L'information a su rester secrète. Le 13 juin 2017, Lucien D'Onofrio surprend tout le microcosme du football belge en étant intronisé nouveau vice-président et directeur sportif de l'Antwerp. Quelques jours plus tôt, dans un restaurant du sud de la capitale, l'ex-homme fort du Standard annonce son arrivée dans la métropole anversoise à son ami, Roger Vanden Stock. Le président des Mauves grimace et digère assez mal la nouvelle. Six ans plus tôt, Vanden Stock avait tenté d'introduire Lucien D'Onofrio au coeur de la maison mauve, mais s'était alors heurté au Conseil d'Administration du RSCA, " guidé " par Alexandre Van Damme, et ce malgré la faible participation (2,5 % des actions) de ce dernier dans le capital du club.

Malgré ce refus, Vanden Stock n'a pour autant jamais laissé tomber l'idée de libérer une place de choix pour son ami liégeois d'autant que son opposant le plus farouche, Van Damme, actionnaire le plus important d'AB InBev, et plus grosse fortune de Belgique, semble être las depuis un petit bout de temps d'un milieu auquel il ne correspond pas, et définitivement désintéressé de ce rôle de nouveau patron du club qui lui tendait pourtant les bras. Ce personnage énigmatique, quasiment impénétrable, qui a toujours refusé toute forme de médiatisation, est désormais réfugié en Suisse, bien loin de l'actualité souvent frénétique de Neerpede.

Henrotay vs D'Onofrio

Ce repas entre ces deux dirigeants " ennemis ", du temps où les duels Anderlecht-Standard déchaînaient les passions, n'est pas pour autant resté sans suite. Malgré une fin de règne au Standard en juin 2011, Lucien D'Onofrio n'a jamais quitté les coulisses du foot belge, voire international. S'il était évidemment au courant de la future revente du club bruxellois, il comprend l'état d'avancement du dossier de reprise.

En mai dernier, Christophe Henrotay glisse le nom d'un ambitieux repreneur à Roger Vanden Stock qui se dit séduit par le sérieux et l'éclat de la proposition et mandate l'agent de Thibaut Courtois, Yannick Carrasco ou Youri Tielemans. Quelques semaines plus tôt, Herman Van Holsbeeck avait rejoint son ami, Christophe Henrotay, pour quasiment entériner le passage de Tielemans chez le futur champion de France. Lors de ce voyage, Henrotay profite de l'occasion pour présenter au directeur général du Sporting, un " proche " : Alisher Usmanov, troisième fortune russe et détenteur de 30,4 % des parts d'Arsenal.

Aujourd'hui, l'agent belge numéro un sur la scène internationale, décrit Usmanov comme n'étant qu'un intermédiaire du dossier, quelqu'un qui lui aurait présenté la personne de choix pour reprendre la destinée du Sporting, sans en dévoiler davantage. Après la lecture du communiqué diffusé dimanche par le porte-parole de la société USM Holdings, dont Usmanov est à la tête, on peut toutefois s'étonner de ce prétendu rôle d'intermédiaire : " Monsieur Usmanov a reçu différentes propositions, dont une suggestion concernant l'acquisition du RSC Anderlecht, mais aucune décision n'a été prise. "

Gheysens vs Van Biesboeck

Entre-temps, Lucien D'Onofrio profite de son amitié avec Roger Vanden Stock pour à son tour lui souffler le nom d'un éventuel repreneur : Paul Gheysens, CEO du promoteur Ghelamco et patron de l'Antwerp, qui est celui qui a contacté l'ex-boss de Sclessin pour l'inviter à rejoindre le matricule 1 alors que D'Onofrio n'avait jusque-là pas connaissance de l'entrepreneur ouest-flandrien. Une piste qui semble cependant difficilement réalisable.

Deux obstacles de taille s'opposent, dès ce moment, au rachat du club par Gheysens. D'une part, le dossier du stade national a laissé des traces qui semblent indélébiles. Le magnat de l'immobilier avait proposé au Sporting d'Anderlecht d'être locataire de la future enceinte flambant neuve qui doit accueillir l'EURO 2020. De veines négociations ont finalement débouché sur un rejet définitif de l'offre de location, jugée excessive, par le " clan Van Damme " représenté dans ce dossier par Jo Van Biesbroeck.

" Jo n'a jamais voulu renégocier le deal et a manqué de souplesse ", assure un proche du dossier. Touché dans son égo, Paul Gheysens est autant revanchard que bourré d'ambition. Le rachat d'Anderlecht le rendrait encore plus puissant, et ferait de lui le propriétaire d'un stade à Bruxelles, à Gand, et à Anvers. " Roger Vanden Stock prendra la décision finale mais ne va pas décider contre l'avis de Van Damme ", nous raconte un fidèle de la maison mauve.

D'Onofrio vs Van Holsbeeck

Se pose aussi la question du futur de Gheysens au Great Old. L'interdiction d'être propriétaire de deux clubs d'une même division pourrait être contournée en désignant son fils ou sa fille comme patron de l'Antwerp, à la manière de Roland Duchâtelet lors de la reprise du Standard, qui avait amené son épouse à être nommée à la tête de Saint-Trond.

Autre obstacle de taille et méconnu : l'arrivée du duo Gheysens-D'Onofrio signifierait la mise à pied automatique de Herman Van Holsbeeck. Si le DG des Mauves fut parfois obligé de faire appel aux services de Don Luciano, notamment durant l'été 2014 lors du spectaculaire transfert de Steven Defour de Porto vers Anderlecht, il sait pertinemment que D'Onofrio ne le porte pas en haute estime, c'est un euphémisme.

Mais malgré la relation étroite qui lie Vanden Stock à D'Onofrio, le président du Sporting maintient un soutien indéfectible envers le Directeur général des Mauves. Les mots du président lors du dernier sacre en sont la plus belle preuve " Ce titre, c'est surtout la victoire d'Herman Van Holsbeeck ", avait-il clamé sur la pelouse de Charleroi. Il semble donc inconcevable de voir Van Holsbeeck quitter le navire avant juin 2020, date-butoir qu'il s'était lui-même fixée.

L'appel d'Henrotay à Vandenhaute

Lucien D'Onofrio contre Christophe Henrotay, c'est deux générations, deux styles qui s'affrontent. L'ex-agent star des années 90, ami des plus grands, face à l'actuel golden boy belge de la profession. S'ils se sont écharpés lors du transfert de MarouaneFellaini à Everton en 2008, ces deux Liégeois, habiles séducteurs l'un comme l'autre, avec un goût prononcé pour la belle sape et d'un commerce agréable à la première rencontre, se respectent désormais même s'ils s'alimentent par des réseaux éloignés.

Henrotay ne veut surtout pas passer à côté de la montre en or. Le rachat du club, s'il était lié à son entregent, lui assurerait une jolie commission et davantage encore de pouvoir dans les transferts. Sentant donc le souffle de D'Onofrio, Christophe Henrotay a, durant le courant du mois d'août, fait appel à une troisième voie : Wouter Vandenhaute, fondateur de la boite de production Woestijnvis et patron des Flanders Classics ( société qui régit les principales courses cyclistes flamandes).

Il y a un plus de cinq ans, pour les besoins d'un entretien, Henrotay nous avait fixé rendez-vous chez " Couvert Couvert ", un restaurant étoilé basé à Heverlee (banlieue de Louvain) appartenant à Vandenhaute. Les deux hommes sont amis depuis maintenant plusieurs années. L'ex-journaliste, considéré comme visionnaire dans le monde des médias, est rapidement séduit par l'idée. Si ses diverses activités l'occupent bien plus qu'à temps plein, reprendre Anderlecht serait pour lui la matérialisation d'un rêve.

Supporter depuis toujours ou presque, Vandenhaute est un habitué de la tribune d'honneur d'Anderlecht et s'est, au fil du temps, rapproché du duo PhilippeCollin-Roger Vanden Stock. En 2009, le président anderlechtois lui avait d'ailleurs proposé d'intégrer le futur conseil d'administration du club avec une participation à hauteur de 9 à 11 % de l'actionnariat, mais Michel Verschueren s'y était opposé. Il percevait cette arrivée comme un frein à l'éclosion de son fils Michael, alors figure montante au sein du club.

Un duo complémentaire

Aujourd'hui, si Verschueren fils n'occupe plus de rôle en vue à Anderlecht, il reste un problème de taille à régler : Vandenhaute n'a pas les reins assez solides pour s'aventurer seul dans la reprise. Il ne boxe pas dans la même catégorie qu'un Paul Gheysens (puissance financière estimée à près de 800 millions d'euros) et encore moins d'un Alisher Usmanov (plus de 13 milliards d'euros). Il doit donc trouver des partenaires de poids. Et qui d'autre que Paul Gheysens pour l'aider dans cette entreprise de rachat ?

Car le duo est sur papier complémentaire. D'un côté, Gheysens doit apporter sa soif de pouvoir, d'émancipation, et sa crédibilité dans le monde des affaires, alors que Vandenhaute est un homme de communication, de projets, qui pourrait endosser la figure de personnage public au jour le jour. Proche de la famille Vanden Stock, le quinqua flamand semble être le médiateur parfait entre Gheysens et Van Biesbroeck, dont la ligne est rompue depuis plusieurs mois.

La reprise du club par le duo déboucherait sur une révolution à petite dose durant les premiers mois, alors qu'on imagine mal un investisseur étranger maintenir les décideurs actuels dans leurs fonctions. Le ou les futurs propriétaires devront en tout cas donner un sérieux coup de neuf à un RSCA qui n'est plus capable de concurrencer les plus grosses écuries européennes et qui voit même l'écart s'agrandir au fil des ans.

Le duo Van Holsbeeck (63 ans) - Vanden Stock (75 ans) est naturellement vieillissant et de plus en plus obsolète, malgré des résultats sur la scène nationale conformes aux ambitions. Quant à Jo Van Biesbroeck, parachuté en mai 2015 par Alexandre Van Damme pour s'occuper notamment du dossier du stade national, il n'a pas réussi à donner un élan de modernité au Sporting. Bien au contraire. Et pourtant, ce personnage taciturne semble aimer sa fonction et un milieu qu'il découvre encore et toujours, mais dont il apprivoise difficilement les codes.

Le silence de Gheysens

Il y a un peu moins d'un mois, une réunion capitale a lieu entre Roger Vanden Stock, Herman Van Holsbeeck, Christophe Henrotay, Jo Van Biesbroeck et Wouter Vandenhaute. Seul Paul Gheysens n'y est pas convié. Lors de cette réunion à cinq têtes, le boss de Woestijnvis parvient à convaincre les plus réticents à l'arrivée de Gheysens de faire confiance au duo et d'envisager de leur donner les clefs du rachat, sous forme d'un accord exclusif.

Mais, depuis lors, Gheysens a pris quelques distances. Estime-t-il qu'il est aujourd'hui la seule véritable piste sérieuse intéressée par la reprise ? Certains proches du dossier le pensent. Va-t-il dès lors y aller avec D'Onofrio ? Ce scénario semble peu probable. Une chose est certaine, les fuites parues vendredi dans HetLaatste Nieuws et Sporza ont fait beaucoup de tort aux repreneurs déclarés.

En interne, on chasse la taupe qui aurait dévoilé les informations à ces deux médias. D'autres estiment qu'il s'agit d'une stratégie de la part du club afin de déclarer publiquement que le club est à vendre (pour un montant oscillant entre 75 et 100 millions d'euros) et d'attirer d'autres acheteurs potentiels qui conviendraient davantage à un pan de la direction. Difficile dans ces conditions de satisfaire les différentes ailes de la maison mauve.

PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS BELGAIMAGE

L'arrivée du duo Gheysens-D'Onofrio signifierait la mise à pied automatique de Herman Van Holsbeeck.

Aujourd'hui, Henrotay décrit Usmanov comme n'étant qu'un intermédiaire du dossier.

L'information a su rester secrète. Le 13 juin 2017, Lucien D'Onofrio surprend tout le microcosme du football belge en étant intronisé nouveau vice-président et directeur sportif de l'Antwerp. Quelques jours plus tôt, dans un restaurant du sud de la capitale, l'ex-homme fort du Standard annonce son arrivée dans la métropole anversoise à son ami, Roger Vanden Stock. Le président des Mauves grimace et digère assez mal la nouvelle. Six ans plus tôt, Vanden Stock avait tenté d'introduire Lucien D'Onofrio au coeur de la maison mauve, mais s'était alors heurté au Conseil d'Administration du RSCA, " guidé " par Alexandre Van Damme, et ce malgré la faible participation (2,5 % des actions) de ce dernier dans le capital du club. Malgré ce refus, Vanden Stock n'a pour autant jamais laissé tomber l'idée de libérer une place de choix pour son ami liégeois d'autant que son opposant le plus farouche, Van Damme, actionnaire le plus important d'AB InBev, et plus grosse fortune de Belgique, semble être las depuis un petit bout de temps d'un milieu auquel il ne correspond pas, et définitivement désintéressé de ce rôle de nouveau patron du club qui lui tendait pourtant les bras. Ce personnage énigmatique, quasiment impénétrable, qui a toujours refusé toute forme de médiatisation, est désormais réfugié en Suisse, bien loin de l'actualité souvent frénétique de Neerpede. Ce repas entre ces deux dirigeants " ennemis ", du temps où les duels Anderlecht-Standard déchaînaient les passions, n'est pas pour autant resté sans suite. Malgré une fin de règne au Standard en juin 2011, Lucien D'Onofrio n'a jamais quitté les coulisses du foot belge, voire international. S'il était évidemment au courant de la future revente du club bruxellois, il comprend l'état d'avancement du dossier de reprise. En mai dernier, Christophe Henrotay glisse le nom d'un ambitieux repreneur à Roger Vanden Stock qui se dit séduit par le sérieux et l'éclat de la proposition et mandate l'agent de Thibaut Courtois, Yannick Carrasco ou Youri Tielemans. Quelques semaines plus tôt, Herman Van Holsbeeck avait rejoint son ami, Christophe Henrotay, pour quasiment entériner le passage de Tielemans chez le futur champion de France. Lors de ce voyage, Henrotay profite de l'occasion pour présenter au directeur général du Sporting, un " proche " : Alisher Usmanov, troisième fortune russe et détenteur de 30,4 % des parts d'Arsenal. Aujourd'hui, l'agent belge numéro un sur la scène internationale, décrit Usmanov comme n'étant qu'un intermédiaire du dossier, quelqu'un qui lui aurait présenté la personne de choix pour reprendre la destinée du Sporting, sans en dévoiler davantage. Après la lecture du communiqué diffusé dimanche par le porte-parole de la société USM Holdings, dont Usmanov est à la tête, on peut toutefois s'étonner de ce prétendu rôle d'intermédiaire : " Monsieur Usmanov a reçu différentes propositions, dont une suggestion concernant l'acquisition du RSC Anderlecht, mais aucune décision n'a été prise. " Entre-temps, Lucien D'Onofrio profite de son amitié avec Roger Vanden Stock pour à son tour lui souffler le nom d'un éventuel repreneur : Paul Gheysens, CEO du promoteur Ghelamco et patron de l'Antwerp, qui est celui qui a contacté l'ex-boss de Sclessin pour l'inviter à rejoindre le matricule 1 alors que D'Onofrio n'avait jusque-là pas connaissance de l'entrepreneur ouest-flandrien. Une piste qui semble cependant difficilement réalisable. Deux obstacles de taille s'opposent, dès ce moment, au rachat du club par Gheysens. D'une part, le dossier du stade national a laissé des traces qui semblent indélébiles. Le magnat de l'immobilier avait proposé au Sporting d'Anderlecht d'être locataire de la future enceinte flambant neuve qui doit accueillir l'EURO 2020. De veines négociations ont finalement débouché sur un rejet définitif de l'offre de location, jugée excessive, par le " clan Van Damme " représenté dans ce dossier par Jo Van Biesbroeck. " Jo n'a jamais voulu renégocier le deal et a manqué de souplesse ", assure un proche du dossier. Touché dans son égo, Paul Gheysens est autant revanchard que bourré d'ambition. Le rachat d'Anderlecht le rendrait encore plus puissant, et ferait de lui le propriétaire d'un stade à Bruxelles, à Gand, et à Anvers. " Roger Vanden Stock prendra la décision finale mais ne va pas décider contre l'avis de Van Damme ", nous raconte un fidèle de la maison mauve. Se pose aussi la question du futur de Gheysens au Great Old. L'interdiction d'être propriétaire de deux clubs d'une même division pourrait être contournée en désignant son fils ou sa fille comme patron de l'Antwerp, à la manière de Roland Duchâtelet lors de la reprise du Standard, qui avait amené son épouse à être nommée à la tête de Saint-Trond. Autre obstacle de taille et méconnu : l'arrivée du duo Gheysens-D'Onofrio signifierait la mise à pied automatique de Herman Van Holsbeeck. Si le DG des Mauves fut parfois obligé de faire appel aux services de Don Luciano, notamment durant l'été 2014 lors du spectaculaire transfert de Steven Defour de Porto vers Anderlecht, il sait pertinemment que D'Onofrio ne le porte pas en haute estime, c'est un euphémisme. Mais malgré la relation étroite qui lie Vanden Stock à D'Onofrio, le président du Sporting maintient un soutien indéfectible envers le Directeur général des Mauves. Les mots du président lors du dernier sacre en sont la plus belle preuve " Ce titre, c'est surtout la victoire d'Herman Van Holsbeeck ", avait-il clamé sur la pelouse de Charleroi. Il semble donc inconcevable de voir Van Holsbeeck quitter le navire avant juin 2020, date-butoir qu'il s'était lui-même fixée. Lucien D'Onofrio contre Christophe Henrotay, c'est deux générations, deux styles qui s'affrontent. L'ex-agent star des années 90, ami des plus grands, face à l'actuel golden boy belge de la profession. S'ils se sont écharpés lors du transfert de MarouaneFellaini à Everton en 2008, ces deux Liégeois, habiles séducteurs l'un comme l'autre, avec un goût prononcé pour la belle sape et d'un commerce agréable à la première rencontre, se respectent désormais même s'ils s'alimentent par des réseaux éloignés. Henrotay ne veut surtout pas passer à côté de la montre en or. Le rachat du club, s'il était lié à son entregent, lui assurerait une jolie commission et davantage encore de pouvoir dans les transferts. Sentant donc le souffle de D'Onofrio, Christophe Henrotay a, durant le courant du mois d'août, fait appel à une troisième voie : Wouter Vandenhaute, fondateur de la boite de production Woestijnvis et patron des Flanders Classics ( société qui régit les principales courses cyclistes flamandes). Il y a un plus de cinq ans, pour les besoins d'un entretien, Henrotay nous avait fixé rendez-vous chez " Couvert Couvert ", un restaurant étoilé basé à Heverlee (banlieue de Louvain) appartenant à Vandenhaute. Les deux hommes sont amis depuis maintenant plusieurs années. L'ex-journaliste, considéré comme visionnaire dans le monde des médias, est rapidement séduit par l'idée. Si ses diverses activités l'occupent bien plus qu'à temps plein, reprendre Anderlecht serait pour lui la matérialisation d'un rêve. Supporter depuis toujours ou presque, Vandenhaute est un habitué de la tribune d'honneur d'Anderlecht et s'est, au fil du temps, rapproché du duo PhilippeCollin-Roger Vanden Stock. En 2009, le président anderlechtois lui avait d'ailleurs proposé d'intégrer le futur conseil d'administration du club avec une participation à hauteur de 9 à 11 % de l'actionnariat, mais Michel Verschueren s'y était opposé. Il percevait cette arrivée comme un frein à l'éclosion de son fils Michael, alors figure montante au sein du club. Aujourd'hui, si Verschueren fils n'occupe plus de rôle en vue à Anderlecht, il reste un problème de taille à régler : Vandenhaute n'a pas les reins assez solides pour s'aventurer seul dans la reprise. Il ne boxe pas dans la même catégorie qu'un Paul Gheysens (puissance financière estimée à près de 800 millions d'euros) et encore moins d'un Alisher Usmanov (plus de 13 milliards d'euros). Il doit donc trouver des partenaires de poids. Et qui d'autre que Paul Gheysens pour l'aider dans cette entreprise de rachat ? Car le duo est sur papier complémentaire. D'un côté, Gheysens doit apporter sa soif de pouvoir, d'émancipation, et sa crédibilité dans le monde des affaires, alors que Vandenhaute est un homme de communication, de projets, qui pourrait endosser la figure de personnage public au jour le jour. Proche de la famille Vanden Stock, le quinqua flamand semble être le médiateur parfait entre Gheysens et Van Biesbroeck, dont la ligne est rompue depuis plusieurs mois. La reprise du club par le duo déboucherait sur une révolution à petite dose durant les premiers mois, alors qu'on imagine mal un investisseur étranger maintenir les décideurs actuels dans leurs fonctions. Le ou les futurs propriétaires devront en tout cas donner un sérieux coup de neuf à un RSCA qui n'est plus capable de concurrencer les plus grosses écuries européennes et qui voit même l'écart s'agrandir au fil des ans. Le duo Van Holsbeeck (63 ans) - Vanden Stock (75 ans) est naturellement vieillissant et de plus en plus obsolète, malgré des résultats sur la scène nationale conformes aux ambitions. Quant à Jo Van Biesbroeck, parachuté en mai 2015 par Alexandre Van Damme pour s'occuper notamment du dossier du stade national, il n'a pas réussi à donner un élan de modernité au Sporting. Bien au contraire. Et pourtant, ce personnage taciturne semble aimer sa fonction et un milieu qu'il découvre encore et toujours, mais dont il apprivoise difficilement les codes. Il y a un peu moins d'un mois, une réunion capitale a lieu entre Roger Vanden Stock, Herman Van Holsbeeck, Christophe Henrotay, Jo Van Biesbroeck et Wouter Vandenhaute. Seul Paul Gheysens n'y est pas convié. Lors de cette réunion à cinq têtes, le boss de Woestijnvis parvient à convaincre les plus réticents à l'arrivée de Gheysens de faire confiance au duo et d'envisager de leur donner les clefs du rachat, sous forme d'un accord exclusif. Mais, depuis lors, Gheysens a pris quelques distances. Estime-t-il qu'il est aujourd'hui la seule véritable piste sérieuse intéressée par la reprise ? Certains proches du dossier le pensent. Va-t-il dès lors y aller avec D'Onofrio ? Ce scénario semble peu probable. Une chose est certaine, les fuites parues vendredi dans HetLaatste Nieuws et Sporza ont fait beaucoup de tort aux repreneurs déclarés. En interne, on chasse la taupe qui aurait dévoilé les informations à ces deux médias. D'autres estiment qu'il s'agit d'une stratégie de la part du club afin de déclarer publiquement que le club est à vendre (pour un montant oscillant entre 75 et 100 millions d'euros) et d'attirer d'autres acheteurs potentiels qui conviendraient davantage à un pan de la direction. Difficile dans ces conditions de satisfaire les différentes ailes de la maison mauve. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS BELGAIMAGEL'arrivée du duo Gheysens-D'Onofrio signifierait la mise à pied automatique de Herman Van Holsbeeck. Aujourd'hui, Henrotay décrit Usmanov comme n'étant qu'un intermédiaire du dossier.