Les tests médicaux passés par IlombeMboyo lors de son arrivée à Genk avaient révélé de graves lacunes. Petit Pelé manquait notamment singulièrement de force dans les jambes. Le Racing l'avait imputé au mode de travail de Gand, son club précédent, et s'était souvenu qu'à l'époque de gloire du club, sous les ordres d'Aimé Anthuenis, son joueur-vedette, le Guinéen Souleymane Oulare, se livrait rarement à fond à l'entraînement, profitant de son régime de faveur. Du coup, il était allé de blessure en blessure, ce qui avait perturbé la suite de sa carrière. Il y avait donc du pain sur la planche avec Mboyo mais c'était jouable, malgré tout. En d'autres termes, le transfert de PetitPelé constituait un risque calculé. De nombreuses hypothèques pesaient sur le joueur mais Genk croyait pouvoir les lever.
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Les tests médicaux passés par IlombeMboyo lors de son arrivée à Genk avaient révélé de graves lacunes. Petit Pelé manquait notamment singulièrement de force dans les jambes. Le Racing l'avait imputé au mode de travail de Gand, son club précédent, et s'était souvenu qu'à l'époque de gloire du club, sous les ordres d'Aimé Anthuenis, son joueur-vedette, le Guinéen Souleymane Oulare, se livrait rarement à fond à l'entraînement, profitant de son régime de faveur. Du coup, il était allé de blessure en blessure, ce qui avait perturbé la suite de sa carrière. Il y avait donc du pain sur la planche avec Mboyo mais c'était jouable, malgré tout. En d'autres termes, le transfert de PetitPelé constituait un risque calculé. De nombreuses hypothèques pesaient sur le joueur mais Genk croyait pouvoir les lever. Il n'en a rien été. Les débuts du joueur ont été pénibles et une blessure, rapide, l'a plongé dans le doute. Après coup, des déclarations malheureuses, de part et d'autre, l'ont précipité dans une spirale négative. Une anecdote de l'époque : après un match, trois joueurs en costume du club avaient commandé quatre pizzas. La quatrième était pour Mboyo, resté dans la voiture : il n'osait pas s'afficher en public. Ce n'est qu'en février 2014 que Gunter Jacob a ouvertement reconnu, dans une interview accordée au quotidien Het Laatste Nieuws, que le transfert de Mboyo avait d'emblée comporté un risque. " Les tests médicaux ont en effet révélé que si le rythme des matches et des entraînements était plus élevé, il risquait une blessure. Nous avons accepté cette donne ", a déclaré l'ancien directeur sportif. Dans la même interview, Dirk Degraen, alors directeur général, disait : " Soyons clairs : nos tests durent deux jours et sont très approfondis. Peu de joueurs obtiennent un 100 %. " Ces déclarations ont de quoi soulever des questions sur l'énorme indemnité - entre 4 et 4,5 millions - versée par Genk à Gand. Il n'y avait pas que les limites physiques de Mboyo qui posaient problème. Genk s'était-il penché sur sa mentalité ? Degraen avait un jour déclaré : " Avant de signer, un joueur doit passer chez notre coach mental, Stijn Quanten. Nous possédons donc un profil psychologique de nos joueurs. " Ce screening avait-il été suffisant ? Bien avant que Dimitri De Condé, nouvel homme fort, ne serre la vis avec lui, le club se demandait déjà comment son coûteux transfert avait bien pu passer à travers les mailles de l'examen psychologique. En deux saisons dans le Limbourg, Mboyo n'a pas été titularisé la moitié des matches. Il a connu sa meilleure période pendant les PO1 de la saison passée : il est entré en action dans les dix duels, cinq fois d'affilée comme titulaire, ce qui ne lui est arrivé qu'une seule fois durant ces deux ans. Il a obtenu sa meilleure productivité avant la trêve hivernale cette saison. S'il avait tenu cette moyenne, il serait dans le peloton de tête au classement des buteurs. Malgré quatre mois et demi sans une seule petite minute de jeu, il est le Genkois le plus efficace devant le but. Alex McLeish a souvent dû opérer ce constat face à l'impuissance répétée de son équipe. Le Racing a renvoyé Mboyo dans le noyau B, suite à sa sortie avec des Anderlechtois le soir d'une défaite face à ce même Sporting. McLeish n'a pas hésité à le réintégrér à peine sa mystérieuse blessure à la cheville guérie. Il se la serait occasionnée en déblayant la neige peu avant le Nouvel-An. Du moins, c'est ce que l'on dit. Mboyo a rejoué pour la première fois le 13 avril dernier, avec les espoirs de Genk. Une première depuis le 21 décembre 2014. Pendant une heure, tout s'est bien passé. Il était déjà question de le réintégrer au noyau A mais McLeish a préféré ne prendre aucun risque. D'après lui, l'avant manquait " encore un peu de condition et de puissance. " Une semaine plus tard, il a donc joué contre les espoirs du Standard, à ces fins. Il est sorti à la demi-heure. " Irritation du tibia ", selon le diagnostic, suite à " la hausse de l'intensité de son schéma d'entraînement. " Ce fut le dernier signe de vie de Mboyo. Nous avons demandé des éclaircissements à Genk mais, après concertation, le club a décidé de ne pas en fournir. Dans la foulée, il a été expressément interdit à tout le monde, à la Cristal Arena, de dire un mot à propos de Mboyo. Sur base des normes et valeurs dictées par Dimitri De Condé lors de sa nomination au poste de directeur technique, Mboyo ne semble pas avoir d'avenir au Racing. Il vient d'avoir 28 ans, il coûte environ un million par an à son club et y est encore lié deux saisons. Ces deux dernières années, il n'a pas haussé le niveau de Genk. Il semble avoir peu de chances d'y parvenir, d'une part à cause du fait qu'il s'entraîne et joue peu depuis deux ans, de l'autre à cause de son âge. Il semble donc y avoir de fortes chances pour que Genk tente de s'en débarrasser, à la valeur qu'il possède encore. Pour le moment, des négociations sont en cours avec un club anglais. La presse évoque également un échange avec Igor De Camargo. PAR JAN HAUSPIE