" Le football limbourgeois se porte bien et c'est la fête à Genk. Il en allait de même dans les années 60 et un voyage à Waterschei, Beringen, Saint-Trond, Eisden ou, plus tard, à Winterslag, ce n'était jamais de la tarte. A Waterschei et à Beringen, les gars de la capitale étaient attendus par des milliers de mineurs. Certains terminaient leur casse-croûte au stade. Et sur le terrain, les joueurs étaient des gueules noires qui, en semaine, descendaient avec eux dans la fosse. L'identification entre l'équipe et le public était totale. Les mecs allaient ...

" Le football limbourgeois se porte bien et c'est la fête à Genk. Il en allait de même dans les années 60 et un voyage à Waterschei, Beringen, Saint-Trond, Eisden ou, plus tard, à Winterslag, ce n'était jamais de la tarte. A Waterschei et à Beringen, les gars de la capitale étaient attendus par des milliers de mineurs. Certains terminaient leur casse-croûte au stade. Et sur le terrain, les joueurs étaient des gueules noires qui, en semaine, descendaient avec eux dans la fosse. L'identification entre l'équipe et le public était totale. Les mecs allaient tous au charbon. Mais ces forces de la nature savaient aussi s'amuser. Après une victoire, ils se tapaient facilement un bac de bière. Un par joueur ou parfois deux. Léon Ritzen (71 ans) était la vedette de Waterschei, le Jelle Vossen des années 60 au niveau de la popularité. Dans le jeu, il me faisait penser à Victor Wégria, le buteur du FC Liégeois avec quelques zestes de technique en plus. Ritzen plongeait bien entre les lignes, émergeait facilement de la tête et marquait des buts à la pelle. Il a été une des premières grandes stars du football limbourgeois. J'ai joué avec lui en équipe nationale militaire et nous avons même été Diable Rouge ensemble. C'était un sacré blagueur, jamais le dernier à mettre l'ambiance. Il adorait la kermesse. Comme ce jour quand il crasha sa voiture sous un train. Il s'en tira sans une égratignure mais la rumeur répandit la nouvelle que le buteur-vedette de Waterschei était mort. Le lendemain, Ritzen était sur le terrain et planta quatre buts au gardien de l'Olympic de Charleroi ! Le tank limbourgeois joua six fois en équipe nationale de 1960 à 1968 (cinq caps pour Waterschei, une pour le Beerschot/un but), ce qui est relativement peu vu son talent. Il y avait de la concurrence, bien sûr, mais je ne crois pas qu'il a totalement exploité ses atouts. On ne gagnait pas grand-chose à l'époque et il préférait probablement prendre la vie du bon côté. Ritzen a aussi joué deux saisons au Racing White avant de signer pour le même laps de temps au Kiel où il redevint international. Plus tard, il a calmement achevé sa carrière à Diest et à Bilzen. C'était un fils d'entrepreneur. Durant sa carrière de footballeur, il a travaillé dans des compagnies d'assurance. Plus tard, il a dirigé des succursales de l'une ou l'autre grande banque. Aux dernières nouvelles, Ritzen serait retraité, prend régulièrement des vacances en France et joue souvent au golf. A mon avis, il y a des parcours dans le Limbourg où on doit bien s'amuser. "né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)PIERRE BILIC