Etonnant le retour du Standard?
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Etonnant le retour du Standard?Georges Heylens : Tout le monde parle de Genk, de Bruges et d'Anderlecht: cela permet aux Standardmen de monter en puissance sans crier gare. En un an, Michel Preud'homme et son staff ont réalisé du bon travail. L'équipe est à l'aise dans un 4-3-3 souple dont les grandes lignes tactiques ne changent pas même quand il y a des blessés, des suspendus... Les Rouches ont joué sans Johan Walem, Ole-Martin Aarst et Michaël Goossens à Westerlo. Ce groupe a de la volonté mais on parle de renforts pour le mois de janvier afin de remplacer blessés et Africains retenus pour la CAN. Preud'homme dit que les nouveaux seront engagés en songeant à l'avenir et ne seront pas des dépanneurs pour six mois. Le futur du Standard, c'est pas la saison prochaine, c'est dès janvier. Il y aura un avenir si le Standard recommence l'année comme il a négocié décembre. Le court terme est important dans ce sport. Le Standard a forgé un groupe solide mais il n'est pas facile d'intégrer de nouveaux joueurs en cours de saison: on ne sait jamais si la greffe prendra ou pas. En tout cas, revoilà le Standard et c'est une bonne chose pour le football belge. Ils sont désormais cinq dans un mouchoir de poche. Ça nous fera un tour final de quatre mois et ce sera une source d'affiches, de richesses, etc. Comment expliquez-vous la chute de régime des Brugeois?Je ne suis pas d'accord avec Aimé Anthuenis quand il dit qu'Anderlecht n'a pas souffert. Il suffit de revoir le film de la première mi-temps. Bruges dominait le jeu. La sortie de Nzelo Lembi a désorganisé Bruges. J'apprécie le retour de Gilles de Bilde mais dans cette affaire-là, il écrase volontairement le genou du Congolais. Une faute qui doit être dénoncée publiquement car ce n'est pas tolérable sur un terrain de football. Gilles De Bilde n'a pas besoin de cela pour être brillant. Sans Lembi, Trond Sollied a revu sa tactique, fait rentrer Sillah, etc. On a alors vu que le gros problème de Bruges est de ne pas avoir un banc à la hauteur de ses ambitions. On ne peut pas gagner un championnat avec onze ou douze joueurs, il en faut au moins seize. L'effectif de Bruges est trop court, en quantité, et cela explique sa baisse de régime. Bruges a craqué en fin de match à Lyon, a baissé le pied en deuxième mi-temps lors de son match à Anderlecht, etc. Gert Verheyen a raté son penalty car le manque de fraîcheur et de lucidité se paye. Si Bruges avait eu autant de blessés qu'Anderlecht et le Standard, ses problèmes se seraient révélés encore plus tôt: la trêve survient au bon moment pour ce club. Le banc d'Anderlecht est autrement mieux fourni...Stoica a entamé le match sur le banc : il a fait la différence en montant au jeu.Tout à fait. Stoica m'a plu, par sa classe mais aussi par son engagement et son pressing. Le Roumain a été au feu, avec peut-être une faute à la clef afin de piquer la balle à Peter Vanderheyden et de la transmettre, pour le but, à Dindane. Si Stoica s'en allait, ce serait aussi grave pour Anderlecht que le départ des Africains du Standard et de Genk pour la CAN. Je ne dis pas qu'Alin Stoica est unique. Anderlecht trouvera d'autres Stoica mais pour le moment, il est indispensable. Sans lui, ce sera plus difficile dans la lutte pour le titre. Anderlecht ne parvient pas à lui présenter un projet séducteur: étonnante défaite pour la direction. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, garder Stoica sans délier les cordons de la bourse, gagner facilement le titre sans lui, etc. C'est un gros problème et Anderlecht est un peu dans la situation de la DAT: il faut un miracle pour voler ou résoudre le problème Stoica. A la DAT, ils ont surmonté le problème grâce à Etienne Davignon et Maurice Lippens. Les Mauves devraient peut-être faire appel à Davignon, un supporter, pour garder Stoica sur la piste du Stade Constant Vanden Stock.photo systèmùe standardPierre Bilic