"J'ai débarqué en Hongrie en septembre 2014. J'étais libre de tout contrat après mon passage à Swansea. Ferencvaros s'est montré le plus concret parmi les différents clubs qui s'intéressaient à moi. Je ne connaissais strictement rien du club ni du championnat mais la visite du stade flambant neuf et la discussion que j'ai eue avec le coach m'ont convaincu. Thomas Doll n'est pas n'importe qui, il a quand même entraîné Hambourg et le Borussia Dortmund. Il correspond à l'image qu'on se fait du coach allemand : il est très dur et crie beaucoup mais ça me convient. J'aime qu'on me pousse au maximum.
...

"J'ai débarqué en Hongrie en septembre 2014. J'étais libre de tout contrat après mon passage à Swansea. Ferencvaros s'est montré le plus concret parmi les différents clubs qui s'intéressaient à moi. Je ne connaissais strictement rien du club ni du championnat mais la visite du stade flambant neuf et la discussion que j'ai eue avec le coach m'ont convaincu. Thomas Doll n'est pas n'importe qui, il a quand même entraîné Hambourg et le Borussia Dortmund. Il correspond à l'image qu'on se fait du coach allemand : il est très dur et crie beaucoup mais ça me convient. J'aime qu'on me pousse au maximum. Mon arrivée n'a pas été évidente. Je n'avais plus joué depuis mai, donc il m'a fallu du temps pour retrouver ma condition. Heureusement, Doll s'est montré patient malgré nos mauvais résultats. J'ai trouvé ma place dans l'équipe et on n'a plus perdu un seul match entre mi-octobre et la fin du championnat, ce qui nous a permis de terminer 2e et de remporter la Coupe de Hongrie. Cette année, on poursuit sur notre lancée. On n'a encore concédé qu'un seul match nul et on a déjà 15 points d'avance sur le deuxième. Personnellement, je suis très satisfait : je me sens en confiance ici et mes stats sont bonnes puisque j'en suis à 4 buts et 8 assists en jouant milieu gauche. Ma seule déception est notre élimination au tour préliminaire de l'Europa League par les Bosniens de Zeljeznicar. Ils ont marqué sur leur seule occasion à la dernière minute chez nous alors qu'on avait dominé toute la rencontre et on n'a pas été capables de renverser la vapeur là-bas. Si je devais comparer, je dirais que le niveau du championnat hongrois correspond à la Ligue 2 française avec beaucoup d'équipes qui misent sur le physique. Mais Ferencvaros est un grand club et on essaye de développer un beau football. C'est un peu l'Anderlecht de Hongrie avec en plus des supporters très chauds. Chez nous, on joue généralement devant un peu moins de 10.000 spectateurs mais en déplacement c'est moins. " " Au club, on communique en anglais et parfois je parle espagnol avec certains. Le hongrois est trop compliqué par contre. Du coup ce n'est forcément pas toujours facile dans la vie de tous les jours parce que les Hongrois ne parlent guère l'anglais. Budapest est une chouette ville : quand j'ai appris qu'un club hongrois me convoitait j'ai pensé au racisme mais je n'y ai jamais été confronté jusqu'à présent. Au contraire, c'est paisible et bon marché. Je gagne moins qu'en Espagne ou en Angleterre mais j'économise plus d'argent (il rit). Il faut dire que je suis plutôt casanier. A part un peu de shopping et des restaurants, je ne fais pas grand-chose en dehors du foot. Et puis, dès que j'ai du temps libre, je prends l'avion pour la France où vivent ma femme et mes filles qui vont à l'école. Pendant les vacances scolaires, ce sont elles qui me rejoignent. Ce n'est pas simple de vivre seul ici mais c'est comme ça, c'est le boulot. Le foot m'a déjà fait beaucoup voyager. Je suis arrivé en Belgique à l'âge de 15 ans pour rejoindre le sport-étude à Liège. C'est là que j'ai été repéré par le CS Visé lors d'un tournoi interscolaire. Après, j'ai d'abord été passer un test à Lyon grâce à mon ancien manager, Yves Baré, paix à son âme. Il s'occupait aussi d'Eric Deflandre et c'est comme ça qu'il m'avait obtenu cet essai. Ça s'était bien passé mais l'OL et Visé ne se sont pas mis d'accord et j'ai finalement rejoint Anderlecht. J'y ai continué ma formation, c'était une bonne étape. Il y a quand même des gars comme Vincent Kompany ou Romelu Lukaku qui sont sortis de là. Par la suite, je m'entraînais avec les A, je prenais exemple sur Pär Zetterberg ou Nenad Jestrovic. Et sur le pied gauche de Franky Vercauteren aussi (il rit). Malheureusement, je jouais très peu, donc j'ai décidé de partir en prêt aux Pays-Bas, à Roda. Ça a été un excellent choix puisque j'ai marqué 12 buts sur la saison. A mon retour, Ariel Jacobs était coach et il m'a dit qu'il comptait sur moi mais j'avais été blessé et je redoutais qu'on ne me fasse pas confiance. De là mon désir de partir. Vadis Odjidja ou Cheikh Tioté avaient fait le même constat que moi. Je suis alors parti au Mans, en France. NdriKofiRomaric était passé par là et Gervinho y était aussi. Je savais qu'ils savaient s'y prendre avec les Ivoiriens. Malheureusement, lors de ma deuxième saison, nous avons été relégués. La plupart des joueurs sont restés donc moi aussi : on voulait remonter directement mais tout a capoté à deux journées de la fin ". " J'ai alors été contacté par Osasuna qui me suivait déjà depuis l'époque où j'étais à Roda. J'aime le beau football, donc l'Espagne c'était idéal. Avec ma femme, on se plaisait beaucoup là-bas, le soleil nous rappelait l'Afrique. Je suis resté un an et demi en Liga puis le club a connu des soucis financiers. Michael Laudrup qui coachait Swansea a alors contacté mon agent : mon profil lui plaisait et il avait besoin de quelqu'un tout de suite. J'ai donc été prêté pour 18 mois au Pays de Galles. Ça a été une bonne expérience mais je n'ai pas aimé la vie sur place : il pleut tout le temps. Sportivement, ça ne se passait pas terriblement bien non plus, je ne jouais pas beaucoup et Laudrup ne me parlait pas. Je n'arrêtais pas d'aller le voir pour qu'il me dise ce qu'il attendait de moi mais rien n'y faisait. Il est très froid, c'est dans son caractère. Malgré tout, je m'y suis fait des amis comme Jonathan De Guzman ou Wilfried Bony et on a gagné la League Cup. Je suis monté au jeu lors de la finale à Wembley, c'était vraiment spécial. Sans doute le meilleur souvenir de ma carrière jusqu'à présent. " " Les Diables Rouges c'est aussi quelque chose à part. Je garde de merveilleux souvenirs des 5 matches que j'ai joués en 2009 sous FrankyVercauteren et Dick Advocaat. Bien sûr, j'ai un goût de trop peu, mais je pense que c'était mon destin. Mon seul regret c'est de ne pas avoir été repris par Jean-François De Sart pour disputer les Jeux olympiques de Pékin. Avec le recul, je pense que j'avais ma place dans cette équipe. Quand j'étais chez les A, l'ossature de l'équipe actuelle était déjà là. On est actuellement premier au classement mondial et ça ne m'étonne pas. Il fallait simplement que la mayonnaise prenne. Marc Wilmots a donné confiance aux joueurs. Je continue à suivre les matches, je suis toujours un Diable Rouge. D'ailleurs je suis encore en contact avec plusieurs d'entre eux comme Eden Hazard, Marouane Fellaini, Thibaut Courtois ou VincentKompany. " PAR JULES MONNIER - PHOTO ISTOCK