W comme wallon. D'abord par son accent ! Représentant le plus vivant de l'esprit liégeois, Robert Waseige ne dit pas les choses, il les chante ! Pas un accent caricatural et lourd que d'aucuns ont vainement tenté d'imiter, mais un phrasé musical dont chaque intonation épouse à merveille le rythme de la pensée. Une musicalité qui sied d'ailleurs particulièrement bien au contenu souvent un tantinet persifleur de son discours.
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W comme wallon. D'abord par son accent ! Représentant le plus vivant de l'esprit liégeois, Robert Waseige ne dit pas les choses, il les chante ! Pas un accent caricatural et lourd que d'aucuns ont vainement tenté d'imiter, mais un phrasé musical dont chaque intonation épouse à merveille le rythme de la pensée. Une musicalité qui sied d'ailleurs particulièrement bien au contenu souvent un tantinet persifleur de son discours. Et quand cet accent surfe soudainement sur la langue de Vondel, on se régale. Le flamand aux accents liégeois n'a rien à devoir au flamand brussellisant à la Raymond Goethals.. C'est du belge, voilà tout ! A comme analyse, son point fort, qui ne se limite pas au football. S'il aime disséquer une situation de jeu, Robert adore par dessus tout observer puis analyser les comportements de ses semblables ! Un esprit d'analyse redoutable doté d'une grande capacité d'expression. J'adore le voir se toucher le front du bout du majeur comme s'il se titillait le ciboulot pour mieux trouver le mot qui fera mouche. Le mot qui vous cloue définitivement le bec ! S comme Standard. Il n'aurait sans doute jamais dû y retourner, en tout cas pas dans la foulée d'une Coupe du Monde éreintante et avec une confiance aveugle. Certes il en sortira la tête haute, sans avoir rien à se reprocher, mais meurtri. Lui, le Liégeois, aura été deux fois lâché par les siens ! Rocourt, d'abord, qui restera comme une blessure jamais cicatrisée au point d'éviter systématiquement de passer désormais par la chaussée de Tongres. Son club, son enfance, sa jeunesse bafouée comme une vulgaire marchandise. Et puis un troisième retour à Sclessin... pour ternir quelques solides amitiés. E comme époux de sa chère Aline depuis... heu... peu importe ! Quand on aime, on ne compte pas. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il a dû et pu compter sur elle pour accomplir une si longue carrière. I comme intelligent. Dans la confrérie des entraîneurs sortis du sérail des joueurs de D1, il restera une des exceptions qui confirme la règle : on peut être entraîneur de foot et cultivé. Robert est souvent, et à son corps défendant, passé pour l'intellectuel de la bande. Contrairement à la plupart de ses collègues, son univers mental ne s'arrête pas au quadrilataire de la pelouse du stade ! C'est d'ailleurs cette intelligence et l'esprit critique, qui en decoule, qui lui ont valu quelques sérieuses prises de bec avec une certaine presse. Et d'avouer pourtant qu'il a toujours eu la nostalgie de la profession de journaliste. G comme gagneur. Dépositaire exclusif du mot " gnac " en Belgique, il continue à prôner ce football d'engagement qui lui a permis de faire luiûmême carrière au plus haut niveau : l'esprit de sacrifice au profit de l'équipe, la générosité dans l'effort, le respect de l'autre et la camaraderie. Il fut le prototype du joueur agressif, qui ne renonçait jamais, dur dans les duels et toujours bien placé. E comme entraîneur. Il a débuté en 1971 à Winterslag où s'était achevée sa carrière de joueur. Sous contrat à Charleroi jusqu'en juin 2004, sera-ce là sa dernière étape avant la retraite ? Inutile de harceler Robert sur ce thème en ce moment. Il trouverait sûrement cela agaçant et déplacé. Ce qui est sûr c'est qu'un artiste de son rang ne peut pas rater sa sortie. Même s'il joue dans une mauvaise pièce. En faisant référence à Molière, son fils Thierry, comédien, pourrait désormais lui lancer le célèbre : -Mais que diable allez-vous faire dans cette galère ?. Waseige tient le coup grâce à son humour déstabilisateur, un art qu'il pratique avec une maîtrise consommée. C'est sa manière personnelle d'imposer son autorité et de garder le contrôle sur chaque situation. Robert n'aime pas que les choses et les gens lui échappent. Tantôt caustique, tantôt convivial, il manie un langage à double sens dont il a le secret et qui vous désarçonne. Le temps de reprendre vos esprits, et il vous a déjà dribblé !npar André RemyWaseige est un HUMORISTE DéSTABILISATEUR