J'avoue être un supporter à la carte : je prends match par match et diverses variables font que je désirerai (ardemment, même) la victoire de l'un et pas de l'autre. Parfois, comme ce fut le cas lors des huitièmes entre Marseille et l'Inter, l'un m'irrite tellement que je prends parti pour l'autre, sans même qu'il m'enthousiasme. A l'aller, on jouait depuis dix minutes à peine et j'avais déjà vu trois fois Walter Samuel tricher impunément avec ses bras pleins de coudes et ses mains pleines de doigts.

Ça n'allait pas cesser, ça fait d'ailleurs des années que ça ne cesse pas : ce ne sont pas des moments de fraude passagère, c'est chez lui un idéal de vie articulé sur l'antijeu manuel, et assumé continûment. Il paraît qu'on l'appelle The Wall, c'est flatteur et inexact, un mur résiste passivement. Alors que Samuel, bien plus que ceux qui ne sont méchants qu'avec leurs jambes, est une pieuvre scélérate : la télé nous le répète, les arbitres s'en fichent et ça me donne des pustules. Mes joies sur le but d' André Ayew à l'aller, sur celui de Brandao au retour, ne tiennent guère qu'à cette allergie.

Toujours subjectif, mon supportarisme ponctuel est parfois plus noble. Ainsi, lorsque Naples reçut Chelsea. Savoir Napoli ressurgi des tréfonds, c'était voir repasser dans mes mirettes une sacrée tranche d'histoire du foot (86/89), quand Diego Maradona hissa quasi seul le club au firmament : quasi seul, mais je me rappelle quand même Careca (fameux buteur), Ciro Ferrara (20 saisons de Calcio, à Naples puis à la Juve !) et Fernando De Napoli... facile à retenir ! Puis, je me ramasse un coup de mythe supplémentaire en lisant que le président de la résurrection s'appelle Aurelio De Laurentiis, neveu de l'immense Dino, un des plus grands producteurs de l'histoire du cinéma, et qui fut l'époux de Silvana Mangano. Footeux cinéphiles, vous rendez-vous compte ? ! C'est dingue. Impossible qu'avec pareils gènes, ilNapoli nouveau ne soit pas épique, volcanique, voire magique avec un peu de bol ! Il m'a effectivement plu, j'aurais préféré que Chelsea chute.

Peut-être étais-je dans un bon jour et eux aussi. Toujours est-il qu'il y avait longtemps que deux attaquants ne m'avaient plus donné une si belle impression de complémentarité à grande vitesse, dans les espaces grands ou petits. Ezequiel Lavezzi est une bombinette qui provoque et appelle : ça gigote, c'est jeune et plein d'initiatives, faut pas prendre Lavezzi pour une baderne ! Et dans les parages, moins flashant mais plus complet, Edinson Cavani sait tout faire, placer le comparse sur orbite, mais aussi buter, temporiser, réfléchir, passer son homme : Uruguayen fortichissime, Diego Forlán c'est du passé ! Un peu plus bas, le troisième larron d'attaque n'est pas mal non plus, mais Marek Hamsik m'a surtout plu par la manière de construire avec les deux autres le repli défensif en perte de balle.

Reste à citer Gokhan Inler pour constituer le carré d'as : le capitaine de la Suisse est le souverain du rond central, le régulateur du Napoli. Le gâteau napolitain est un gâteau quatre quarts !

Hormis Christian Maggio trop tôt blessé au match-retour, les autres m'ont moins marqué. Dans un premier temps, je me suis dit -Chouette !, enfin le retour d'une défense à trois devenant défense à cinq quand les deux flancs se replient : Walter Mazzarri ose autre chose que cette défense à quatre politiquement correcte ! J'ai donc cru que Paolo Cannavaro allait couvrir deux impitoyables garde-chiourmes de la vieille école avant de déchanter. C'était une défense de zone à trois, et qui zonait même très fort par moments ! Comme dans le système à quatre, les latéraux sortent s'ils en sont capables, y'a rien là d'innovant ou de revival. Si ce n'est que les centraux, en début de reconstruction et vu qu'ils sont trois, font joujou entre eux sans avoir besoin d'intégrer un demi (très) défensif à leur circulation temporisatrice. Ce qui fait qu'au Napoli, Inler comme son compère Walter Gargano campent alors un cran plus haut. Mais ce n'est pas ça qui fera que le Vésuve va vrombir de plaisir.

J'aurais préféré que Chelsea chute.

J'avoue être un supporter à la carte : je prends match par match et diverses variables font que je désirerai (ardemment, même) la victoire de l'un et pas de l'autre. Parfois, comme ce fut le cas lors des huitièmes entre Marseille et l'Inter, l'un m'irrite tellement que je prends parti pour l'autre, sans même qu'il m'enthousiasme. A l'aller, on jouait depuis dix minutes à peine et j'avais déjà vu trois fois Walter Samuel tricher impunément avec ses bras pleins de coudes et ses mains pleines de doigts. Ça n'allait pas cesser, ça fait d'ailleurs des années que ça ne cesse pas : ce ne sont pas des moments de fraude passagère, c'est chez lui un idéal de vie articulé sur l'antijeu manuel, et assumé continûment. Il paraît qu'on l'appelle The Wall, c'est flatteur et inexact, un mur résiste passivement. Alors que Samuel, bien plus que ceux qui ne sont méchants qu'avec leurs jambes, est une pieuvre scélérate : la télé nous le répète, les arbitres s'en fichent et ça me donne des pustules. Mes joies sur le but d' André Ayew à l'aller, sur celui de Brandao au retour, ne tiennent guère qu'à cette allergie. Toujours subjectif, mon supportarisme ponctuel est parfois plus noble. Ainsi, lorsque Naples reçut Chelsea. Savoir Napoli ressurgi des tréfonds, c'était voir repasser dans mes mirettes une sacrée tranche d'histoire du foot (86/89), quand Diego Maradona hissa quasi seul le club au firmament : quasi seul, mais je me rappelle quand même Careca (fameux buteur), Ciro Ferrara (20 saisons de Calcio, à Naples puis à la Juve !) et Fernando De Napoli... facile à retenir ! Puis, je me ramasse un coup de mythe supplémentaire en lisant que le président de la résurrection s'appelle Aurelio De Laurentiis, neveu de l'immense Dino, un des plus grands producteurs de l'histoire du cinéma, et qui fut l'époux de Silvana Mangano. Footeux cinéphiles, vous rendez-vous compte ? ! C'est dingue. Impossible qu'avec pareils gènes, ilNapoli nouveau ne soit pas épique, volcanique, voire magique avec un peu de bol ! Il m'a effectivement plu, j'aurais préféré que Chelsea chute. Peut-être étais-je dans un bon jour et eux aussi. Toujours est-il qu'il y avait longtemps que deux attaquants ne m'avaient plus donné une si belle impression de complémentarité à grande vitesse, dans les espaces grands ou petits. Ezequiel Lavezzi est une bombinette qui provoque et appelle : ça gigote, c'est jeune et plein d'initiatives, faut pas prendre Lavezzi pour une baderne ! Et dans les parages, moins flashant mais plus complet, Edinson Cavani sait tout faire, placer le comparse sur orbite, mais aussi buter, temporiser, réfléchir, passer son homme : Uruguayen fortichissime, Diego Forlán c'est du passé ! Un peu plus bas, le troisième larron d'attaque n'est pas mal non plus, mais Marek Hamsik m'a surtout plu par la manière de construire avec les deux autres le repli défensif en perte de balle. Reste à citer Gokhan Inler pour constituer le carré d'as : le capitaine de la Suisse est le souverain du rond central, le régulateur du Napoli. Le gâteau napolitain est un gâteau quatre quarts ! Hormis Christian Maggio trop tôt blessé au match-retour, les autres m'ont moins marqué. Dans un premier temps, je me suis dit -Chouette !, enfin le retour d'une défense à trois devenant défense à cinq quand les deux flancs se replient : Walter Mazzarri ose autre chose que cette défense à quatre politiquement correcte ! J'ai donc cru que Paolo Cannavaro allait couvrir deux impitoyables garde-chiourmes de la vieille école avant de déchanter. C'était une défense de zone à trois, et qui zonait même très fort par moments ! Comme dans le système à quatre, les latéraux sortent s'ils en sont capables, y'a rien là d'innovant ou de revival. Si ce n'est que les centraux, en début de reconstruction et vu qu'ils sont trois, font joujou entre eux sans avoir besoin d'intégrer un demi (très) défensif à leur circulation temporisatrice. Ce qui fait qu'au Napoli, Inler comme son compère Walter Gargano campent alors un cran plus haut. Mais ce n'est pas ça qui fera que le Vésuve va vrombir de plaisir. J'aurais préféré que Chelsea chute.