La saison belge en circuits débute ce week-end au New Race Festival à Zolder. Le Belcar occupe plus que jamais le haut de l'affiche, le niveau des équipages de pointe ayant encore grimpé par rapport à l'année dernière. Le champion en titre Robert Dupont ne disputera que quelques courses et laissera à ses équipiers Bert Longin et Anthony Kumpen le soin de défendre le pavillon du GLPK Racing. Rencontre avec le dernier nommé, très affûté avant ce coup d'envoi.
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La saison belge en circuits débute ce week-end au New Race Festival à Zolder. Le Belcar occupe plus que jamais le haut de l'affiche, le niveau des équipages de pointe ayant encore grimpé par rapport à l'année dernière. Le champion en titre Robert Dupont ne disputera que quelques courses et laissera à ses équipiers Bert Longin et Anthony Kumpen le soin de défendre le pavillon du GLPK Racing. Rencontre avec le dernier nommé, très affûté avant ce coup d'envoi. Anthony Kumpen : C'est dans ces courses que je me suis fait connaître. Et si ces dernières années j'ai donné la priorité au championnat FIA-GT, j'ai joué les premiers rôles à chaque retour sur la scène belge. Au départ de ce Belcar 2004, je compte effectivement parmi les prétendants à la victoire mais je ne me considère pas comme le favori... L'homme à battre, c'est Marc Goossens, un super pilote qui s'appuie sur un gros bagage technique et dispose avec la Corvette de la meilleure GT actuelle. Au risque de faire rougir Marc, je le compare au niveau belge à... Michael Schumacher : comme celui-ci chez Ferrari, il va prendre une importance croissante au sein de son équipe et la faire progresser dans tous les domaines. Au fil des épreuves, il se révélera de plus en plus difficile à battre. Certes non, je vais donner le maximum, comme toujours. Et je peux moi aussi présenter quelques solides arguments. Je forme avec Bert Longin un équipage fiable, expérimenté et homogène, autant de qualités souvent déterminantes dans les efforts de longue haleine. Autre atout, le team GLPK maîtrise parfaitement son sujet et peut apporter le petit plus qui fait la différence, surtout en début de saison quand certaines formations se cherchent encore. Enfin, la Chrysler Viper demeure une arme redoutable dans le cadre d'une série nationale. On peut le dire. J'ai connu à son bord plusieurs moments très forts, tant en Belgique qu'à l'étranger. Je suis d'ailleurs l'auteur de la dernière pole-position signée par une Viper en FIA-GT, c'était à Monza fin 2003. Elle accuse le poids des ans, tout simplement. L'usine a stoppé son développement et faute de moyens, les préparateurs privés comme GLPK ne peuvent aller aussi loin qu'un service course officiel. Outre une boîte de vitesses séquentielle et quelques innovations aérodynamiques, Georges Segers et Franck Steukers, les deux techniciens de GLPK, ont modifié les suspensions. Ils ont dessiné de nouveaux triangles et adapté un système d'amortisseurs conçu par des ingénieurs espagnols pour les voitures de rallye ; notre Viper sera la première à utiliser cette solution en circuit. Pas du tout, et je m'y implique avec d'autant plus d'enthousiasme qu'il cadre avec ma mission auprès de Pirelli ; je suis en effet sous contrat avec le manufacturier italien qui me fait confiance pour l'élaboration de ses produits en GT. Or, l'évolution d'un pneumatique est étroitement liée à celle de la suspension sur une voiture de course. Non, bien entendu. D'abord, je souligne que je ne suis pas pilote professionnel. J'en ai rêvé mais c'est fini... Je partage mon temps entre le sport auto et mon job de directeur commercial chez Ridley Bike, une firme produisant des vélos haut de gamme. Mon programme sur quatre roues présente plusieurs facettes : à côté de notre championnat sur la Viper, je disputerai quelques épreuves en France et la nouvelle série Le Mans Endurance au volant d'une Pagani Zonda. Fin 2003, je ne voulais plus en entendre parler tant elle m'avait valu de déceptions... Mais j'ai changé d'avis après de récents tests en Italie : non seulement la Zonda n'a connu aucun souci majeur mais elle a signé des chronos très convaincants, près de deux secondes plus vite que la Viper sur un tour effectué en une grosse minute ! L'équipe managée par le Hollandais Toine Hezemans a donc effectué du bon boulot sur cette superbe auto que je devrais partager avec l'ancien pilote de F1 Philippe Alliot. Je rêve de gagner un jour les 24 Heures du Mans. Contrairement à beaucoup d'autres jeunes pilotes, je n'ai jamais fantasmé sur la F1 et dès le début de ma carrière, je me suis fixé un but : m'imposer au Mans. J'y ai déjà participé à trois reprises et si par malheur je ne figure pas sur la liste des engagés en juin prochain, je me rendrai dans la Sarthe en spectateur. Cette course, c'est un nom, un mythe, une ambiance ! Rien à voir avec d'autres classiques, même les 24 Heures de Spa. Bien sûr, mais j'ignore encore sur quelle voiture. Peut-être une Ferrari 575, ou une Saleen, tout dépendra de Pirelli. Une dizaine de voitures peuvent gagner, c'est génial. A côté de la Corvette de Goossens-Lamot et de la Viper que je partage avec Bert Longin, il faudra compter sur les deux autres Chrysler de Hart-Hezemans et Kuismanen-Hasenbichler. Gare aussi aux nombreuses Porsche 996 biturbo, notamment celles de Vosse-Bouvy et Wauters-Van Ierschot. Les places seront chères et l'expérience des équipes au stand sera déterminante. Non, les budgets restent raisonnables. Prenez l'exemple du team GLPK : en repartant sur les mêmes bases qu'en 2003, il va encore jouer la gagne. De toute façon, chacun doit fixer ses objectifs en fonction des moyens dont il dispose : les amateurs visent les victoires de classe, les pros ont d'autres ambitions. Globalement, la formule est bonne. Eric Faure