C'était le 23 février dernier, lors de Charleroi-Germinal Beerschot. Après une mi-temps, les Zèbres se voyaient privés des services d'Ibrahima Diallo et de Juan-Pablo Pino, tous deux blessés. Et la soirée cauchemar ne s'arrêtait pas là. A la 55e minute, Fabien Camus jouait un corner avec Madjid Oulmers avant de voir Sanharib Malki débouler sur lui. Le Marseillais était déséquilibré et son pied gauche restait coincé dans la pelouse. Verdict : déchirure des ligaments croisés. Aujourd'hui, le bout du tunnel est proche.
...

C'était le 23 février dernier, lors de Charleroi-Germinal Beerschot. Après une mi-temps, les Zèbres se voyaient privés des services d'Ibrahima Diallo et de Juan-Pablo Pino, tous deux blessés. Et la soirée cauchemar ne s'arrêtait pas là. A la 55e minute, Fabien Camus jouait un corner avec Madjid Oulmers avant de voir Sanharib Malki débouler sur lui. Le Marseillais était déséquilibré et son pied gauche restait coincé dans la pelouse. Verdict : déchirure des ligaments croisés. Aujourd'hui, le bout du tunnel est proche. Fabien Camus : Le 6 octobre, cela fera sept mois que j'ai été opéré. Je veux rejouer à partir de cette date. Pour l'instant, je prends le temps de me reconstruire calmement. Physiquement et mentalement, je me sens bien même si mon genou me donne une sensation spéciale. Je n'ai plus mal mais cela fait six mois que je n'ai plus effectué de gestes rotatifs et je le sens. J'en ai discuté avec Sébastien Chabaud, qui a subi la même blessure. Il m'a dit que tout rentrera dans l'ordre. Je n'ai pas peur de retourner au contact et je ne commence pas à me dire : -Je dois absolument éviter de frapper du pied gauche ! Non. Dans deux ou trois semaines, j'espère reprendre avec la Réserve. Attention : je ne serai pas tonitruant dès les premiers matches. Quand Malki m'a heurté, j'ai tout de suite su que c'était grave. Le staff a essayé de me rassurer mais durant le week-end, je ne pouvais plus bouger le genou. Le lundi, j'ai passé un examen qui a confirmé mes doutes. J'ai accusé le coup. Puis je me suis dit que je n'allais pas passer mon temps à me lamenter. J'ai été opéré le 6 mars à Lyon par le professeur Bernard Moyen et je suis sorti le 11. Pendant six semaines, je ne pouvais pas conduire. Je suis donc resté trois semaines à Marseille entouré de mes proches et de ma famille. Ma rééducation a ensuite commencé à Monceau, où j'ai été pris en charge jusqu'au 23 juin. Puis, j'ai passé trois semaines à Capbreton avant de revenir à Charleroi. Le médecin m'a alors autorisé à refaire quelques exercices. Les charges ont augmenté avec le stage au Maroc. Et depuis deux semaines, je m'entraîne avec le groupe. Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? La donne a changé. Je reviens d'une grave blessure et je n'y pense plus. Je ne désire qu'une chose : jouer, jouer et encore jouer. Juste avant ma blessure, Mogi Bayat m'avait proposé de prolonger. Quand mon genou a lâché, il m'a immédiatement appelé pour me dire que son offre ne changeait pas. Finalement, nous avons trouvé un accord. J'estime que c'est une marque de confiance importante de la part du club. Pffff... Jouer dans une grande compétition est l'objectif de chaque joueur. (Silence) Mais il faut des conditions qui arrangent le club et le joueur. Pour le moment, je ne comprends pas pourquoi les journalistes me posent cette question. Quand j'étais dans une bonne période et que je faisais l'objet de nombreuses sollicitations, on pouvait parler de mes désirs de départ. Aujourd'hui, ma seule ambition est de retâter du ballon. Une déchirure des ligaments vous oblige à être inactif pendant plusieurs mois. Durant cette période, vous ne faites rien : un peu de musculation, des soins et c'est tout. Votre vie n'est plus celle d'un footballeur. Cela ne regarde que Charleroi et moi. Le club, c'est une entreprise et le foot, c'est du business Je me vois mal aller frapper à la porte de la direction et lancer : -Je vaux telle somme et je veux partir !Oui, mais je ne suis pas décideur. Non, je ne me suis jamais dit que si je ne prolongeais pas, on m'écarterait aussi. Lorsque le club m'a formulé une offre, on ne parlait pas encore du problème Smolders. Nous détenons un bon groupe et la pelouse est neuve. Nous voulons vraiment montrer à tout le monde que notre classement de la saison dernière n'était pas usurpé. Nous sommes capables de rééditer cette performance et de faire mieux encore : terminer dans les cinq premiers, voire dans le top trois. Dans le vestiaire, personne ne dit qu'on va jouer pour être dixième. Ou alors, autant choisir ses matches... Il y a de la qualité avec Smolders, Chabaud, Oulmers et Geoffrey Mujangi Bia. Pour moi, Geoffrey est peut-être le joueur le plus talentueux du championnat belge. Qui sait s'il ne sera pas la révélation de la saison ? A Charleroi, je constate qu'un joueur se met toujours en évidence par saison : Cyril Théréau, Joseph Akpala... Ou bien cette année, ce sera toute l'équipe qui brillera. Ben alors là... Je ne sais pas. Si quelqu'un nous veut, il paiera le prix. Peut-être. Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête des managers. Un, nous n'avons jamais affirmé que nous étions les meilleurs. Ce sont les journalistes qui ont tiré cette conclusion. Deux, nous sommes heureux de l'entendre mais ce n'est pour cela que nous faisons tout un cinéma. Quand on monte sur le terrain, on ne se dit pas : Nous sommes les meilleurs de Belgique et tout va rouler pour nous !Le Standard dispose d'une formation très costaude, d'un groupe de qualité et d'un excellent entraîneur. Mais derrière, tout est jouable. Bruges a réussi un très bon recrutement en transférant Akpala et Nabil Dirar. Anderlecht connaît des difficultés mais reste un grand club qui termine toujours au moins dans les deux premières places. Ensuite, plusieurs formations se battront pour le quatrième strapontin : Gand, le Cercle, le Germinal Beerschot... C'est du passé. Je réalisais une excellente saison mais je repars aujourd'hui à zéro. Je n'y pense pas, j'ai tout oublié. Charleroi ne dispose pas d'infrastructures comparables à celles d'Anderlecht et du Standard. Ce type d'installations manque aux joueurs. Pour le reste, je ne vois pas où vous voulez en venir... Non. Les qualités, on les a. La saison dernière, nous avons raté plusieurs tournants décisifs. Si nous n'avions pas perdu cinq matches d'affilée au premier tour, Charleroi aurait terminé quatrième ou cinquième. On doit continuer à penser qu'on peut terminer champion, comme le président le souhaitait. Même si c'est un défi difficile. Tous les joueurs du championnat belge veulent être champions, non ? Mais pour y arriver, il faut beaucoup de régularité et d'envie. Je constate que Westerlo a joué 60 minutes regroupé derrière. Et contre Roulers, Charleroi s'est créé un paquet d'occasions. Il ne faut pas nous juger après deux matches et dire qu'on a des problèmes offensifs. Les buts vont tomber. Terminer avec le meilleur buteur du championnat, c'était quand même beau, non ? Je n'ai pas à juger le choix de la direction. Mais c'est une perte pour le groupe. Joseph était ami avec tout le monde et apportait beaucoup de solutions sur le terrain. Mais peut-être que Théréau et Abdessalam Benjelloun marqueront chacun 18 buts... Je ne suis pas au courant. (il sourit)Avec les joueurs dont nous disposons, c'est vrai que nous devrions plus facilement trouver le chemin des filets. Mais regardez le match contre Roulers : Mujangi Bia a tiré sept ou huit fois au goal. A chaque fois, il s'est heurté au gardien ou au cadre du but. C'est aussi lié au contexte. Nous tenons plus facilement la route contre les ténors car ils évoluent à visière découverte. Puis, il y a des formations comme Westerlo qui jouent à dix derrière et qui ont peur de jouer contre Charleroi... Je suis sûr et certain que plusieurs équipes craignent de se déplacer chez nous. A Charleroi, tout le monde est capable de créer le danger et de marquer des buts fantastiques. Ce qu'il nous manque ? Trois ou quatre victoires d'affilée pour nous donner l'envie de gagner encore plus. C'est qu'il sera plus fort que moi. Mais je me battrai pour récupérer ma place en défense, en milieu ou en attaque. Je ne traînerai rien du tout. Ce qui compte, c'est ce que l'entraîneur me demande. Si je mets ses consignes en application, je serai satisfait. Après, je peux être content de moi et l'entraîneur pas... Mais je vais me battre pour être sur le terrain. Cela peut prendre un mois, deux mois, six mois. Je ne suis pas voyant.par simon barzyczak - photos : reporters/ hamers