ont suivi ma retraite, je planifiais mes semaines, afin d'éviter le trou noir. A la seule différence que j'avais les week-ends libres. Aujourd'hui, je ne ressens plus le besoin de faire cela. Je me dis toujours que j'ai des tas de choses à faire mais je finis par conclure que je peux rester couché (il rit). C'est chouette ! " L'ancien coach à succès lit énormément. " Les journaux le matin et des livres l'après-midi. Pas de fiction mais des bouquins traitant de politique, d'économie et de sociologie. Des choses qui m'ont intéressé toute ma vie. " Waseige va encore régulièrement au football, principalement au FC Liège et au Standard, des clubs qui ont marqué sa carrière. D'une part parce qu'il est né à Liège et qu'il y vit toujours, d'autre part parce qu'il a entraîné le FC Liège pendant neuf ans (de 1983 à 1992) et qu'on l'a appelé trois fois au Standard (1976-1979, 1994-1995 et 2002). La première fois, il n'avait que 37 ans. Le parallèle avec Yannick Ferrera est vite fait. " A cet âge-là, on déborde d'enthousiasme ", dit-il. " Il y a cependant une grande différence : j'avais Roger Petit comme patron, une grande personnalité et un homme particulièrement exigeant. Pour moi, il était avec Eddy Wauters et Constant Vanden Stock, un des trois dirigeants les plus emblématiques du football belge. " Quand il retourne à Sclessin, il boit régulièrement un verre avec Léon Semmeling et Wilfried Van Moer. Il rencontre aussi très souvent Moreno Giusto, solide défenseur central du FC Liège pendant 15 ans. " Je vais manger une fois par semaine avec mes fils dans la trattoria qu'il tient au centre de Liège. " Mais le Standard, c'est aussi un des souvenirs les plus pénibles de sa carrière : en 1994-95, les Rouches ont loupé le titre lors de la dernière journée de championnat. Malgré une carrière bien remplie, il n'est jamais passé aussi près. " A deux journées de la fin, nous avons perdu suite à un but de Marc Wilmots injustement annulé ", dit-il. " Lors du dernier match, nous avons battu le Club Bruges mais nous avons terminé avec un point de retard sur Anderlecht. C'est une plaie qui ne se refermera jamais mais rassurez-vous... ça ne m'empêche pas de dormir ", dit-il avec l'humour qu'on lui connaît. En 2002 aussi, c'est un but annulé de Wilmots qui priva la Belgique d'un exploit face au Brésil en huitièmes de finale de la Coupe du monde au Japon et en Corée du Sud. Mais là, il relativise davantage. " Même si ce but avait été accordé, il aurait encore fallu tenir une mi-temps face à cette terrible équipe. Rien ne dit que nous aurions pu battre Ronaldo & Cie. La défaite face à la Turquie lors de la phase des poules de l'Euro 2000 me déçoit bien plus. Là, il y avait moyen de faire mieux. " Malgré des relations difficiles avec la presse (surtout flamande), il qualifie son aventure à la tête de l'équipe nationale (1999-2002) d'exceptionnelle. " En fait, c'est le job le plus facile qui soit ", dit-il. Les meilleurs souvenirs du septuagénaire remontent à ses débuts à Winterslag (1971 à 1976). " Nous sommes montés trois fois en cinq ans pour rejoindre la D1 ", dit-il. " C'étaient des gens chaleureux, authentiques. Toute une région de travailleurs était derrière l'équipe. Quand nous avons été champions en D3, de Zonhoven à Genk, les gens étaient devant leur porte pour voir passer le car des joueurs. Comme si nous avions gagné la Coupe du monde ! Fantastique ! " PAR MATTHIAS STOCKMANS" En fait, le job de sélectionneur fédéral est le plus facile qui soit. " ROBERT WASEIGE