Les belles histoires tiennent souvent à très peu de choses. Une frappe venue d'ailleurs, un coup d'éclat individuel ou à un changement décisif. À Ostende, le 11 mars dernier, Mehdi Carcela a permis à tout un club de vivre une fin de championnat chantante et heureuse, tout en replaçant, enfin, le Standard sur la carte du football belge. Cette montée au jeu a tout changé. Vraiment tout. En 45 minutes, le staff, les joueurs, la direction et les supporters sont passés de la sinistrose à la joie et l'allégresse. Du purgatoire des play-offs 2 aux affiches et médiatiques play-offs 1. Et pourtant, la direction liégeoise est tombé de sa chaise sur laquelle elle pensait être confortement assise quand elle a reçu la feuille de match de cette rencontre capitale. Pas de Carcela au coup d'envoi alors que l'international marocain avait réalisé un come-back en trombe depuis son retour en cité ardente, début février. Quelques heures plus tôt, Ricardo Sa Pinto avait expliqué à son joueur qu'il débuterait sur le banc. Dans le camp Carcela, cette décision est très mal vécue. Elle intervient au pire moment. La perspective d'une non-participation à la prochaine Coupe du Monde augmenterait fortement en cas de non-qualification pour les PO1.

Sa Pinto parle sans arrêt de respect mais en a-t-il seulement pour les différents employés de club?

Mi-temps (2-0). Les mines sont basses, l'inquiétude se lit sur tous les visages. Junior Edmilson pousse une gueulante, la tension monte de plusieurs crans. Mehdi Carcela prend alors les choses en main. Il adresse un message clair à l'entraîneur adjoint, Rui Mota : " Dis au coach que je monte au jeu maintenant. " Sa Pinto s'exécute. 45 minutes plus tard, tout le Standard fait la fête à la Versluys Arena. Et celle-ci n'est pas prête de s'arrêter.

La Coupe et MPH

Une semaine plus tard, le Standard remporte sa deuxième Coupe de Belgique en trois ans. Dans un match glacial en tribune et sur le terrain, les Rouches sortent vainqueurs (1-0) : Renaud Emond passe par là sur un service d'un Mehdi Carcela à nouveau décisif. Une heure plus tard, le coach portugais est arrosé de champagne par ses joueurs lors d'une conférence de presse hilarante, qui en dit long sur l'ambiance qui règne depuis plusieurs semaines dans le vestiaire liégeois. " Je veux créer une famille ", répète à tue-tête Ricardo Sa Pinto. Ce happening rouge et blanc devant des médias surpris et amusés en est la meilleure preuve.

Nous sommes alors le 17 mars et Sa Pinto a déjà rempli tous ses objectifs. Une qualification pour les play-offs 1 avec en prime une qualification européenne qui prolonge contractuellement d'une saison le coach portugais en bord de Meuse. Seulement au Standard, bien plus qu'ailleurs, la joie, puis le calme du lendemain, font rapidement place à la tempête. Celle-ci intervient le 19 mars quand les journaux du groupe Sud Presse annoncent l'arrivée en fin de saison de Michel Preud'homme aux commandes de Sclessin. Le soir-même, Olivier Renard est invité de " La Tribune " sur la RTBF et de " Extra-Time " sur la VRT. Le directeur sportif ne se débine pas et ne nie pas la rumeur Preud'homme, mais explique qu'elle tombe au pire moment. Mais quelle aurait été la nature des dégâts si l'arrivée de Preud'homme avait filtré quelques jours avant la rencontre d'Ostende ? Car les contacts ne datent pas d'hier. La clause insérée dans le transfert d' Alexander Scholz (la direction du Standard avait négocié avec son homologue brugeoise un rabais de 500.000 euros sur l'indemnité à verser en cas de retour de Preud'homme) est bien la preuve indéniable que le Standard s'intéresse à MPH depuis un petit temps déjà. D'autres entraîneurs avaient également été sondés à la fin du mois d'octobre alors que beaucoup d'observateurs voyaient le Standard se planter une troisième fois de suite dans sa course aux play-offs 1. Mais malgré un entourage de plus en plus oppressant qui ne comprenait pas comment un coach avec de tels résultats et de tels coups de sang pouvait être maintenu à la tête du Standard, le duo Bruno Venanzi-Olivier Renard n'a jamais lâché Sa Pinto alors que de nombreuses personnes à l'intérieur du club tentaient de le déstabiliser.

Ricardo Sa Pinto et Mehdi Carcela, l'homme qui a permis aux Liégeois d'atteindre les PO1 et d'y briller., BELGAIMAGE
Ricardo Sa Pinto et Mehdi Carcela, l'homme qui a permis aux Liégeois d'atteindre les PO1 et d'y briller. © BELGAIMAGE

Sa Pinto et le manque de respect

Le 23 janvier dernier, on pensait que Sa Pinto avait signé son arrêt de mort quand le coach des Rouches était monté sur la pelouse de Zulte Waregem pour tancer l'arbitre Lawrence Visser après la défaite face aux hommes de Francky Dury. La direction était unanimement furieuse d'un tel comportement mais elle a tenu bon d'autant que le groupe des joueurs avaient, cette fois, " compris " ce pétage de plomb.

Étonnement, le Ricardo Sa Pinto à succès de 2018, a bien plus irrité la direction liégeoise, représentée par Bruno Venanzi, que celui qui encaissait les coups-durs. Le président et son coach communiquent peu. " Sa Pinto parle sans arrêt de respect mais en a-t-il seulement pour les différents employés de club ? ", nous glisse-t-on dans les couloirs de Sclessin.

La relation totalement inexistante depuis le jour 1 ou presque entre le team manager Benjamin Nicaise et Sa Pinto est même surréaliste. Pas même un bonjour sur fond d'hypocrisie n'est échangé entre deux personnalités qui ont souvent été critiquées à l'intérieur du groupe des joueurs.

Vendredi 30 mars, le Standard accueille Charleroi lors la première journée des play-Offs 1. Sur un exploit de Junior Edmilson en fin de rencontre, le Standard l'emporte face à son rival wallon. Mais le spectacle a lieu en conférence de presse. Sans prévenir personne au sein du club, Sa Pinto se lance dans une charge envers les médias. " Depuis presque 10 mois, chaque jour, vous, les médias, vous me tuez. Bien sûr, il y a eu parfois quelques petites choses positives mais chaque semaine, vous essayez de me tuer. " Et il explique qu'il ne parlera plus à la presse d'ici la fin de la saison. Sa Pinto en profite aussi pour se lancer des fleurs : " Quand je suis arrivé, le club était dans une situation très difficile, sans direction claire et précise. Avec mon staff, mes joueurs et tous ceux qui travaillent avec moi au quotidien, j'ai reconstruit une équipe mais aussi beaucoup d'autres choses ". De bonne guerre après avoir été longtemps matraqué par les médias ? Peut-être même s'il semble oublier qu'il a été soutenu par ses supérieurs alors qu'il semblait au plus bas. Ce discours cinglant passe mal d'autant qu'il est totalement improvisé.

Le citron semblait pressé depuis un petit temps même si les discours de façade et surtout les résultats nous ont fait croire longtemps le contraire.

Sa Pinto se montre gourmand

Alors que les résultats devraient donner la banane à tout un club, la tension est palpable à Sclessin. Si Sa Pinto refuse de se présenter lors des obligations médiatiques imposées par la Ligue Pro, le club sera alors sanctionné financièrement. Et ceci est totalement inconcevable aux yeux des décideurs du Sclessin. Le club pourrait même invoquer la faute grave si Sa Pinto ne changeait pas son fusil d'épaule.

Le 7 avril, à Genk, où le Standard se prend les pieds dans le tapis (défaite 1-0) en affichant pour la première fois depuis longtemps de la suffisance, Sa Pinto s'exécute et se présente devant les différents médias au travers d'un discours quelque peu laconique.

Les relations, elles, se réchauffent quelque peu entre le coach et ses supérieurs. Dans une interview accordée à notre magazine le vendredi 13 avril, Olivier Renard sort du bois : " Toutes ces histoires de contrat déjà signés c'est de la foutaise. Aujourd'hui, on négocie la situation de Sa Pinto. "

Mais les négociations sont compliquées entre Venanzi et son coach. Sa Pinto explique à son président qu'il aimerait s'inscrire dans la durée au Standard mais se montre très gourmand au niveau salarial et se verrait même bien manager à l'anglaise. Si son concurrent MPH est présenté par plusieurs sources dans un tel rôle (ce qui n'a jamais été envisagé par la direction liégeoise) pourquoi pas moi se dit-il ?

De l'autre côté, MPH patiente. Alors que le Standard continue à aligner les bons résultats en play-offs, il sort à son tour du bois dans différents quotidiens. " Il y a plusieurs mois, le président Bruno Venanzi m'a contacté pour voir si je pouvais être intéressé par un retour éventuel au Standard. C'était dans une période où le club n'était pas dans une position favorable. Lors de nos discussions, je lui ai répondu que c'était une possibilité que je pouvais garder ouverte mais seulement à partir de la saison prochaine. J'ai plusieurs propositions de l'étranger mais le Standard est évidemment plus qu'une option si le club décide de revenir vers moi. "

Les joueurs, eux, se posent alors de nombreuses questions quant au nom du coach pour la saison 2018-2019, même si certains ont le sentiment depuis plusieurs semaines que Sa Pinto ne va plus faire long feu en Cité Ardente.

Des clashs inutiles

L'arrivée de Preud'homme doit également permettre de garder au bercail certains joueurs clefs comme Carcela dont le futur pour la prochaine saison est acté à Sclessin -même si l'arrivée d'un nouveau propriétaire à Grenade complique quelque peu la donne- ou Junior Edmilson. Le Belgo-Brésilien, qui est étincelant depuis plusieurs semaines, arrive en fin de contrat en juin 2019. La volonté du club et de MPH est de garder Edmilson une saison supplémentaire. D'ailleurs, le club ne balaie pas l'éventualité de voir son joueur partir gratuitement un an plus tard si ce dernier refusait une prolongation de contrat. La direction sportive est déjà tournée vers l'avenir, un avenir même lointain puisque une des ambitions est d'attirer plusieurs joueurs belges en vue de les préparer pour la saison 2019-2020. On pense à Samuël Bastien mais aussi à d'autres jeunes internationaux U21.

Si le Standard s'est gardé de toutes sorties médiatique hasardeuses, cela s'explique par la nouvelle politique de communication qui contraste sérieusement avec les sorties loupées, voire cultes, de Bruno Venanzi lors de sa première saison à la tête du Standard. Le jeune président des Rouches se fait discret désormais hormis lors de cette danse en tribune en compagnie d' Alexandre Gorsjean, Olivier Renard et Pierre Locht. Ricardo Sa Pinto n'est lui jamais invité au bal. Sa sortie médiatique, elle aussi culte, de 25 minutes pour clasher Hein Vanhaezebrouck a aggravé encore un peu plus son cas. Si la direction trouvait inadmissible les propos tenus par le coach d'Anderlecht, et l'a d'ailleurs fait savoir au travers d'un communiqué, le coach portugais a une nouvelle fois décidé de régler ses comptes sans en avertir personne. Et pourtant, cette fois tout était bien préparé. " Vous vous imaginez qu'il continue à sortir ses lunettes et son papier à chaque fois qu'il veut régler ses comptes ? C'est intenable ", dit-on en coulisses.

Ricardo Sa Pinto aura, toutefois, pu compter sur le soutien des cadres du vestiaire et même si ceux-ci se retrouvaient régulièrement sur le banc voire en tribune. " Le travail en revient à Sa Pinto mais il y a plusieurs autres coaches ", rappelait d'ailleurs Renard. Ces autres coaches ou cadres ont réussi à maintenir le bateau à flot quand celui-ci tanguait sérieusement. Pas sûr qu'ils auraient continué à faire ce même job une saison supplémentaire sous la gouverne du coach portugais. Le citron semblait pressé depuis un petit temps même si les discours de façade et surtout les résultats nous ont fait croire longtemps le contraire.

L'histoire entre Sa Pinto et le Standard s'est donc arrêtée à Charleroi. Sans surprise puisque le ciel était orageux depuis un moment. Sauf que dans tout divorce, l'une des deux parties se sent souvent lésée et réplique. L'histoire n'est donc pas totalement finie.

Les belles histoires tiennent souvent à très peu de choses. Une frappe venue d'ailleurs, un coup d'éclat individuel ou à un changement décisif. À Ostende, le 11 mars dernier, Mehdi Carcela a permis à tout un club de vivre une fin de championnat chantante et heureuse, tout en replaçant, enfin, le Standard sur la carte du football belge. Cette montée au jeu a tout changé. Vraiment tout. En 45 minutes, le staff, les joueurs, la direction et les supporters sont passés de la sinistrose à la joie et l'allégresse. Du purgatoire des play-offs 2 aux affiches et médiatiques play-offs 1. Et pourtant, la direction liégeoise est tombé de sa chaise sur laquelle elle pensait être confortement assise quand elle a reçu la feuille de match de cette rencontre capitale. Pas de Carcela au coup d'envoi alors que l'international marocain avait réalisé un come-back en trombe depuis son retour en cité ardente, début février. Quelques heures plus tôt, Ricardo Sa Pinto avait expliqué à son joueur qu'il débuterait sur le banc. Dans le camp Carcela, cette décision est très mal vécue. Elle intervient au pire moment. La perspective d'une non-participation à la prochaine Coupe du Monde augmenterait fortement en cas de non-qualification pour les PO1. Mi-temps (2-0). Les mines sont basses, l'inquiétude se lit sur tous les visages. Junior Edmilson pousse une gueulante, la tension monte de plusieurs crans. Mehdi Carcela prend alors les choses en main. Il adresse un message clair à l'entraîneur adjoint, Rui Mota : " Dis au coach que je monte au jeu maintenant. " Sa Pinto s'exécute. 45 minutes plus tard, tout le Standard fait la fête à la Versluys Arena. Et celle-ci n'est pas prête de s'arrêter. Une semaine plus tard, le Standard remporte sa deuxième Coupe de Belgique en trois ans. Dans un match glacial en tribune et sur le terrain, les Rouches sortent vainqueurs (1-0) : Renaud Emond passe par là sur un service d'un Mehdi Carcela à nouveau décisif. Une heure plus tard, le coach portugais est arrosé de champagne par ses joueurs lors d'une conférence de presse hilarante, qui en dit long sur l'ambiance qui règne depuis plusieurs semaines dans le vestiaire liégeois. " Je veux créer une famille ", répète à tue-tête Ricardo Sa Pinto. Ce happening rouge et blanc devant des médias surpris et amusés en est la meilleure preuve. Nous sommes alors le 17 mars et Sa Pinto a déjà rempli tous ses objectifs. Une qualification pour les play-offs 1 avec en prime une qualification européenne qui prolonge contractuellement d'une saison le coach portugais en bord de Meuse. Seulement au Standard, bien plus qu'ailleurs, la joie, puis le calme du lendemain, font rapidement place à la tempête. Celle-ci intervient le 19 mars quand les journaux du groupe Sud Presse annoncent l'arrivée en fin de saison de Michel Preud'homme aux commandes de Sclessin. Le soir-même, Olivier Renard est invité de " La Tribune " sur la RTBF et de " Extra-Time " sur la VRT. Le directeur sportif ne se débine pas et ne nie pas la rumeur Preud'homme, mais explique qu'elle tombe au pire moment. Mais quelle aurait été la nature des dégâts si l'arrivée de Preud'homme avait filtré quelques jours avant la rencontre d'Ostende ? Car les contacts ne datent pas d'hier. La clause insérée dans le transfert d' Alexander Scholz (la direction du Standard avait négocié avec son homologue brugeoise un rabais de 500.000 euros sur l'indemnité à verser en cas de retour de Preud'homme) est bien la preuve indéniable que le Standard s'intéresse à MPH depuis un petit temps déjà. D'autres entraîneurs avaient également été sondés à la fin du mois d'octobre alors que beaucoup d'observateurs voyaient le Standard se planter une troisième fois de suite dans sa course aux play-offs 1. Mais malgré un entourage de plus en plus oppressant qui ne comprenait pas comment un coach avec de tels résultats et de tels coups de sang pouvait être maintenu à la tête du Standard, le duo Bruno Venanzi-Olivier Renard n'a jamais lâché Sa Pinto alors que de nombreuses personnes à l'intérieur du club tentaient de le déstabiliser. Le 23 janvier dernier, on pensait que Sa Pinto avait signé son arrêt de mort quand le coach des Rouches était monté sur la pelouse de Zulte Waregem pour tancer l'arbitre Lawrence Visser après la défaite face aux hommes de Francky Dury. La direction était unanimement furieuse d'un tel comportement mais elle a tenu bon d'autant que le groupe des joueurs avaient, cette fois, " compris " ce pétage de plomb. Étonnement, le Ricardo Sa Pinto à succès de 2018, a bien plus irrité la direction liégeoise, représentée par Bruno Venanzi, que celui qui encaissait les coups-durs. Le président et son coach communiquent peu. " Sa Pinto parle sans arrêt de respect mais en a-t-il seulement pour les différents employés de club ? ", nous glisse-t-on dans les couloirs de Sclessin. La relation totalement inexistante depuis le jour 1 ou presque entre le team manager Benjamin Nicaise et Sa Pinto est même surréaliste. Pas même un bonjour sur fond d'hypocrisie n'est échangé entre deux personnalités qui ont souvent été critiquées à l'intérieur du groupe des joueurs. Vendredi 30 mars, le Standard accueille Charleroi lors la première journée des play-Offs 1. Sur un exploit de Junior Edmilson en fin de rencontre, le Standard l'emporte face à son rival wallon. Mais le spectacle a lieu en conférence de presse. Sans prévenir personne au sein du club, Sa Pinto se lance dans une charge envers les médias. " Depuis presque 10 mois, chaque jour, vous, les médias, vous me tuez. Bien sûr, il y a eu parfois quelques petites choses positives mais chaque semaine, vous essayez de me tuer. " Et il explique qu'il ne parlera plus à la presse d'ici la fin de la saison. Sa Pinto en profite aussi pour se lancer des fleurs : " Quand je suis arrivé, le club était dans une situation très difficile, sans direction claire et précise. Avec mon staff, mes joueurs et tous ceux qui travaillent avec moi au quotidien, j'ai reconstruit une équipe mais aussi beaucoup d'autres choses ". De bonne guerre après avoir été longtemps matraqué par les médias ? Peut-être même s'il semble oublier qu'il a été soutenu par ses supérieurs alors qu'il semblait au plus bas. Ce discours cinglant passe mal d'autant qu'il est totalement improvisé. Alors que les résultats devraient donner la banane à tout un club, la tension est palpable à Sclessin. Si Sa Pinto refuse de se présenter lors des obligations médiatiques imposées par la Ligue Pro, le club sera alors sanctionné financièrement. Et ceci est totalement inconcevable aux yeux des décideurs du Sclessin. Le club pourrait même invoquer la faute grave si Sa Pinto ne changeait pas son fusil d'épaule. Le 7 avril, à Genk, où le Standard se prend les pieds dans le tapis (défaite 1-0) en affichant pour la première fois depuis longtemps de la suffisance, Sa Pinto s'exécute et se présente devant les différents médias au travers d'un discours quelque peu laconique. Les relations, elles, se réchauffent quelque peu entre le coach et ses supérieurs. Dans une interview accordée à notre magazine le vendredi 13 avril, Olivier Renard sort du bois : " Toutes ces histoires de contrat déjà signés c'est de la foutaise. Aujourd'hui, on négocie la situation de Sa Pinto. " Mais les négociations sont compliquées entre Venanzi et son coach. Sa Pinto explique à son président qu'il aimerait s'inscrire dans la durée au Standard mais se montre très gourmand au niveau salarial et se verrait même bien manager à l'anglaise. Si son concurrent MPH est présenté par plusieurs sources dans un tel rôle (ce qui n'a jamais été envisagé par la direction liégeoise) pourquoi pas moi se dit-il ? De l'autre côté, MPH patiente. Alors que le Standard continue à aligner les bons résultats en play-offs, il sort à son tour du bois dans différents quotidiens. " Il y a plusieurs mois, le président Bruno Venanzi m'a contacté pour voir si je pouvais être intéressé par un retour éventuel au Standard. C'était dans une période où le club n'était pas dans une position favorable. Lors de nos discussions, je lui ai répondu que c'était une possibilité que je pouvais garder ouverte mais seulement à partir de la saison prochaine. J'ai plusieurs propositions de l'étranger mais le Standard est évidemment plus qu'une option si le club décide de revenir vers moi. " Les joueurs, eux, se posent alors de nombreuses questions quant au nom du coach pour la saison 2018-2019, même si certains ont le sentiment depuis plusieurs semaines que Sa Pinto ne va plus faire long feu en Cité Ardente. L'arrivée de Preud'homme doit également permettre de garder au bercail certains joueurs clefs comme Carcela dont le futur pour la prochaine saison est acté à Sclessin -même si l'arrivée d'un nouveau propriétaire à Grenade complique quelque peu la donne- ou Junior Edmilson. Le Belgo-Brésilien, qui est étincelant depuis plusieurs semaines, arrive en fin de contrat en juin 2019. La volonté du club et de MPH est de garder Edmilson une saison supplémentaire. D'ailleurs, le club ne balaie pas l'éventualité de voir son joueur partir gratuitement un an plus tard si ce dernier refusait une prolongation de contrat. La direction sportive est déjà tournée vers l'avenir, un avenir même lointain puisque une des ambitions est d'attirer plusieurs joueurs belges en vue de les préparer pour la saison 2019-2020. On pense à Samuël Bastien mais aussi à d'autres jeunes internationaux U21. Si le Standard s'est gardé de toutes sorties médiatique hasardeuses, cela s'explique par la nouvelle politique de communication qui contraste sérieusement avec les sorties loupées, voire cultes, de Bruno Venanzi lors de sa première saison à la tête du Standard. Le jeune président des Rouches se fait discret désormais hormis lors de cette danse en tribune en compagnie d' Alexandre Gorsjean, Olivier Renard et Pierre Locht. Ricardo Sa Pinto n'est lui jamais invité au bal. Sa sortie médiatique, elle aussi culte, de 25 minutes pour clasher Hein Vanhaezebrouck a aggravé encore un peu plus son cas. Si la direction trouvait inadmissible les propos tenus par le coach d'Anderlecht, et l'a d'ailleurs fait savoir au travers d'un communiqué, le coach portugais a une nouvelle fois décidé de régler ses comptes sans en avertir personne. Et pourtant, cette fois tout était bien préparé. " Vous vous imaginez qu'il continue à sortir ses lunettes et son papier à chaque fois qu'il veut régler ses comptes ? C'est intenable ", dit-on en coulisses. Ricardo Sa Pinto aura, toutefois, pu compter sur le soutien des cadres du vestiaire et même si ceux-ci se retrouvaient régulièrement sur le banc voire en tribune. " Le travail en revient à Sa Pinto mais il y a plusieurs autres coaches ", rappelait d'ailleurs Renard. Ces autres coaches ou cadres ont réussi à maintenir le bateau à flot quand celui-ci tanguait sérieusement. Pas sûr qu'ils auraient continué à faire ce même job une saison supplémentaire sous la gouverne du coach portugais. Le citron semblait pressé depuis un petit temps même si les discours de façade et surtout les résultats nous ont fait croire longtemps le contraire. L'histoire entre Sa Pinto et le Standard s'est donc arrêtée à Charleroi. Sans surprise puisque le ciel était orageux depuis un moment. Sauf que dans tout divorce, l'une des deux parties se sent souvent lésée et réplique. L'histoire n'est donc pas totalement finie.