Sarah Sjöström, Adam Peaty, Katinka Hosszu, Ryan Murphy, Federica Pellegrini, Gregorio Paltrinieri, Chad Le Clos... Stamford Bridge, le port d'attache de Chelsea, a été le théâtre d'une parade impressionnante de champions olympiques, venus du monde entier pour apporter leur soutien à l'International Swimming League (ISL). Au désespoir de la Fédération Internationale de Natation (FINA), qui menace de suspendre nageurs et fédérations.
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Sarah Sjöström, Adam Peaty, Katinka Hosszu, Ryan Murphy, Federica Pellegrini, Gregorio Paltrinieri, Chad Le Clos... Stamford Bridge, le port d'attache de Chelsea, a été le théâtre d'une parade impressionnante de champions olympiques, venus du monde entier pour apporter leur soutien à l'International Swimming League (ISL). Au désespoir de la Fédération Internationale de Natation (FINA), qui menace de suspendre nageurs et fédérations. " L'ISL et la FINA peuvent parfaitement coexister, à condition que la fédération internationale se limite à sa tâche première, le respect des règlements, sans plus vouloir déterminer la vie des nageurs, comme il y a 110 ans. Les nageurs ont droit à une distribution honnête des rentrées ", déclare Konstantin Grigorishin, le milliardaire ukrainien qui a fondé l'ISL. " Ces messieurs de la FINA ne semblent pas comprendre que, dans l'industrie globalisée du sport et du divertissement, un business qui pèse des milliards, les nageurs doivent se battre pour leur place et l'attention médiatique. C'est pour ça que nous cherchons des formats plus passionnants, susceptibles d'attirer les jeunes, grâce à de nouveaux outils technologiques. " Le premier grand meeting de l'ISL, à la mi-décembre à Turin, a été annulé, sous la pression de la FINA, qui a ensuite présenté un nouveau format de compétition, les Champions Swim Series. Mais l'ISL estime que les nageurs doivent avoir davantage leur mot à dire et, surtout, recevoir une part plus importante du gâteau. Actuellement, seulement 10% des rentrées reviennent aux nageurs, qui ne bénéficient pas d'une pension ni d'une assurance au terme de leur carrière. L'ISL plaide pour une répartition 50-50 de toutes les rentrées, issues de la billetterie, des droits TV et du sponsoring. Pour clarifier sa position, Grigorishin a remis un chèque symbolique à six zéros à Sarah Sjöström, qui en a eu le fou rire. L'année passée, la FINA lui a versé 10.000 dollars (8.767 euros) pour son record du monde en 100 mètres nage libre. Selon le règlement 50-50, elle aurait eu droit à six millions de dollars (5,2 millions) pour ses places dans les différentes finales et ses médailles aux Jeux de Rio (or, argent et bronze). Rachel Aleks, professeure de droit du travail à la Cornell University (New York) est claire. " Vous, les nageurs, êtes irremplaçables. Si la FINA ne fait pas de concession, vous devez envisager de boycotter les grandes compétitions. " Le nageur britannique Adam Peaty est partisan de la solidarité : " Si la FINA suspend l'un de nous parce qu'il ou elle participe à un meeting de l'ISL, personne ne doit aller aux Jeux de Tokyo ni au Mondial ", a déclaré le champion olympique et recordman mondial du 100 mètres brasse. Des Jeux Olympiques sans les meilleurs nageurs du monde, ça semble impensable...