Le hors-jeu - Eden Hazard

876 minutes de jeu pour deux buts inscrits et deux passes décisives. La dernière fois qu' Eden Hazard avait fait une année aussi maigre en temps de jeu, c'était en 2008. Il en avait même joué moitié moins, mais c'était alors un choix de Rudi Garcia. Eden Hazard avait dix-sept ans et la vie devant lui. Douze ans plus tard, il a transformé sa première année complète au Real en chemin de croix. Les kilos en trop de fin 2019 sont devenus anecdotiques comparés à l'enchaînement malheureux de ses pépins physiques. En 2020, Eden était partout sauf sur le pré. Le capitaine des Diables a assisté à un match de NBA à Dallas début mars à l'occasion de son opération à la cheville, a cuisiné en direct de chez lui en plein confinement dans une émission de M6 en avril et a accompagné la délégation belge en VIP en septembre au Danemark. Partout, sauf là où on l'attend. Vivement 2021.
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876 minutes de jeu pour deux buts inscrits et deux passes décisives. La dernière fois qu' Eden Hazard avait fait une année aussi maigre en temps de jeu, c'était en 2008. Il en avait même joué moitié moins, mais c'était alors un choix de Rudi Garcia. Eden Hazard avait dix-sept ans et la vie devant lui. Douze ans plus tard, il a transformé sa première année complète au Real en chemin de croix. Les kilos en trop de fin 2019 sont devenus anecdotiques comparés à l'enchaînement malheureux de ses pépins physiques. En 2020, Eden était partout sauf sur le pré. Le capitaine des Diables a assisté à un match de NBA à Dallas début mars à l'occasion de son opération à la cheville, a cuisiné en direct de chez lui en plein confinement dans une émission de M6 en avril et a accompagné la délégation belge en VIP en septembre au Danemark. Partout, sauf là où on l'attend. Vivement 2021. Trente ans! Une attente interminable pour revoir Liverpool champion d'Angleterre. Au moment du titre de 1990, Jürgen Klopp commençait sa carrière. De joueur... Vingt-huit gars du noyau du titre 2020 n'étaient pas nés. Entre-temps, des coaches comme Gérard Houllier et Rafael Benitez se sont cassé les dents sur cet objectif. Et pendant ce temps-là, on estime à 25 millions le nombre de spectateurs passés à Anfield. Jürgen Klopp les a tous fumés en 2019-2020. Le 25 juin, Liverpool est devenu mathématiquement champion sans jouer, via la victoire de Chelsea sur Manchester City. Salah, Mané et Van Dijk font aussi bien que Rush et Hansen. At the end of the storm, there is a golden sky. Ça ne vous dit rien? C'est un passage de You'll never walk alone. Bien dit. Ça devait être une gigantesque fête populaire dans tous les grands pays d'Europe - sauf le nôtre, merci les politiques. Les supporters des Diables allaient partir faire la fiesta en Russie et au Danemark pour commencer, puis poursuivre sur d'autres terres en fonction des résultats du premier tour. Des centaines d'avions remplis de fans de foot allaient se croiser en plein vol. Les stades allaient déborder des supporters. Tout ça, c'était encore le pitch de l'EURO 2020 en mars. Aujourd'hui, on imagine encore à peine que soient possibles ces déplacements, ces arènes bondées. On ne connaît pas encore la forme que ce tournoi va finalement prendre. Toujours dans l'Europe entière? Ou dans un seul pays? Avec du public ou à huis-clos? L'UEFA joue la montre. Mais elle va devoir se dévoiler dans les prochaines semaines. S'il a encore planté vingt-cinq buts la saison dernière, pour s'offrir un septième titre de Pichichi du championnat espagnol en onze ans, la frappe la plus spectaculaire de Lionel Messi en 2020 avait pour cible ses propres filets. D'abord parce qu'elle a fait croire à certains que le fax était encore utilisé, quand l'entourage de La Pulga choisit de passer par un "Burofax", sorte de version instantanée du courrier recommandé, pour informer le Barça que son numéro 10 souhaite quitter le club. Ensuite parce que son interview est sans doute l'attaque la plus forte d'un joueur contre le président de son club depuis de très longues années. Abattu après le 8-2 face au Bayern, humiliation suprême dans la foulée d'un titre perdu au sprint contre le grand rival madrilène, Lionel Messi enroule donc une frappe dans la lucarne de Josep Bartomeu. Quelques mois plus tard, Gerard Piqué double la mise à la veille du Clásico, en reprenant son président de volée par média interposé. Si ses stars jouent contre leur camp, pas étonnant que le Barça soit embourbé en milieu de classement. Le tiercé, dans l'ordre. Jamais une équipe n'avait, dans les chiffres, remporté une Ligue des Champions avec une telle aisance. En 2020, le Bayern de Hans-Dieter Flick en a passé huit au Barça de Lionel Messi, sept (en deux matches) au Chelsea de Frank Lampard et 54 à l'ensemble des clubs de Bundesliga sur le seul premier semestre sur leur route vers un trentième sacre national. Des chiffres fous, agrémentés d'une victoire en marchant en Coupe d'Allemagne. Le Bayern n'empile pas seulement les trophées, il transcende ses joueurs. Au propre comme au figuré dans le cas de Leon Goretzka, passé en moins de douze mois et un confinement d'un buste effilé à un corps sculpté dans le marbre. Joshua Kimmich, Robert Lewandowski, Thiago Alcantara, Alphonso Davies, Serge Gnabry, Kingsley Coman ou Thomas Müller n'ont d'ailleurs pas eu besoin de montrer les muscles pour mettre le monde du foot à leurs pieds. Le Bayern Munich est sur une autre planète et ce n'est même plus une question de gros bras. Juste de talent. To be continued...