Surprise : les SerbianWhite Eagles (un club semi-professionnel de Toronto) sont emmenés par Dusan Belic (35 ans), l'ancien gardien de but de Saint-Trond. Banni du club limbourgeois dans la tourmente des suspicions de matches truqués, il fut annoncé qu'il souffrait d'une blessure menaçant sa carrière. Mais il joue dans la Canadian Soccer League qui, pour sa première saison, domine la compétition. Quelques mois à peine après son arrivée, Belic, capitaine, s'est vu confier de nombreuses autres responsabilités et espère y jouer quatre ans voire plus. Depuis ses derniers mois difficiles dans le Limbourg, Belic s'est fait le plus discret possible et a disparu sans presque qu'on s'en rende compte.
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Surprise : les SerbianWhite Eagles (un club semi-professionnel de Toronto) sont emmenés par Dusan Belic (35 ans), l'ancien gardien de but de Saint-Trond. Banni du club limbourgeois dans la tourmente des suspicions de matches truqués, il fut annoncé qu'il souffrait d'une blessure menaçant sa carrière. Mais il joue dans la Canadian Soccer League qui, pour sa première saison, domine la compétition. Quelques mois à peine après son arrivée, Belic, capitaine, s'est vu confier de nombreuses autres responsabilités et espère y jouer quatre ans voire plus. Depuis ses derniers mois difficiles dans le Limbourg, Belic s'est fait le plus discret possible et a disparu sans presque qu'on s'en rende compte. " J'ai été le capitaine de Saint-Trond pendant cinq ou six ans et j'y avais vraiment un beau rôle ", raconte-t-il. " Maintenant, je suis au Canada pour développer les Serbian White Eagles. Il ne s'est rien passé de particulier à la fin de mon séjour en Belgique. Mon contrat arrivait presque à son terme et les gens des White Eagles ont engagé certains joueurs serbes ayant de l'expérience en Europe afin de bâtir une équipe solide. Ils ont enrôlé l'entraîneur Dragoslav Sekularac et m'ont demandé de venir les aider à remporter le titre pour notre première année ". Sekularac est un des meilleurs joueurs de l'histoire du pays. Il a emmené la Yougoslavie en demi-finale de la Coupe du Monde 1962. Et en pleine préparation pour le Mondial allemand, Ilja Petkovic, l'entraîneur de l'équipe nationale, a fait un voyage express à Toronto pour assister à la présentation de l'équipe. Il est clair que la communauté serbe prend ce nouveau club au sérieux. Belic reconnaît que ce n'est pas la seule raison de son déménagement : " J'ai de la famille aux Etats-Unis, au New Jersey, et mes enfants et mon épouse sont anglophones. Voilà les raisons pour lesquelles je suis venu m'installer ici ". Pour l'ancien Trudonnaire, le scandale de corruption est une vieille histoire : " Jamais rien n'a été prouvé ! Je joue de nouveau au football, ce qui témoigne bien de mon innocence. Sinon, j'aurais été puni par la FIFA. Ces allégations ne sont pas avérées, ce sont des déclarations sans fondement. Regardez combien de joueurs ont été mouillés. Voyez ce qui est arrivé en Italie et partout en Europe. Rien n'a été attesté à mon propos. Les gens parlent beaucoup mais tout ce qui a été dit, ce sont surtout des potins de journaux qui n'ont jamais pu démontrer la vérité ". Les accusations à son encontre sont pourtant précises. Il aurait été impliqué dans la défaite 1-3 de Saint-Trond contre La Louvière du 29 octobre 2005. De fortes sommes avaient été pariées en Asie sur ce match qui, reconnaissons-le, n'avait rien pour passionner les foules en dehors du Royaume. Il n'avait, ce jour-là, pas été exempt de tout reproche. Il fait également partie des joueurs dont les noms sont sortis dans l'émission de la VRTDe tackle van de Mafia. " Je ne suis pas le seul cité dans cette affaire. Sept ou huit gardiens en Belgique ont été accusés. Plusieurs de mes anciens coéquipiers ont subi ce sort, tout comme beaucoup d'autres joueurs du championnat belge. Sincèrement, ça fait un maximum de monde pour un minimum de preuves. La plupart de ces footballeurs évoluent encore en Belgique aujourd'hui ". Belic a été cité plusieurs fois comme le relais privilégié à Saint-Trond de Zheyun Ye, le Chinois au centre du scandale, pour qui il aurait convaincu certains de ses équipiers de tremper dans la magouille. Le Serbe est aussi accusé d'avoir eu un long entretien avec Gilbert Bodart avant la rencontre face à La Louvière. L'ancien gardien du Standard lui aurait remis en mains propres une enveloppe pour s'assurer de sa collaboration. Pourtant, dès qu'on lui cite les noms de Ye, PietroAllatta ou Bodart, il nie catégoriquement les avoir rencontrés : " Je n'ai jamais vu ces gens de ma vie ! Les joueurs qui ont une longue carrière ou ont passé plusieurs années dans un même club, particulièrement si ce sont des gardiens de but ou des défenseurs, subissent tous le même sort. Des gens vont dire qu'ils ont laissé filer quelques matches. C'est un problème pour les joueurs plus âgés, pour qui ça devient de plus en plus difficile de jouer. Dès que quelque chose d'anormal se produit, quelqu'un va leur dire : -Oui, on a compris. Tu as pris de l'argent... Chacun sait très bien que c'est complètement faux. Quoi qu'il en soit, ce sont à mes yeux des choses normales dans le sport professionnel. Elles ne me dérangent pas, je vis bien avec. Je sais que je n'ai rien à voir avec de telles pratiques : je suis clean, j'ai ma conscience avec moi, et je suis heureux ici, dans un nouveau club qui occupe la première place. J'ai entamé une nouvelle vie, tout va bien ". S'il se dit innocent, il a quand même sa petite idée sur la manière dont on en est arrivé à le pointer du doigt. " Des ennemis ? Non, juste des racontars. Aujourd'hui, il nous manquait nos deux meilleurs buteurs, auteurs de 37 buts à eux deux. Vous expliquez ça à certaines personnes et elles en tirent directement leurs conclusions. Ce sont pourtant des banalités. Après, on me demande : -Comment sais-tu que vous allez perdre ? Je n'en sais rien ! C'est tellement stupide. Mes amis et ma famille en Serbie m'appellent régulièrement, on parle des matches à venir. Quelqu'un a peut-être entendu une de ces conversations et prévenu la police. Un soi-disant témoin me voit discuter avec telle ou telle personne avant ou après un match, me tenir à côté d'autres gens cités dans cette affaire ou me faire appeler dans un couloir... et les bruits commencent à courir. Mais personne ne peut affirmer que j'ai reçu de l'argent. On ne peut rien prouver car ces accusations ne valent rien. Ça fait de bonnes histoires pour les journaux et pour la télévision ". Le football est un milieu où beaucoup de monde se connaît. De nombreux joueurs, équipiers ou adversaires, sont amis et les secrets ne restent jamais longtemps bien gardés. Alors, Belic a- t-il eu connaissance de certaines pratiques frauduleuses dans son entourage ? " Je n'ai jamais été mis au courant de procédés de corruption. Durant toute ma carrière, j'ai toujours agi de la manière la plus professionnelle possible. Je n'aurais jamais pu tremper dans une telle affaire. Tout ce que j'ai à dire, c'est que j'ai presque 36 ans et que je veux jouer ici car ce sera plus facile pour moi de poursuivre ma carrière. En Europe, la vie est plus difficile, les entraînements sont beaucoup plus intensifs. Peut-être aurais-je tenu le coup encore deux ans. Ici, j'ai encore quatre, cinq voire six saisons devant moi ". Finalement, si on devait se fier à la version de Belic, on pourrait croire que le championnat de Belgique est plus blanc qu'un mur d'hôpital. Il reconnaît quand même qu'il y a eu des actes répréhensibles. Loin de lui... " Le réel problème, c'est que le Chinois, Mister Ye, a souhaité s'approprier le Lierse. Il a tenté d'y combiner des choses pas claires. Il est vrai que quelques joueurs, pas beaucoup, ont été mouillés. Pour le reste, rien n'a été confirmé et il ne s'est d'ailleurs rien passé. Toutes ces histoires sont complètement fausses ". Ce n'est pas la première fois que le nom de Belic est associé à une affaire de matches arrangés. Il était déjà dans l'£il du cyclone quand on reprocha à plusieurs joueurs de Saint-Trond d'avoir faussé la fin du championnat 2004, permettant à Charleroi de se sauver au détriment de l'Antwerp. On en parlait jusque dans son village, en Serbie, où vit encore sa mère. Le gardien était d'ailleurs très irrité des embêtements que cela lui avait causés et jure que cette fois, ça ne se produira plus : " Mes avocats en Belgique surveillent tout de très près. Si mon nom est sali, je leur demanderai d'agir afin de punir les responsables. De toute façon, ces derniers temps, plus personne ne parle des événements en question, même dans les journaux ou à la télévision. Une nouvelle saison a commencé et c'est elle qui occupe les esprits. Les choses du passé ne sont plus à la une de l'actualité ". Il n'empêche, se retrouver à plusieurs reprises au Parquet afin d'être interrogé à propos de faits de corruption, ça fait tache : " Il est vrai que j'ai été convoqué quelques fois par la justice en Belgique. Mais quand on est interpellé, cela ne veut pas dire qu'on est coupable. Contrairement à ce qui a été dit, je n'ai pas été interrogé pendant 24 heures. Seulement durant quelques heures. Ils m'ont demandé de justifier certaines factures. Ça m'est arrivé de dépenser soudain 1.000 euros avec ma carte de crédit, alors ils voulaient savoir d'où ça venait. J'ai dû répondre à quelques questions concernant l'utilisation de mon argent, mon compte en banque, etc. Ils prêtent attention à absolument tous les détails. C'est d'ailleurs bien normal, ils font leur métier. Ensuite, ils peuvent vérifier leurs informations et mener des perquisitions. Ils ne pouvaient rien retenir contre moi, alors ils m'ont laissé partir. Et puis, si j'étais coupable, je n'aurais pas été sur le terrain car je serais puni pour deux, trois ou quatre ans ". Aujourd'hui, l'enquête poursuit son cours et Belic ne pense plus en faire partie. Mais il se dit disponible, en cas de besoin. " Personnellement, je n'ai pas le moindre problème avec la justice belge. Certes, j'habite au Canada, mais ils savent exactement où et ont mon numéro de téléphone. J'ai des contacts avec l'ambassade belge et j'ai même un passeport belge ! Les autorités belges ne m'ont jamais créé d'ennuis ". Les attaches entre Belic et la Belgique sont fortes. Pas seulement en vertu de la nationalité. Le capitaine des Serbian White Eagles était tout heureux de parler néerlandais lors de notre rencontre et d'évoquer un pays qu'il a adopté : " J'y ai encore pas mal d'amis. J'y ai évolué pendant dix ans, c'est quand même une longue période. Je les appelle régulièrement, je sais comment ils ont joué chaque semaine. J'ai eu beaucoup de plaisir à leurs côtés, comme j'en ai eu durant l'ensemble de ma période belge. Nous n'évoquons jamais l'affaire des matches truqués car c'est de l'histoire ancienne. Vous entendez ? C'est fini ! Maintenant, j'ai choisi d'aborder une nouvelle vie et il faut essayer de recommencer ". MATTHIAS VAN HALST