Infrastructures Construire un stade avec le privé

Jean-Claude Baudart, le président de l'Union Namur, raconte souvent que son club est une 2 CV qui doit se mesurer à des Ferrari. Alors, il faut mettre les mains dans le cambouis et il y a du travail dans le garage des Merles. Les Namurois ne jouent plus au stade Michel Soulier depuis quelques années. Cette enceinte a cédé sa place à un parking d'hôpital. Leur QG se situe au stade communal qui hébergeait autrefois Wallonia Namur. Les Merles y sont à l'étroit : la capitale de la Région wallonne ne mérite-t-elle pas un stade plus coquet et moderne ? L'Union Namur a failli s'installer à Jambes où le stade ne demanderait qu'un lifting modéré. La solution se situe ailleurs.
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Jean-Claude Baudart, le président de l'Union Namur, raconte souvent que son club est une 2 CV qui doit se mesurer à des Ferrari. Alors, il faut mettre les mains dans le cambouis et il y a du travail dans le garage des Merles. Les Namurois ne jouent plus au stade Michel Soulier depuis quelques années. Cette enceinte a cédé sa place à un parking d'hôpital. Leur QG se situe au stade communal qui hébergeait autrefois Wallonia Namur. Les Merles y sont à l'étroit : la capitale de la Région wallonne ne mérite-t-elle pas un stade plus coquet et moderne ? L'Union Namur a failli s'installer à Jambes où le stade ne demanderait qu'un lifting modéré. La solution se situe ailleurs. " A Belgrade, on pourrait bâtir un stade de 10.200 places ", avance Baudart. " Il y aura forcément une collaboration entre le privé et le public. Mais l'investissement serait assuré par le privé. Il faut suivre l'exemple des Néerlandais qui ont construit des stades fonctionnels. Namur doit passer par là pour avancer. Je prévois un investissement total de 45 millions d'euros. Si la volonté y est, un tel projet peut être bouclé en deux ou trois ans. Je connais des investisseurs qui sont prêts. Namur dispose de deux beaux complexes d'entraînement pour la première et les jeunes à Saint-Servais et à Jambes. "Le nouveau Marouane Fellaini, Eliaquim Mangala (17 ans, il a signé un contrat professionnel de cinq ans au Standard) a fait partie des équipes de jeunes de Namur où il fut notamment entraîné par Zoran Bojovic, qui fut le premier à détecter son potentiel . Baudart estime que l'avenir passera aussi par plus de formation. Le budget de 600.000 euros est couvert à hauteur de 25 à 30 % par les recettes spectateurs. Les annonceurs régionaux considèrent encore souvent que leur action est synonyme de mécénat. Baudart insiste et leur explique qu'on " investit " dans un club de football. Une présence dans un stade peut et doit rapporter une notoriété, des clients, des parts de marché, etc. Baudart estime que l'effort de l'Exqi League est intéressant mais Namur a besoin de sponsors nationaux qui sont séduits par la D1 et des stades modernes. Baudart a succédé à Armand Kaida pris dans la tourmente judiciaire du casino local. Sans Baudart, que serait devenu le foot à Namur ? Il a redressé le tir. La rumeur raconte qu'il y a laissé 1,5 million d'euros mais il refuse de commenter : " Je me suis battu et j'ai permis à mon club de revenir en D2 ", dit-il. " J'ai réussi mon pari. Maintenant, c'est à d'autres de prendre le relais. " C'est ce que devrait faire l'Italien Fabio Cordella fin octobre. Baudart : " Non, je ne suis pas d'accord : les clubs ne sont pas assez soutenus. Namur reçoit un subside de 50.000 euros. Or, je dépense 53.000 euros pour les frais non sportifs : eau, gaz, électricité, etc. C'est une erreur de dire que le football wallon ne tient debout que grâce à la politique. "On ne peut pas dire que l'Union Namur attire la grande foule : en général, guère plus de 1.200 spectateurs vont au stade. " Notre club récolte plus de soutien et de compréhension loin de chez lui ", prétend Jean-ClaudeBaudart. " Nous avons même bien contribué à redorer et à moderniser l'image de marque namuroise. Malgré cela, les Namurois ne sont jamais contents de leur club. Je vois beaucoup de grincheux. Namur n'a évidemment aucune culture de la D1. On a tout connu ici : la Promotion, la D3, la D2 et tout aurait déjà été différent si nous avions déjà goûté, même du bout des lèvres, à la D1. Si tout se passe bien avec les repreneurs italiens, Namur jouera un jour parmi l'élite. Mais il faut accepter la différence pour progresser. Chacun devra faire un pas vers l'autre. Les Transalpins ont un gros savoir-faire mais doivent découvrir les spécificités du football belge. " par pierre bilic