Avec un bilan de 21 points sur 36, le Germinal Beerschot s'est extirpé de la zone dangereuse grâce à un deuxième tour de très bonne facture. Pour comparaison, sur la même période, le Standard n'a engrangé que 23 unités et Anderlecht 24. Pourtant, le feu couve à la maison anversoise. Déçu, amer, Jos Daerden regrette que sa direction ne lui ait pas montré davantage de considération. Mais il préfère s'attarder sur son bilan et son parcours au sein d'une formation qu'il avait déjà fréquentée lorsqu'il était encore joueur.
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Avec un bilan de 21 points sur 36, le Germinal Beerschot s'est extirpé de la zone dangereuse grâce à un deuxième tour de très bonne facture. Pour comparaison, sur la même période, le Standard n'a engrangé que 23 unités et Anderlecht 24. Pourtant, le feu couve à la maison anversoise. Déçu, amer, Jos Daerden regrette que sa direction ne lui ait pas montré davantage de considération. Mais il préfère s'attarder sur son bilan et son parcours au sein d'une formation qu'il avait déjà fréquentée lorsqu'il était encore joueur. Au fond du trou au moment où Daerden fut appelé à succéder à Marc Brys, les Rats ont retrouvé leur mordant : " Je me suis adapté. On joue avec trois défenseurs (ou cinq selon les circonstances) et on doit contrôler la rencontre et miser sur les contres avec Tosin Dosunmu. Une des qualités d'un entraîneur, c'est de savoir juger son noyau. Si c'est possible, on peut prendre l'initiative mais ici, ce n'est pas le cas. A Mons, par contre, on était condamné à gagner. Il ne fallait pas spéculer. On essayait alors de faire le jeu " J'ai pris la décision de quitter le club à la fin du championnat et rien ne pourra me faire changer d'avis. Pour travailler dans des conditions optimales, il faut une base faite de respect et de confiance. Et je ne l'ai pas toujours sentie. C'est difficile à expliquer. Cette situation résulte d'une accumulation de petits détails, qui, pour certains, n'ont pas d'importance mais qui comptent à mes yeux. Par exemple, on trouve tout à fait normal le cheminement accompli depuis que j'ai repris l'équipe alors qu'au départ, on ne me demandait que d'assurer le maintien. Peut-être. Moi, je vois que l'on est sauvé à six matches de la fin. Ce que personne n'aurait imaginé en octobre. Parfois, j'ai le sentiment que mon travail ne compte pas. Si le coach est responsable quand cela ne tourne pas, on peut, peut-être, lui reconnaître des mérites quand les résultats suivent. C'est vrai. J'ai annoncé ma décision juste après le match contre Roulers sans mettre la direction préalablement au courant. Normalement, cela ne se fait pas mais j'ai suivi la conduite des dirigeants qui passaient par la presse pour faire passer des messages. J'ai montré que je savais le faire aussi. Malgré les bons résultats, lorsque j'ai parlé de mon avenir au président, il m'a dit que mon renouvellement n'était pas une priorité pour lui. J'ai montré que je pouvais aussi prendre une décision. Ils croyaient sans doute que je voulais rester à tout prix. Rester oui. A tout prix, non. J'ai joué ici, je connais la maison. Je voulais encore travailler ici mais je sais ce que je veux et je suis mes convictions, même si je n'ai rien comme offre derrière. Je ne suis pas du genre à demeurer dans un club à n'importe quel prix. Non. Chaque entraîneur a sa façon de travailler. Quand je suis arrivé, je n'ai pas retrouvé un groupe en lambeaux. Au contraire, Marc Brys avait effectué du bon boulot. Il y avait une bonne base. Mais je ne me suis pas senti écrasé pour autant par la nostalgie de la période Brys. Et puis, c'est toujours la même chose. Quand on sort d'un coach autoritaire, on recherche quelqu'un de plus humain et quelques mois après, on vous reproche ce côté humain. Cette étiquette me suit partout mais je sais prendre les décisions quand il le faut... sans m'épancher dans la presse. Les gens qui doivent être au courant le sont. Au Germinal, j'ai eu un incident avec un joueur. On s'est expliqué et il a été puni. Lui seul sait pourquoi. Il y avait trop de joueurs à cause d'achats de dernière minute. Il y avait donc trop de mécontents et de déçus et ce n'est jamais bon. Ils ne disent rien pendant un moment mais quand les résultats ne suivent pas, ce sont les premiers à sortir du bois. On a vendu beaucoup d'éléments au mercato et on en a attiré trois. Désormais, on dispose d'un noyau de 20 joueurs et trois gardiens. C'est largement suffisant. Il fallait aussi que cette équipe quitte l'euphorie dans laquelle elle s'était laissée entraîner après la victoire en Coupe. Non. Nous sommes dans deux configurations différentes. Ici, l'état d'esprit était bon malgré le mauvais début de championnat. Cependant, quand vous arrivez dans un groupe, il vous faut deux à trois semaines avant de cerner son potentiel. Certains transferts étaient ratés mais on disposait avec Dosunmu d'une arme redoutable. A Mons, après deux semaines, tout le monde s'était rendu compte qu'il y avait des joueurs qui n'avaient pas le niveau. Oui, mais je retire quand même des enseignements positifs. Ici, j'ai expliqué au président ma manière de travailler et les résultats confirment qu'elle est bonne. J'ai insisté pour qu'il y ait un suivi médical et cela porte ses fruits. A Genk, le club a décidé d'opter pour une autre politique. Evidemment, si j'avais su ce que je sais maintenant, je n'aurais pas investi mon temps dans ce travail d'entraîneur adjoint. A Mons, lorsqu'à la trêve, on planchait, avec le président, à l'amélioration du noyau, il m'a confié que c'était la première fois qu'il avait affaire à quelqu'un qui lui présentait un plan. Je pourrais retravailler dans tous les clubs où je suis passé. Oui. Je garde de bons souvenirs de mon passage là-bas. J'avais de bonnes relations avec le président et je ne sais toujours pas ce qui s'est passé dans sa tête pour qu'il me limoge. Il y a bien eu cet incident lors de la rencontre contre Westerlo... Oui. Westerlo avait égalisé juste avant la mi-temps. Le président est rentré dans les vestiaires et a gueulé sur ses joueurs. Mais pour moi, ce n'était pas le moment. Westerlo s'était présenté dans une configuration complètement différente à celle expliquée à la théorie et cela avait perturbé les joueurs. Il y avait donc une raison footballistique et je voulais profiter de la mi-temps pour recadrer tout cela et expliquer à chacun sa tâche. J'ai dit au président qu'il ne devait y avoir qu'un seul patron dans un vestiaire et que c'était moi. Mais il a continué à gueuler. J'ai donc préféré sortir. Je ne suis retourné au vestiaire qu'une fois le speech terminé. Le lundi, on m'a signifié mon départ. Non. Je lui ai serré la main et je suis parti. Pourtant, je conserve un bon souvenir de cet homme. A mon avis, il n'était pas bien entouré. Pendant, la trêve, on a travaillé non-stop, durant 10 jours pour mettre sur pied une équipe compétitive. On n'a fait un break que le jour de Noël. ( Il réfléchit) Finalement, le moment crucial restera la blessure de Cédric Berthelin. On a joué cinq matches sans lui et pas pris le moindre point. Pour moi, il doit évoluer en D1. C'est un exemple pour les autres. Avant la trêve, il n'y avait rien à Mons. Ce n'était pas une équipe de footballeurs professionnels. L'arrivée de gars comme Marc Schaessens ou Berthelin a rendu ce groupe plus pro. Avant, on avait affaire à une école remplie de jeunes qui venaient s'amuser mais pas progresser. Mis à part Nicolas Goussé, qui en avait marre de cet état d'esprit de dilettante. Il y avait trop de joueurs trop peu occupés par leur métier. Et puis, on ne voulait rien investir en matériel ou staff médical. Moi, je préfère qu'on achète un joueur de moins pour investir dans le médical. Et ne parlons pas des terrains d'entraînement. On ne pouvait faire que des 5 contre 5, tellement ils étaient petits. Pas question non plus d'effectuer des 10 contre 10 pour préparer le match du lendemain. A un moment donné, on ne roulait plus le terrain parce que le tracteur était en panne. Il a fallu deux mois pour le réparer. J'ai fouillé les environs pour trouver une solution. Finalement, on a élaboré un partenariat avec les Francs Borains où notre équipe Réserve allait s'entraîner mais ce n'était pas à moi à m'occuper de tout cela. Cependant, je vois que l'on a su tirer certains enseignements car maintenant, les terrains d'entraînement sont là. Si. Petit à petit, j'ai senti que des gens qui s'étaient tus lorsque les résultats suivaient recommençaient à parler. On venait de réaliser sept points sur 12. Et je retrouvais, dans les couloirs, près des vestiaires, aux entraînements, des personnes qui n'avaient rien à faire là. Des conseillers, des managers. Vous les appelez comme vous vous voulez Je n'ai eu aucun contact avec les dirigeants. Tout le monde sait que je suis libre et si un club est intéressé, il sait où s'adresser. Je me ferai un plaisir de discuter et d'expliquer ma manière de travailler. Je veux aussi entendre les objectifs du club qui fera appel à moi et analyser les moyens mis en £uvre pour les réaliser. Non. Je voudrais simplement rester en D1. Si on me demande de disputer le maintien et que cela me semble réalisable, OK. Et si on me demande de viser l'Europe, je veux que l'on m'explique la stratégie mise en place pour tendre à cet objectif. Je suis ouvert et cela ne me dérangerait pas, non plus, de partir à l'étranger. J'avais d'ailleurs eu quelques contacts en D2 allemande en début de saison. STÉPHANE VANDE VELDE