Le football belge a fait preuve d'énergie la semaine passée avec, à la clef, deux matches intéressants d'Anderlecht et de Bruges sur la plus grande scène européenne, celle de la Ligue des Champions. Les Mauves ont secoué le puissant Bayern Munich sur ses terres, méritant au moins un match nul qui aurait été suffisant afin de décrocher un billet pour la suite des événements. Le penalty accordé aux Bavarois par l'arbitre danois Kim Milton Nielsen était certes léger, conséquence d'un geste futile, mais MichalZewlakow n'avait pas à le commettre dans la zone de vérité. Nous avons aimé, par la suite, le cran des Anderlechtois qui ont retrouvé une taille continentale digne de leur histoire.

La veille, Bruges avait oublié ses soucis du moment afin de s'imposer, haut la main, face à un Ajax Amsterdam au jeu en panne de globules rouges. Bruges se retrouve en Coupe de l'UEFA car l'équipe du Celta Vigo a tiré profit des autres obligations internationales de l'AC Milan. Une partie du noyau s'en est allée le lundi à destination de Yokohama (où se déroula la Coupe Intercontinentale, remportée aux tirs au but par les Argentins de Boca Juniors), rejointe après le match contre Vigo par la suite du groupe. C'est surréaliste et il est évident que les Milanais avaient la tête ailleurs et que cela n'aurait pas été le cas si leur qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions avait été en jeu.

En tout état de cause, Anderlecht et Bruges ont bien défendu le prestige du football belge. Si ce fut possible, c'est parce qu'ils s'aiguisent les crocs sur les meules d'une D1 belge qui ne suscite l'ironie que chez nous. Tous les joueurs et techniciens étrangers en soulignent régulièrement les qualités. Mais le Belge est ainsi fait : l'optimisme, connaît pas.

Notre football professionnel est, entre autres, une véritable marre aux canards. Les grands clubs n'offrent guère de satisfactions aux petits (indispensables) et les sans grade s'unissent afin de bloquer les nantis, sans qui rien n'existerait. A la Ligue Pro, cela provoque des réunions cacophoniques, ubuesques, où les puissants claquent la porte, d'autres mâchent leur ranc£ur comme des chiques de tabac. Dans la coulisse, Michel D'Hooghe, président de Bruges, le Grand Gondolier de la Venise du Nord, agirait afin d'obtenir un jour la tête de Jean-Marie Philips, président de la Ligue Pro, qu'il n'apprécierait pas. Le Baron D'Hooghe aimerait-il qu'il cède sa place à Michel Verschueren, pourtant atteint par la limite d'âge ? Ne serait-il pas temps de retrouver raison et de présenter des projets intéressants pour tout le monde, grands et petits ? La D1 le vaut bien.

Loin de ces agitations de coulisses, un homme est entré depuis une éternité dans l'histoire du football belge : Robert Waseige. Lors de la dernière journée du premier tour, 24 heures après la présentation du livre de Pierre Danvoye consacré au Centenaire des Zèbres, ses couleurs seront soumises à rude épreuve au Stade Tondreau de l'AEC Mons. Mais, plus spécial encore, l'entraîneur des Carolos y coachera son 800e match de D1. Un bail. Après avoir joué à Liège, au Racing White et à Winterslag, il entama sa carrière à la tête de ce dernier club en D3. Quel parcours accompli par ce technicien depuis l'exercice 1971-1972 ! De match en match, il a composé des équipes, formé des hommes, transmis le virus du football à de nombreuses générations. Cette longue carrière en fait un coach pas comme les autres avec 800 matches comme splendide sceptre mais aussi, comme le prouve l'entretien qu'il a accordé à Bruno Govers, une personnalité ample, riche, passionnante.

Ses 32 ans de coaching se sont principalement écoulés dans quelques clubs : Winterslag, Standard, Lokeren, Liège, Charleroi. Si on y ajoute l'équipe nationale, sans oublier son passé de joueur de D1, Robert Waseige est un incontournable, une icône du football de chez nous. En Belgique, aucun coach ne s'est jamais exprimé avec une telle beauté de langage à propos du ballon rond. A 64 ans, il a gardé la même verve que lors de ses débuts dans la profession. La rage de vaincre ne hantait-elle pas ses propos après le dernier Charleroi-Standard ? Bon anniversaire, Monsieur Waseige.

par Pierre Bilic

Le Belge est ainsi fait : l'optimisme, connaît pas

Le football belge a fait preuve d'énergie la semaine passée avec, à la clef, deux matches intéressants d'Anderlecht et de Bruges sur la plus grande scène européenne, celle de la Ligue des Champions. Les Mauves ont secoué le puissant Bayern Munich sur ses terres, méritant au moins un match nul qui aurait été suffisant afin de décrocher un billet pour la suite des événements. Le penalty accordé aux Bavarois par l'arbitre danois Kim Milton Nielsen était certes léger, conséquence d'un geste futile, mais MichalZewlakow n'avait pas à le commettre dans la zone de vérité. Nous avons aimé, par la suite, le cran des Anderlechtois qui ont retrouvé une taille continentale digne de leur histoire. La veille, Bruges avait oublié ses soucis du moment afin de s'imposer, haut la main, face à un Ajax Amsterdam au jeu en panne de globules rouges. Bruges se retrouve en Coupe de l'UEFA car l'équipe du Celta Vigo a tiré profit des autres obligations internationales de l'AC Milan. Une partie du noyau s'en est allée le lundi à destination de Yokohama (où se déroula la Coupe Intercontinentale, remportée aux tirs au but par les Argentins de Boca Juniors), rejointe après le match contre Vigo par la suite du groupe. C'est surréaliste et il est évident que les Milanais avaient la tête ailleurs et que cela n'aurait pas été le cas si leur qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions avait été en jeu. En tout état de cause, Anderlecht et Bruges ont bien défendu le prestige du football belge. Si ce fut possible, c'est parce qu'ils s'aiguisent les crocs sur les meules d'une D1 belge qui ne suscite l'ironie que chez nous. Tous les joueurs et techniciens étrangers en soulignent régulièrement les qualités. Mais le Belge est ainsi fait : l'optimisme, connaît pas. Notre football professionnel est, entre autres, une véritable marre aux canards. Les grands clubs n'offrent guère de satisfactions aux petits (indispensables) et les sans grade s'unissent afin de bloquer les nantis, sans qui rien n'existerait. A la Ligue Pro, cela provoque des réunions cacophoniques, ubuesques, où les puissants claquent la porte, d'autres mâchent leur ranc£ur comme des chiques de tabac. Dans la coulisse, Michel D'Hooghe, président de Bruges, le Grand Gondolier de la Venise du Nord, agirait afin d'obtenir un jour la tête de Jean-Marie Philips, président de la Ligue Pro, qu'il n'apprécierait pas. Le Baron D'Hooghe aimerait-il qu'il cède sa place à Michel Verschueren, pourtant atteint par la limite d'âge ? Ne serait-il pas temps de retrouver raison et de présenter des projets intéressants pour tout le monde, grands et petits ? La D1 le vaut bien. Loin de ces agitations de coulisses, un homme est entré depuis une éternité dans l'histoire du football belge : Robert Waseige. Lors de la dernière journée du premier tour, 24 heures après la présentation du livre de Pierre Danvoye consacré au Centenaire des Zèbres, ses couleurs seront soumises à rude épreuve au Stade Tondreau de l'AEC Mons. Mais, plus spécial encore, l'entraîneur des Carolos y coachera son 800e match de D1. Un bail. Après avoir joué à Liège, au Racing White et à Winterslag, il entama sa carrière à la tête de ce dernier club en D3. Quel parcours accompli par ce technicien depuis l'exercice 1971-1972 ! De match en match, il a composé des équipes, formé des hommes, transmis le virus du football à de nombreuses générations. Cette longue carrière en fait un coach pas comme les autres avec 800 matches comme splendide sceptre mais aussi, comme le prouve l'entretien qu'il a accordé à Bruno Govers, une personnalité ample, riche, passionnante. Ses 32 ans de coaching se sont principalement écoulés dans quelques clubs : Winterslag, Standard, Lokeren, Liège, Charleroi. Si on y ajoute l'équipe nationale, sans oublier son passé de joueur de D1, Robert Waseige est un incontournable, une icône du football de chez nous. En Belgique, aucun coach ne s'est jamais exprimé avec une telle beauté de langage à propos du ballon rond. A 64 ans, il a gardé la même verve que lors de ses débuts dans la profession. La rage de vaincre ne hantait-elle pas ses propos après le dernier Charleroi-Standard ? Bon anniversaire, Monsieur Waseige. par Pierre BilicLe Belge est ainsi fait : l'optimisme, connaît pas