" Le décès de Robert Goethals à l'âge de 89 ans est passé assez inaperçu dans les médias et cela m'a surpris, pour ne pas dire plus. L'homme était discret mais il a assumé un rôle non négligeable dans l'histoire du football belge. Il ne portait pas seulement le même nom de famille que Raymond-la-Science avec lequel il n'avait cependant aucun lien de parenté. Robert était un artisan qui fuyait les honneurs. Le vestiaire et le terrain étaient ses royaumes. Quand on le croisait, cet ...

" Le décès de Robert Goethals à l'âge de 89 ans est passé assez inaperçu dans les médias et cela m'a surpris, pour ne pas dire plus. L'homme était discret mais il a assumé un rôle non négligeable dans l'histoire du football belge. Il ne portait pas seulement le même nom de famille que Raymond-la-Science avec lequel il n'avait cependant aucun lien de parenté. Robert était un artisan qui fuyait les honneurs. Le vestiaire et le terrain étaient ses royaumes. Quand on le croisait, cet ancien joueur de Gand, Waregem et Roulers avait toujours un mot gentil. En tant que coach, Robert est arrivé sur le tard en D1 (1978) à 56 ans, après avoir notamment coaché le VG Ostende et Waregem. Et la sauce prit tout de suite à Beveren qui venait de remporter la Coupe de Belgique. Une génération exceptionnelle avait permis à ce club ( le petit Anderlecht disait-on en évoquant son style de jeu) de passer rapidement de la Promotion à la D1. On se moquait parfois de cette équipe dont les joueurs du début des années 1970 arrondissaient leurs fins de mois en bossant comme dockers à Anvers. On oublie aussi que Wilfried Van Moer a été un des joyaux de cette école beverenoise. Tout au long de la saison 1978-1979, on a vu une équipe de Beveren fraîche, surprenante de maturité dans ce qui lui arrivait. Et, à la fin de la course, c'est la formation de Robert Goethals qui fut sacrée championne avec quatre points d'avance sur Anderlecht. Alors que Raymond rêvait encore du premier titre belge de sa carrière, Robert-le-Discret en avait déjà un dans sa poche. Il ne cria pas sa joie sur tous les toits et laissa la vedette à ses joueurs. C'était pourtant un événement considérable. Imaginez le bruit que Lokeren, par exemple, ferait en gagnant le championnat 2011-2112 ! Pourtant, ce triomphe du talent régional était tout sauf un accident. Le titre était une confirmation de la Coupe de Belgique gagnée 2-0 contre Charleroi un an plus tôt. Magnifique mais le plus beau réside peut-être ailleurs et frise l'incroyable. En 1978-1979, Beveren signa un parcours fabuleux en Coupe des Coupes. Après avoir sorti l'Inter en quarts de finale, les dockers furent éliminés en demi-finale par le futur vainqueur : le FC Barcelone. Même s'il suffisait alors de trois qualifications pour arriver en demi-finales, c'était extraordinaire. Plus tard, en 1984, Robert gagna encore la Coupe de Belgique avec Gand contre le Standard (2-0) avant de mettre un terme à sa carrière, de donner des cours à l'école des entraîneurs de l'Union belge, de lancer la Licence pro en 1978, etc. Robert, l'autre Goethals, a bien servi le football belge. "PIERRE BILIC