A Moscou, l'étoile de Dick Advocaat a déjà sérieusement pâli alors qu'il n'a pas encore véritablement entamé sa mission : qualifier la Russie pour la prochaine phase finale de l'Euro 2012. Il estimait que les conditions de son départ de la Belgique seraient considérées par la presse russe comme un événement anecdotique vite oublié. Mais ce n'est pas le cas. Les journalistes reviennent constamment sur sa façon d'agir et sur les conflits qu'il a eus à gauche et à droite. Une grande partie des médias se méfient de lui et expriment leurs doutes sur sa vision du foot...

A Moscou, l'étoile de Dick Advocaat a déjà sérieusement pâli alors qu'il n'a pas encore véritablement entamé sa mission : qualifier la Russie pour la prochaine phase finale de l'Euro 2012. Il estimait que les conditions de son départ de la Belgique seraient considérées par la presse russe comme un événement anecdotique vite oublié. Mais ce n'est pas le cas. Les journalistes reviennent constamment sur sa façon d'agir et sur les conflits qu'il a eus à gauche et à droite. Une grande partie des médias se méfient de lui et expriment leurs doutes sur sa vision du football. Les visiteurs du site internet de Sport Express basculent petit à petit dans le camp anti-Advocaat : 48,9 % sont contre sa présence à son poste, 41,8 % croient encore en lui mais ce dernier pourcentage ne cesse de diminuer. La presse est revenue en long et en large sur le " Code d'Honneur " instauré par la fédération russe avant qu'elle ne recrute Advocaat. Le but de cette charte est de rendre dignité, éthique et crédibilité au football russe dont l'image de marque a souvent été écornée ces dernières années. C'est le président de la fédération russe, Sergei Fursenko, qui a pondu ce document. Fursenko est l'ami d'Advovaat dont il fit le président au Zenit Saint-Pétersbourg. Les journalistes de Sovietski Sport n'ont pas manqué de lui tendre ce bout de papier sous le nez. Car, peut-on être l'auteur de cette envolée et être à mille lieues de considérations éthiques en " piquant " un coach sous contrat ailleurs ? Fursenko a eu du mal à s'expliquer tout en soulignant que ce problème concernait Advocaat et la Belgique. La fédération russe ne payera pas la rupture de contrat (Advocaat propose 250.000 euros, l'Union belge exige quatre fois plus.). Des personnages en vue ont ouvertement critiqué le Hollandais. C'est le cas de Veceslav Koloskov (ex-président de la fédération, vice-président de la FIFA) qui a affirmé : " Engager Advocaat dans de telles conditions était une énorme erreur. Je ne lui serrerai plus jamais la main. " Le vent de la contestation vient aussi des joueurs et des entraîneurs russes. Tous soulignent que le mode de fonctionnement du T1 néerlandais est catastrophique. Sport Express a lancé une rubrique qui rencontre un vif succès : " Si j'étais Advocaat ?" Valeri Gassaev, une sommité dans la corporation des entraîneurs russes l'a taillé en pièces en soulignant qu'un T1 russe aurait dû succéder à Guus Hiddink : " Je le connais, je le respecte mais il fallait quelqu'un d'autre à cette place. " Si Advocaat décevait sur la route de l'Euro 2012, rien ne lui sera pardonné en Russie. Vladimir Radimov, qui fut son capitaine à Saint-Pétersbourg, n'y va pas par quatre chemins non plus. Les médias étudieront les résultats et le style de jeu à la loupe. Ils ne lâcheront plus Advocaat d'une semelle.l par pierre bilicEngager Advocaat dans de telles conditions était une énorme erreur. Je ne lui serrerai plus jamais la main.