Le passement de jambes - Vincent Kompany sur Franky Vercauteren

Il existe un souvenir devenu vidéo virale. Celui d'un Vincent Kompany majestueux au ballon. Nous sommes le 22 février 2004 et le nouveau joyau du football belge s'amuse encore sur les pelouses de son Royaume. En déplacement avec Anderlecht du côté de Westerlo, Vince The future Prince joue à la baballe avec Tosin Dusunmu et David Paas. Le numéro 27 des Mauves récupère, dribble l'un, se joue de l'autre et relance, proprement. Un geste résumé en 22 secondes sur YouTube qui n'avait déjà pas échappé à Franky Vercauteren à l'époque, présent sur le banc bruxellois ce soir-là en sa qualité de T2 de Hugo Broos. Seize ans plus tard, l'histoire a repassé les plats. Et Vincent Kompany une nouvelle fois joué de son adresse pour surprendre tout son monde. Y compris son ancien T2, devenu T1 en octobre 2019 sur l'insistance du duo Marc Coucke- Michael Verschueren. Dix mois plus tard, et après une préparation où il s'était déjà affiché en leader autocratique à la surprise manifeste de Vercauteren himself, le duel des Princes a tour...

Il existe un souvenir devenu vidéo virale. Celui d'un Vincent Kompany majestueux au ballon. Nous sommes le 22 février 2004 et le nouveau joyau du football belge s'amuse encore sur les pelouses de son Royaume. En déplacement avec Anderlecht du côté de Westerlo, Vince The future Prince joue à la baballe avec Tosin Dusunmu et David Paas. Le numéro 27 des Mauves récupère, dribble l'un, se joue de l'autre et relance, proprement. Un geste résumé en 22 secondes sur YouTube qui n'avait déjà pas échappé à Franky Vercauteren à l'époque, présent sur le banc bruxellois ce soir-là en sa qualité de T2 de Hugo Broos. Seize ans plus tard, l'histoire a repassé les plats. Et Vincent Kompany une nouvelle fois joué de son adresse pour surprendre tout son monde. Y compris son ancien T2, devenu T1 en octobre 2019 sur l'insistance du duo Marc Coucke- Michael Verschueren. Dix mois plus tard, et après une préparation où il s'était déjà affiché en leader autocratique à la surprise manifeste de Vercauteren himself, le duel des Princes a tourné à l'avantage du plus jeune. Et Vincent Kompany de renvoyer Franky Vercauteren à ses chères études. Récupération, dribble de la semelle et relance dans les pieds. Du grand art. Quand l'entraîneur du club le plus riche du championnat s'en prend publiquement à ses attaquants après une victoire poussive contre Courtrai (1-0, le 21 novembre dernier), on se dit qu'il y a quelque chose qui cloche. Ou à tout le moins que la relation de confiance entre le coach et ses joueurs a du plomb dans l'aile. Ce soir-là, l'entraîneur le plus gâté du championnat regrettait de ne pas pouvoir compter sur des attaquants de la trempe de Romelu Lukaku ou Erling Haaland. Une réaction parfois jugée osée quand on sait que le Club a investi ces 18 derniers mois huit millions d'euros pour David Okereke, six pour Michael Krmencik et trois et demi pour le prêt de Mbaye Diagne. Sans compter que beaucoup considèrent Youssouph Badji comme un diamant brut et que Philippe Clement s'est volontairement séparé cet été de Kaveh Rezaei et Loïs Openda. Certainement pas à plaindre, le double champion de Belgique en titre marque néanmoins là ses ambitions. Audace calculée ou aveu d'impuissance? Pirouette technique en tout cas. On ne nous aura rien épargné. Saloperie de Covid, quand même. Les footeux amateurs, ceux qui ne brassent pas des millions, sont dans un pétrin pas possible depuis le mois de mars. Un championnat arrêté du jour au lendemain, des calculs savants pour désigner gagnants et perdants, des recours qui ne donnent rien, une reprise timide, un nouveau championnat qui commence, des vestiaires qu'on ferme, des buvettes qu'on ferme aussi, des spectateurs qu'on prie de rester chez eux. Entre l'été et aujourd'hui, il y a des clubs qui n'ont carrément pas joué un seul match. Parce qu'ils avaient leur quota d'infectés ou parce que la saloperie était dans le camp adverse. Dernière décision: on disputera 50% des matches et la saison ne sera finalement pas blanche. On a quand même envie de dire aux décideurs: dans vos rêves. Au bout des arrêts de jeu, la victoire semble actée. La Pro League a débouché le champagne et fête déjà son titre en grandes pompes en présentant son nouveau calendrier suite à la dernière occasion manquée par Waasland-Beveren devant l'autorité belge de la concurrence. Le problème, c'est que le dernier ballon du match échoue entre les pieds de la CBAS. Malmenée par les instances du foot belge quand elle invalide tous les rejets de licence, la cour d'arbitrage prend une savoureuse revanche on the buzzer. En annulant la décision de reléguer les pensionnaires du Freethiel à quelques jours de la reprise du championnat, la CBAS claque une passe décisive à la Kevin De Bruyne pour isoler les Waeslandiens face au but, dans le dos de la défense mise en place par Pierre François, et offre au club jaune et bleu le but du maintien. Dans les salons du football belge, les sourires sont pincés. La D1 à 18 devient inévitable. Pour certains, le caviar juridique est indigeste. Longtemps décrit comme un gentleman, Jess Thorup a réussi la prouesse de passer en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire de la posture de victime à celle de bourreau. Remballé comme un malpropre par Ivan De Witte après le zéro sur six initial de Gand en début de saison, le Danois se recase en signant à Genk moins d'un mois plus tard. Avant de quitter le navire limbourgeois, de son plein gré cette fois, le 2 novembre dernier, incapable de résister à l'appel du pays arrivé du FC Copenhague. Le début de saison de Jess Thorup, c'est la carrière d' Ole Gunnar Solskjaer. Un gars trop gentil pour se faire respecter qui finit par retourner le game. En 2020, Thorup est passé de gentleman à opportuniste. Michel Louwagie et Ivan De Witte ne sont pas pour rien dans cette évolution, et à Genk, on n'avait rien vu venir. Personne ne savait que passer deux ans en Belgique pouvait changer un homme, mais tout le monde dans le Limbourg a aujourd'hui l'impression d'avoir gagné au change avec l'arrivée de John van den Brom. Le pire dans cette histoire, c'est qu'il n'y aura donc même personne pour regretter le Jess. To be continued...