Vous souvenez-vous du 5 juillet 2004 ? Du conte de fées grec ? Les Hellènes, bénis par les Dieux de l'Olympe, ont successivement fait tomber la France en quarts de finale, la République Tchèque en demi-finales et le Portugal en finale pour remporter le Championnat d'Europe. L'entraîneur allemand Otto Rehhagel, sexagénaire, est devenu un héros en Grèce. Il a été fait citoyen d'honneur d'Athènes, élu Grec de l'Année (premier étranger honoré de la sorte), puis plébiscité World National Coach of the Year. Son capitaine, le travailleur Theodoros Zagorakis, a été élu Joueur du Tournoi.
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Vous souvenez-vous du 5 juillet 2004 ? Du conte de fées grec ? Les Hellènes, bénis par les Dieux de l'Olympe, ont successivement fait tomber la France en quarts de finale, la République Tchèque en demi-finales et le Portugal en finale pour remporter le Championnat d'Europe. L'entraîneur allemand Otto Rehhagel, sexagénaire, est devenu un héros en Grèce. Il a été fait citoyen d'honneur d'Athènes, élu Grec de l'Année (premier étranger honoré de la sorte), puis plébiscité World National Coach of the Year. Son capitaine, le travailleur Theodoros Zagorakis, a été élu Joueur du Tournoi. Theodoros Zagorakis ? Il fallait être un passionné pur et dur de football pour pouvoir décrire ses qualités, bien qu'il compte près d'une centaine de sélections. Les Grecs le connaissaient, comme les supporters de Leicester City, dont il a porté le maillot quelques saisons, mais pas le reste du monde. Désormais, Zagorakis est également connu en Italie. Suite à ses problèmes financiers, l'AEK a dû le céder à Bologne après l'EURO. Il n'est qu'un des nombreux Grecs transférés à l'étranger à ce moment. Avant l'EURO, seuls sept internationaux évoluaient en dehors de leurs frontières. Leur nombre a doublé. On trouve des footballeurs grecs dans huit pays, avec des succès très variés. Ainsi, Traianos Dellas, le pilier de la défense hellénique, a été souvent blessé à l'AS Rome et a été prié d'aller voir ailleurs. Angelos Charisteas, meilleur buteur grec pendant l'EURO avec trois goals, n'a pas vécu une saison folichonne au Werder Brême. En janvier, il a été transféré à l'Ajax pour enfin pouvoir jouer. Georgios Karagounis piétine dans le large noyau de l'Inter, dont il faisait partie avant l'EURO. D'autres ont eu plus de succès : Panagiotis Fyssas a été champion avec Benfica, Zisis Vryzas a contribué à la promotion en Primera Division du Celta Vigo. L'EURO 2004 avait tout du conte de fées pour les Grecs. Pour le réaliser, Otto Rehhagel û si fidèle à sa patrie d'adoption qu'il refusa une offre lucrative de la Mannschaft û s'était surtout efforcé de former, en trois ans, un bloc solide. A peine la victoire acquise, les joueurs les plus réalistes pressentaient qu'il leur serait difficile de confirmer. Un champion d'Europe ne peut être absent de la Coupe du Monde. Or, les Grecs ne semblent pas avoir d'atomes crochus avec ce tournoi. Le pays de Zagorakis ne s'est qualifié pour la phase finale qu'à une seule reprise, en 1994. Bilan : trois matches, autant de défaites : 2-0 face au Nigeria, 4-0 contre l'Argentine et encore 4-0 contre la Bulgarie. Le chemin vers l'Allemagne s'annonçait pénible. L'Ukraine, la Turquie et le Danemark visaient aussi la qualification, tandis que la Géorgie, le Kazakhstan et l'Albanie pouvaient être considérés comme des figurants. Mais voilà, qu'est-il arrivé aux Grecs ? Ils ont perdu leur premier match face à l'Albanie. Les deux suivants ne se sont pas très bien passés non plus : 0-0 contre la Turquie à domicile en tant que championne d'Europe et 1-1 en Ukraine. Rehhagel n'a jamais perdu patience, il a conservé son noyau et sa tactique, et rappelé que la qualification pour le Portugal avait mal débuté avec un zéro sur six. Ensuite, la Grèce avait signé un 18 sur 18, terminant même en tête de sa poule devant l'Espagne et l'Ukraine. Cette sérénité a été payante. Le Danemark et le Kazakhstan ont été vaincus, et début juin, la Grèce a préservé le nul blanc à Istanbul, dans un match passionnant. Elle s'est appuyée sur ses valeurs traditionnelles : une solide défense, une organisation à l'avenant et de temps à autre un contre. Le plan était clair : défendre sa deuxième place puis viser la première quelques jours plus tard. Las, les solides Ukrainiens ne l'entendaient pas de cette oreille : ils ont arraché la victoire dans les dernières minutes de jeu (0-1), prenant ainsi une option sur la première place du groupe, tandis que la Grèce, qui doit bientôt se rendre au Danemark, a dû céder sa deuxième place à la Turquie. Les Grecs misent sur la continuité. Certes, il y a des nouveaux noms : Sotirios Kyrgiakos, champion avec les Rangers, et Stathis Tavlaridis, qui a vu sa saison à Lille récompensée par une sélection. Rehhagel a déniché le défenseur Loukas Vyntra et l'attaquant Theofanis Gekas au Panathinaikos. Le cinquième nouveau du noyau est Ioannis Amanatidis. A l'âge de neuf ans, Amanatidis avait émigré en Allemagne. Dans les équipes d'âge de Stuttgart, il semblait être un grand espoir. Attaquant, il a même été le partenaire de l'international allemand Kevin Kuranyi. En 2003, il avait déjà été sélectionné par la Grèce mais sa progression s'était interrompue. Il avait perdu sa place de titulaire au VfB Stuttgart, loué à Francfort et rejoint Kaiserslautern quand l'Eintracht a été rétrogradée. L'été dernier fut un véritable cauchemar : Rehhagel ne l'a pas repris pour l'EURO et il a atterri dans la sélection olympique, mais il a loupé les Jeux en raison d'une blessure. Amanatidis s'est pourtant battu pour revenir et sa saison passée à Kaiserslautern a été récompensée par une nouvelle sélection. En juin, le noyau grec - chevronné puisque composé de 17 joueurs qui avaient participé à l'EURO - a participé à la Coupe des Confédérations en Allemagne. Les Grecs voulaient démontrer que leur victoire au Portugal n'était pas l'effet du hasard. Ils se réjouissaient spécialement d'affronter le Brésil. Otto Rehhagel le clamait : " Il n'y a rien de plus beau que d'affronter le champion du monde ". Le Brésil a étrillé la Grèce 3-0, le Japon s'est également imposé 1-0 et le duel contre le Mexique s'est achevé sur un nul blanc. La Grèce est rentrée au pays avec un point sur neuf, pendant que le Brésil s'adjugeait la Coupe. Peter T'KintLES VALEURS TRADITIONNELLES SONT RESTéES : une solide défense, une organisation à l'avenant et de temps à autre un contre