"Je ne veux pas finir comme cela. Je ne veux pas pas être battu par la malchance mais sur ma valeur. Je préfère arrêter en gagnant que dans un lit d'hôpital. Mais je vais d'abord y réfléchir, en parler avec ma femme et avec mes dirigeants. J'espère pouvoir rouler dans deux semaine et reprendre la compétition le 28 avril à l'Amstel Gold Race", expliqua Andrei Tchmil à chaud malgré la douleur qui le tenaillait.
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"Je ne veux pas finir comme cela. Je ne veux pas pas être battu par la malchance mais sur ma valeur. Je préfère arrêter en gagnant que dans un lit d'hôpital. Mais je vais d'abord y réfléchir, en parler avec ma femme et avec mes dirigeants. J'espère pouvoir rouler dans deux semaine et reprendre la compétition le 28 avril à l'Amstel Gold Race", expliqua Andrei Tchmil à chaud malgré la douleur qui le tenaillait. Triste coup du sort pour ce coureur qui avait tout misé sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Plus triste encore, pour un homme qui tenait à sortir du peloton par la grande porte, laissant derrière lui l'image d'un coureur à la longévité hors du commun. Désormais, la situation s'est quelque peu compliquée car rien ne dit qu'il sera prêt pour la dernière classique de printemps en Hollande et qu'il aura encore beaucoup d'occasions de se mettre en évidence d'ici la fin mai, date à l'origine prévue pour ses adieux. En fait, il veut continuer jusqu'à la fin de la saison. Un souhait légitime mais qui reste soumis au bon vouloir de ses employeurs. Vont-ils accepter d'engager le budget nécessaire à cette prolongation de contrat? Ils peuvent évidemment compter sur la volonté d'un homme qui, à 39 ans, figurait parmi les favoris des classiques de printemps. Son secret reste sa passion pour le cyclisme. C'est elle qui lui a permis de se maintenir au sommet alors que rien ne lui a été épargné. Mais il a mordu sur sa chique, clouant ainsi le bec à ses détracteurs qui ne voyaient en lui qu'un talent importé. Rusé comme un renard, il est surtout très costaud. C'est ainsi qu'outre un tas de semi-classiques, il a remporté Paris-Roubaix (1994), Paris-Tours (1997), Milan-Sanremo (1999) et le Tour des Flandres (2000).Et cet hiver, ce polyglotte (russe, italien, français) s'est entraîné afin de briller une dernière fois au printemps et de tirer sa révérence après 14 saisons de professionnalisme. Son chômage forcé l'a fait changer d'avis. Si les patrons de l'équipe Lotto le consentent, le Tour de Belgique, qui aura lieu du 22 au 26 mai, ne scellera pas ses adieux. Fidèle à Lotto depuis 94J'ai eu la chance de faire de ma passion un métier. J'aime rouler à vélo et, de plus, je suis payé pour le faire. Je pense parfois aux milliers de gens qui font le même boulot pendant des années sans éprouver le moindre plaisir. Alors, je suis content d'être coureur cycliste.Un type de 35 ans est-il vieux? Pour moi, c'est la preuve que ces gars sont de vrais champions. Je me suis toujours senti à l'aise chez Lotto. Beaucoup de gens pensent que l'herbe est toujours plus verte ailleurs mais, avant d'arriver chez Lotto, j'ai porté trois autres maillots (Alfa Lum, SEFB et GB-MG) et j'ai constaté que ce n'est pas le nombre de camions, de valises ou d'équipements qui fait la différence. Lotto m'a donné la chance de jouer ma carte. J'ai toujours respecté cela et je suis resté fidèle à cette équipe.J'ai souvent flirté avec la victoire au Ronde mais il est vrai que je ne suis pas mécontent que l'équipe ait été restructurée dans tous les compartiments.Je pense que c'est plutôt un avantage, surtout sur le plan psychologique. Au Volk, par exemple, quand j'ai vu Van Petegem filer derrière Hoj, je savais que l'équipe gagnerait.Je ne suis pas un artiste mais un coureur. Peu m'importe qu'on m'aime ou pas. J'ai tout fait pour y arriver, pour retirer de la satisfaction personnelle de mon job et contenter mes sponsors. Je pense simplement que le duel que je mène depuis des années avec Museeuw a dû régaler les spectateurs.Le cyclisme est un sport d'individualistes mais je peux vous jurer que, chez MG-GB, j'ai toujours fait tout ce que le directeur sportif me demandait.Le Tour des Flandres, incontestablement. Depuis 1994, j'avais toujours terminé parmi les dix premiers mais je n'avais jamais gagné. C'est une course à multiples facettes: les pavés, le vent, les virages, les rues étroites, les frictions pour aborder les pavés en première ligne. Une course unique.Champion du monde à 50 mètres prèsIl y a plusieurs raisons à mon absence à Harelbeke. D'abord, Lotto pouvait déjà compter sur un Van Petegem en grande forme. De plus, il est vrai que je n'ai jamais gagné la Flèche brabançonne et que j'avais envie de l'accrocher à mon palmarès. Mais en cyclisme, ne pas gagner n'est pas toujours synonyme d'échec.Non. Pour un coureur de classiques, le championnat du monde vient en deuxième lieu. Seul Johan Museeuw est parvenu à briller dans les classiques et à être champion du monde la même année.Ce fut difficile à digérer parce qu'il y eut des combines entre coureurs de différents pays. Sans cela, ils ne m'auraient pas repris.C'est encore autre chose. Le Championnat de Belgique tombe à une période où ma forme diminue. J'ai toujours eu envie de faire quelque chose mais, physiquement, je n'en étais pas capable.Je ne regrette rien. J'en ai souvent discuté avec Jean-Luc Vandenbroucke et avec Jef Braeckevelt: je n'ai jamais pu me préparer à fond pour le Tour. Pouvez-vous me citer le nom des vainqueurs des 15e et 17e étapes du dernier Tour? En revanche, je suis certain que vous pourrez me répondre si je vous demande qui a gagné le Tour des Flandres et Paris-Roubaix en 2001?Vous voyez: au Tour, une seule chose compte: le maillot jaune. Je n'échangerais aucune victoire de Coupe du Monde ou même de grande course d'un jour contre une victoire d'étape au Tour.J'ai des copains mais de vrais amis... On juge les coureurs sur leurs prestations. Imaginez que mon meilleur ami soit en tête d'une course sur laquelle j'ai misé toute ma saison? Dois-je le laisser filer en me disant que c'est sa seule chance? Même pour un vrai pro, ce n'est pas un choix facile.L'UCI ou les jeunesOn n'est pas isolé car on fait partie d'une équipe qui travaille pour le même sponsor mais chaque coureur est responsable de lui-même et de sa famille.Je n'ai jamais refusé une interview alors que, pendant la période des classiques, je suis toujours très sollicité. Je suis un personnage médiatique et je sais que parler à la presse fait partie de mon job. Je n'ai d'ailleurs rien à reprocher aux journalistes.Tout le monde évolue. Je suis peut-être plus calme mais j'espère être resté le même homme. (il sourit)J'ai parlé avec Hein Verbruggen, le président de l'UCI, de la possibilité de faire office de lien entre la fédération internationale et les coureurs mais je n'ai pas encore reçu de véritable proposition. C'est logique puisque, pour le moment, je suis toujours coureur. Non car c'est Jos Braeckevelt qui conduit (il rit). Non, sérieusement, après 14 ans de carrière, j'aspire à être un peu plus souvent à la maison, avec ma femme et mes enfants. Je préférerais travailler avec des jeunes, leur faire part de mon expérience, de mes conseils. Je ne vais pas à l'église mais je crois en une force supérieure qui veille sur nous et qui punit ceux qui font du mal. Roel Van den Broeck,