Un bloc contre la chute

Avec l'air professoral de celui qui en a vu d'autres, couplé au soulagement de l'homme conscient d'avoir accompli un exploit sous-estimé, Jean-Louis Garcia l'affirmait dans la foulée du barrage remporté face au RWDM: "On reste un petit club, ce ne sera jamais une saison tranquille." S'il ne sera plus sur le banc de touche des Métallos pour le constater, le Français était déjà bien conscient que la saison à venir serait difficile pour le club-satellite du FC Metz. Avec trois équipes qui prendront l'ascenseur dans le mauvais sens à la fin de la saison, Seraing semble presque condamné avant le premier coup de sifflet de l'année. Charge à José Jeunechamps de mener à bien la mission impossible du Pairay, sans pouvoir compter sur les rares...

Avec l'air professoral de celui qui en a vu d'autres, couplé au soulagement de l'homme conscient d'avoir accompli un exploit sous-estimé, Jean-Louis Garcia l'affirmait dans la foulée du barrage remporté face au RWDM: "On reste un petit club, ce ne sera jamais une saison tranquille." S'il ne sera plus sur le banc de touche des Métallos pour le constater, le Français était déjà bien conscient que la saison à venir serait difficile pour le club-satellite du FC Metz. Avec trois équipes qui prendront l'ascenseur dans le mauvais sens à la fin de la saison, Seraing semble presque condamné avant le premier coup de sifflet de l'année. Charge à José Jeunechamps de mener à bien la mission impossible du Pairay, sans pouvoir compter sur les rares artisans offensifs de l'exercice précédent qu'ont été Youssef Maziz, Georges Mikautadze, voire Ablie Jallow, tous retournés chez les Grenats. Privé d'une bonne partie de son potentiel aux abords de la surface adverse, le cinquantenaire avance avec le CV d'un coach expérimenté, même s'il entame pour la première fois une saison dans la peau de T1 d'un club de l'élite. Logiquement, Jeunechamps regarde vers l'arrière. Devant Guillaume Dietsch, valeur sûre entre les perches revenue en Principauté pour un prêt supplémentaire, l'entraîneur installe une défense à cinq très compacte, précédé d'un milieu de terrain à trois chargé de consolider l'édifice et d'un duo offensif préposé aux miracles. Pour compléter la recette, il ne reste qu'à saupoudrer d'une préparation physique précoce et intense, atout indispensable pour gratter des points précieux lors des premières journées face à des équipes encore en construction, et ainsi s'offrir une dynamique positive et un matelas vis-à-vis de la concurrence. Très perméable derrière, à cause d'un évident manque de qualités défensives, Seraing a commencé son chantier d'été par le renforcement de son arrière-garde. Venu de Saint-Étienne, Marvin Tshibuabua semble destiné à prendre les rênes de la ligne de cinq, flanqué du chevronné Daniel Opare. Le nouveau venu Sandro Trémoulet, arrivé libre après une pige à Sète, devrait ajouter son pied gauche à l'addition. À droite, c'est Sérgio Conceição qui part favori pour arpenter le couloir, alors que Morgan Poaty et Gérald Kilota pourraient chacun tirer leur épingle du jeu à l'opposé. L'objectif sera avant tout de resserrer les lignes et de compliquer la route adverse vers les filets protégés par Dietsch. Au milieu, on pourra compter sur l'expérience du taulier Christophe Lepoint, jamais avare en efforts. Les autres nouveaux venus que sont Valentin Guillaume - arrivé de Virton - et Sambou Sissoko, en provenance de Reims, ont le coffre et la discipline pour compléter le triangle sérésien. Restera encore à inscrire des buts. Loin d'être la priorité du plan collectif, clairement axé vers l'équilibre sans ballon, le plan de jeu offensif est laissé entre les pieds d'individualités qui doivent encore faire leurs preuves à cet échelon. Antoine Bernier et Marius Mouadilmandji ont eu leurs moments de gloire la saison dernière, mais n'ont jamais pu s'affirmer comme des meneurs offensifs en puissance. Nouveau venu, Simon Elisor affiche certes un bilan de 17 buts la saison dernière, mais ils ont "seulement" été inscrits en National, le troisième échelon du football français. Pour augmenter leur puissance de feu, les Métallos pourront peut-être compter sur Lucien D'Onofrio, nouvel homme fort de la gestion sportive de Metz, via son homme de confiance Carlos Freitas devenu directeur sportif au Pairay. Un bien mince espoir.