C'est la fin de l'exploitation du marché français. Le gisement n'est pas tari mais les clubs, attirés par l'eldorado français, se sont multipliés. Les pépites se font plus rares et certains ont essayé de vendre du plomb à la place de l'or. Les précurseurs Charleroi et Mons ne sont plus ceux qui exploitent le mieux le filon. C'est Zulte Waregem qui, chaque saison, nous sort un lapin de son chapeau. Après Mbaye Leye la saison passée, c'est au tour de Franck Berrier de recueillir tous les honneurs.
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C'est la fin de l'exploitation du marché français. Le gisement n'est pas tari mais les clubs, attirés par l'eldorado français, se sont multipliés. Les pépites se font plus rares et certains ont essayé de vendre du plomb à la place de l'or. Les précurseurs Charleroi et Mons ne sont plus ceux qui exploitent le mieux le filon. C'est Zulte Waregem qui, chaque saison, nous sort un lapin de son chapeau. Après Mbaye Leye la saison passée, c'est au tour de Franck Berrier de recueillir tous les honneurs. Berrier, c'est l'anti-star par excellence, le prototype même du joueur qui sait qu'il peut s'imposer à Zulte Waregem mais qui a attendu bien sagement son heure, sans sourciller : " Je me demandais quand j'allais jouer mais je savais que j'obtiendrais une chance quand le match amical contre Heerenveen est arrivé. Cela pouvait constituer l'unique occasion de me montrer. Je l'ai saisie et une semaine plus tard, j'étais aligné contre Anderlecht. " Depuis (le 19 octobre), il n'a plus quitté l'équipe. C'est aussi un garçon charmant mais discret. Le genre de joueur qu'on croise dans la rue mais qu'on ne reconnaît pas. " Je suis passe-partout. Je sais que je viens d'une petite ville, Argentan (Basse-Normandie), et cela me convient. Dans la famille, on est calme, discret, pas grande gueule. "Il faut dire qu'il contraste avec le joueur de foot lambda. Pas de folie des grandeurs, pas de virées nocturnes, pas de réceptions mondaines comme le Soulier d'Or. " Oh, non. Je ne suis pas le genre de joueur que vous croiserez aux petites heures du matin en discothèque. Moi, je préfère rester avec ma femme. Et une fois par semaine, je vais au restaurant avec elle. "Un gars simple. Qui se satisfait d'un seul rêve : jouer à l'OM, club qu'il vénère. " Mais en même temps, j'aimerais tout autant porter le maillot de Caen ou du Mans, les deux clubs de ma région. Il n'y a rien de meilleur que d'évoluer sous les yeux de sa famille. " Or, dans le genre glamour, Caen et Le Mans, c'est pas trop ça... Berrier, c'est aussi un physique atypique (1,73m, 68 kg). Pas de quoi se faire remarquer. " Si on me demande d'aller gagner tous les duels de la tête, ça ne va pas aller. " Et pourtant, sur une pelouse, le Normand crève l'écran. Par sa mentalité : " Je suis un meneur. Je parle beaucoup. C'est sans doute dû à ma position et à mon jeu. " Ah son jeu, nous y voilà. Car, Berrier, c'est un talent indéniable. Dans un football de plus en plus physique, le Français a chaque fois su s'imposer : " Que ce soit à Beauvais ou à Cannes, j'ai toujours été titulaire. Je vois le jeu avant tout le monde. Je sais où je vais mettre le ballon avant de l'avoir reçu. Mon duo avec Leye fonctionnait à merveille. Lui savait où je mettais la balle et moi, je saivais où il se déplaçait. "Il trône en tête du classement des assists (dix) et vient de marquer son premier but. Sa faible rentabilité en terme de buts a d'ailleurs suscité la comparaison avec Steven Defour : " Pourtant, généralement, je trouve assez facilement le chemin des filets. L'année passée, j'en avais inscrits 12 et la saison d'avant huit. Mais ici, je joue un peu plus bas. Contre le Club Bruges, on m'a demandé d'évoluer un peu plus haut et après quatre minutes, je me retrouvais dans la surface. Mon objectif consiste, chaque saison, à être impliqué dans 20 buts. Que ce soit à la dernière passe ou à la conclusion. " Formé à Rennes (" J'ai choisi ce centre de formation car il était considéré comme le meilleur de France "), lancé en Ligue 1 par Patrick Remy à Caen en 2004-2005 (l'année où Caen alignait aussi Steve Dugardein et Gregory Dufer), il dut ensuite s'enfuir à Beauvais en CFA pour rebondir. " C'était le club idéal pour retrouver du plaisir. Le groupe était formidable, les supporters chaleureux. On décrocha le titre de champion et on monta en National. " Après deux ans à Beauvais, il alla goûter aux charmes de Cannes, club qui vit défiler Zinedine Zidane, Patrick Vieira et Johan Micoud. " L'endroit idéal pour vivre mais pas pour jouer. Le club ne pense qu'au passé. " Repéré par Eddy Mestdagh, scout de Courtrai, il signa finalement à Zulte Waregem, le grand rival, car Mestdagh y avait été transféré. " J'ai suivi celui qui m'avait visionné pendant deux ans. J'aurais pu aboutir à Courtrai. Ce n'est qu'en arrivant ici qu'on m'a dit que les deux clubs étaient rivaux. Je ne connaissais rien : mes connaissances du championnat se limitaient au Standard, Anderlecht et Bruges. Je me suis lancé dans l'inconnu mais j'apprécie. " Aujourd'hui, on le compare à Franck Ribéry (surnom qui date de Beauvais), qui possède un gabarit similaire et qui, lui aussi, a éclaté en National à un âge avancé. " Oui, mais lui joue au Bayern et moi, je suis à Zulte Waregem ! Je suis une version light de Ribéry... Pour le moment, j'ai quatre interviews par semaine. En début de saison, c'était une par mois. " Cela lui fait en tout cas des choses à raconter quand il retournera à Argentan, sa patrie normande. " Mes parents sont venus me voir une fois mais je n'avais pas joué. Je m'étais échauffé 45 minutes. Et moi, je n'y retourne pas souvent. Il y a quand même 3 h 30 de route. Je préfère me reposer. " Surtout pas de folies, on vous disait... par stéphane vande velde - photo: reporters