Voici une dizaine de jours, Gilbert Bodart et Emilio Ferrera étaient unis dans une même allégresse. Le premier, par le biais d'un tout premier succès du KV Ostende, cette saison, face à La Louvière ; l'autre grâce à la conquête du maximum des points du FC Brussels au Cercle Bruges. Le week-end passé, tous deux ont connu des fortunes diverses : une deuxième victoire de rang des Coalisés devant l'Excelsior Mouscron cette fois, et un revers somme toute logique des Côtiers à Sclessin. Des résultats qui ne changent toutefois en rien leur position au classement, qui reste précaire au terme des matches aller. Mais tant au stade Edmond Machtens qu'à l'Albertpark, les coaches veulent croire en des jours meilleurs au deuxième tour. " On se sauvera ", prophétisent-ils de concert...
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Voici une dizaine de jours, Gilbert Bodart et Emilio Ferrera étaient unis dans une même allégresse. Le premier, par le biais d'un tout premier succès du KV Ostende, cette saison, face à La Louvière ; l'autre grâce à la conquête du maximum des points du FC Brussels au Cercle Bruges. Le week-end passé, tous deux ont connu des fortunes diverses : une deuxième victoire de rang des Coalisés devant l'Excelsior Mouscron cette fois, et un revers somme toute logique des Côtiers à Sclessin. Des résultats qui ne changent toutefois en rien leur position au classement, qui reste précaire au terme des matches aller. Mais tant au stade Edmond Machtens qu'à l'Albertpark, les coaches veulent croire en des jours meilleurs au deuxième tour. " On se sauvera ", prophétisent-ils de concert... Gilbert Bodart : Elle n'est ni grave ni désespérée. Ostende a clairement prouvé tout au long du premier tour qu'il avait du ressort. C'est de bon augure pour le deuxième volet de la compétition. Surtout si, comme l'entendait l'ancien homme fort du club, Franklin Sleuyter, le KV effectue trois transferts à la trêve. On n'a pas besoin de plus pour se tirer d'affaire. A défaut, il faut bien s'en faire une raison, le maintien serait nettement moins jouable. Mais nullement impossible. Ce mot n'est en tout cas pas inscrit dans mon répertoire. Emilio Ferrera : La situation est préoccupante mais pas catastrophique, puisqu'à ce stade de la compétition, nous sommes toujours assurés du maintien. C'est un constat non négligeable pour une formation nouvelle parmi l'élite, comme la nôtre. Une période d'acclimatation est toujours nécessaire. Cette phase-là touche à sa fin, car nous en avons pour ainsi dire terminé avec nos maladies d'enfance. Compte tenu des retouches qui seront apportées à l'effectif durant le mercato, je pense que nous serons encore davantage parés au deuxième tour. C'est pourquoi j'ai bon espoir pour la suite. Ferrera : Elle a tout simplement payé un énorme tribut aux fautes individuelles. Ces manquements ne sont pas anormaux dans le chef d'un noyau composé en majeure partie de nouveaux venus en D1, comme Saïd Makasi, Aloys Nong, et Björn Helge Riise, ainsi que de nombreux jeunes. Face à l'Excelsior Mouscron, nous avons joué avec pas moins de trois promesses formées au club : Vincent Van Diepenbeeck, Steve Colpaert et Isa Izgi. Une semaine plus tôt, au Cercle Bruges, ils étaient même quatre avec Fabrice Omonga en sus. L'erreur fait partie de leur apprentissage et, à ce titre, ils méritent l'indulgence. Des approximations ont malheureusement été commises aussi par quelques-uns de nos routiniers. Parfois, elles ont été trop lourdement sanctionnées. Et ce, à tous les niveaux. Quatre exclus en une demi-compétition, par exemple, c'est énorme. D'autant plus que ces renvois se sont toujours situés au c£ur même des rencontres, quand rien n'était encore acquis. Bodart : Nous avons pris quatre bristols rouges également, la plupart du temps de façon tout aussi imméritée. Je songe, entre autres, à l'expulsion de Dimitri Habran consécutive à un plongeon spectaculaire d'Aruna Dindane dans nos 16 mètres, ou encore à celle de Zéphirin Zoko, coupable d'avoir été saluer le public après son but contre le Club Bruges. C'est cher payé pour une équipe qui, à l'instar du Brussels, avait encore tout à découvrir, elle aussi, au plus haut échelon. Pour le reste, on a souvent été pénalisé suite à des floches. Comme le dit à juste titre Emilio, c'est le prix à payer pour que le métier rentre. Mais un coach est souvent impuissant dans ces circonstances. Il a beau mettre la meilleure structure en place, elle sera toujours battue en brèche si un de ses hommes n'a pas été à la hauteur. Ferrera : La réussite. Il faut un brin de chance de temps en temps. Or, depuis le début de la saison, j'ai la très nette impression que Dame Fortune nous boude allègrement. Tout a commencé dès la journée initiale, avec ce but inscrit dans les arrêts de jeu par le Racing Genk, et qui a valu aux Limbourgeois une victoire à l'arraché. Quand je vois la manière dont Charleroi s'est imposé chez nous, dernièrement, en profitant d'une sortie approximative de notre gardien, je me dis que c'est franchement trop injuste, compte tenu de la bonne réplique que nous avions offerte jusque-là. A l'évidence, le ballon n'a pas souvent roulé pour nous. La seule fois qu'on a eu la baraka, c'était contre les Hurlus, sur la phase qui a permis à Saïd Makasi de nous procurer notre première victoire à domicile. Jusqu'alors, c'est toujours nous qui avions offert des caviars à l'opposant. Bodart : La chance nous a manqué aussi. Ainsi que la présence dans nos rangs d'un véritable artificier. Si on avait pu tabler sur un finisseur digne de ce nom, il serait en tête du classement des buteurs pour le moment. Car les occasions franches n'ont pas manqué chez nous. Face à Beveren, pour ne citer que ce seul exemple, on a isolé à six reprises un homme devant Barry Copa, sans parvenir à mettre la balle au fond. Il y a de quoi s'arracher les cheveux dans ces conditions. D'ailleurs, je n'ai plus un poil sur le caillou depuis que nous sommes en D1 (il rit). Bodart : La motivation intacte de mes gars de la première à la 17e journée. Pourtant, les uppercuts n'ont pas manqué. Au FC Brussels, précisément, l'équipe s'est retrouvée menée après moins d'une minute de jeu à peine. Dans un match à six points, beaucoup ne se seraient pas remis d'un tel coup du sort. Sauf Ostende, qui a chassé le ballon comme jamais dès cet instant avant de rétablir méritoirement l'égalité au marquoir. Après la pause, nouvelle tuile, sous la forme d'un autogoal cette fois. Malgré quoi, nous avons quand même arraché le partage in extremis. Ce jusqu'au-boutisme-là, c'est ma fierté. Malgré les revers, le groupe est toujours resté aussi déterminé. A chaque match, les gars en veulent. Je ne compte plus le nombre de portes qui ont été défoncées par mes hommes suite à la frustration liée à une perte de points. Leur attitude me fait chaud au c£ur. Ferrera : En matière de motifs de réjouissance, je mentionnerai l'intégration de nombreux jeunes, de même que le soutien de mon staff et de mon président. Je retiens aussi quelques découvertes aux plans footballistique et humain. J'ai par exemple appris à apprécier un professionnel exemplaire comme Alan Haydock. C'est une révélation pour moi. Ferrera : L'entourage du président. Mais je m'en voudrais de ranger tout le monde dans le même sac. Au contraire, il y a même eu, pour moi, de très bonnes surprises dans cette sphère-là. Comme Frans Hauwaerts, par exemple. Voilà quelqu'un qui a tout vécu avec le FC Strombeek, depuis la Promotion jusqu'à la D2, et qui sait parfaitement de quoi il retourne dans le monde du football. Certains, dans son sillage immédiat, pourraient en prendre de la graine. Bodart : Notre visite à Mons. Ce match-là était digne d'une Provinciale, pas de l'élite. Ce fut le bide du premier tour, contre un adversaire très faible de surcroît. On aurait dû ramener quelque chose de l'Albert, comme le Brussels y est parvenu. Ces trois points-là valent de l'or. Bodart : Il n'y a pas eu la moindre incidence de ce côté. Jusqu'à présent, tout s'est déroulé en parfaite harmonie, à tous les échelons. Malgré une situation peu reluisante, je n'ai jamais été pris en grippe par les supporters et la direction m'a toujours soutenu à fond. La seule note discordante, en réalité, a été enregistrée la semaine passée avec la démission de Franklin Sleuyter. Mais le dernier mot n'a pas encore été dit dans cette affaire. Personnellement, je veux mettre tout en £uvre pour recoller les morceaux entre le président Eddy Vergeylen et lui. Il y va de l'intérêt du club. Ferrera : Je ne tiens nullement compte de l'extra-sportif. Je ne pense pas qu'une bonne ambiance soit automatiquement synonyme de bons résultats. Il y a des tas d'exemples d'équipes où les joueurs se regardent en chiens de faïence mais qui signent, malgré tout, des prestations enviables. Pour moi, ce qui importe par-dessus tout, c'est la matière première. Pour faire des résultats enviables, il faut bien travailler. Et pour bien travailler, il faut parfois prendre des décisions qui ne font pas l'unanimité. Tant pis, c'est comme ça. Dans ce métier, on ne peut pas plaire à tout le monde. Moi, j'ai toujours assumé. Le reste, je m'en fiche. Ferrera : J'ai entendu et lu pas mal de choses à ce sujet mais je refuse d'y croire. Comment imaginer qu'un jeune joueur, qui a encore tout à apprendre, saborde celui qui lui sert d'instructeur ? Ce serait du suicide pur et simple. Dans un autre registre, je ne peux pas croire non plus que les plus expérimentés s'abaissent à cette pratique. Que je sache, tout le monde a quand même envie de s'extirper de la zone dangereuse ou d'alimenter son compte en banque ? Aussi, cette intention-là, je n'y crois pas. Bodart : Jamais les joueurs ne m'ont laissé tomber. Mais le contraire est tout aussi vrai : dans la défaite, je me suis toujours érigé en leur plus farouche partisan. Quoi de plus normal, car tous ces garçons m'épatent. N'ayons pas peur des mots : ce ne sont pas des monstres de technique ou d'ingéniosité. Mais ils compensent ces lacunes par un c£ur et une bravoure immenses qui méritent un grand coup de chapeau. Bodart : A aucun moment, je ne me suis senti menacé. Ceci dit, j'aurais compris après sept ou huit matches que les dirigeants veuillent tenter autre chose, pour essayer d'infléchir la tendance. Dans ce cas, c'est le plus souvent l'entraîneur qui trinque. Ici, il n'y a jamais eu cette intention. Sans doute parce que j'ai toujours eu les joueurs et les supporters derrière moi. Ferrera : Le renvoi, il n'en a été question que dans une certaine presse seulement. Mais jamais ce thème n'a été évoqué lors de mes face-à-face avec Johan Vermeersch. J'ai toujours eu toute sa confiance. Et, à preuve du contraire, c'est lui qui prend toutes les décisions finales. Ferrera : Jamais, quoi que certains aient dit ou même écrit après la défaite à Saint-Trond. Je ne suis pas du genre à jeter le gant. Bodart : Moi non plus. Je veux aller au bout de ma mission avec le souci de la mener à bonne fin. Bodart : Tout d'abord, il est impensable qu'on soit davantage accablé par la malchance. Deuzio, si on effectue un recrutement judicieux, l'équipe ne s'en portera que mieux. Et troisièmement, le calendrier nous sera favorable, puisque nous accueillerons toutes les équipes de la deuxième moitié du tableau chez nous. Ferrera : D'un côté, j'ai la très nette conviction que la plupart de mes joueurs ont emmagasiné pas mal d'expérience depuis le mois d'août passé, et qu'ils profiteront désormais pleinement de cet acquis d'ici la fin de la saison. Je pense aussi que la valeur d'ensemble du groupe sera rehaussée grâce à l'une ou l'autre acquisitions. Cette double transformation devrait avoir un impact bénéfique sur les résultats. Jusqu'à présent, nous avons souvent donné du fil à retordre aux meilleurs, mais sans que cette réalité ne se traduise parfaitement au marquoir. Cette fois, on fera en sorte de la transposer. Ferrera : Le mercato entraînera une toute nouvelle donne non seulement chez nous mais dans bon nombre d'autres clubs de l'élite. C'est quasi un nouveau championnat qui débutera à ce moment. En matière de recrutement, je n'ai pas de préférence. Tout ce qui est censé améliorer qualitativement le groupe est bon à prendre, qu'il s'agisse d'un, deux ou trois joueurs. Bodart : Normalement, le mercato devrait nous permettre d'apporter les retouches nécessaires au maintien. Reste à voir si le changement opéré à la tête du club n'aura pas de répercussion sur les divers dossiers que nous voulons finaliser : un attaquant, un milieu de terrain et un, voire deux défenseurs. Quand j'entends Eddy Vergeylen déclarer qu'il ne faut pas dilapider l'argent, au risque de se retrouver exsangue en D2, je frémis. Car l'élite, j'y crois dur comme fer. A condition qu'on se donne les moyens d'assurer le maintien. Bodart : Pour peu que les trois derniers prennent des points au début du deuxième tour, ils ne seront plus très loin de ceux qui les précèdent, car la cassure n'est tout de même pas drastique. C'est pourquoi, des équipes comme Saint-Trond, le Cercle Bruges ou même le Germinal Beerschot ne doivent pas crier victoire trop tôt. Ferrera : Tout dépendra de l'activité sur le marché des transferts et de la pertinence des choix. Mons avait opéré une volte-face spectaculaire la saison passée, au point de se joindre rapidement au petit groupe de clubs qui pensaient avoir assuré l'essentiel. Qui sait s'il n'en ira pas de même cette fois encore avec les Dragons, Ostende ou nous-mêmes ? Tout peut aller très vite, dans un sens comme dans l'autre. Ferrera : Parce que nous avons vite été conscients de nos problèmes et que nous avons agi en conséquence dans le courant du premier tour déjà. Cette anticipation judicieuse nous a permis de précéder deux autres formations. A présent, nous savons à nouveau à quoi nous en tenir et, si nous agissons de la même manière, il n'y a pas de raison que nous ne conservions pas l'avance que nous nous sommes dès à présent forgée. Bodart : Ostende se sauvera grâce à sa foi. La plupart des équipes de l'élite nous surpassent peut-être au plan du jeu. Mais en matière de combativité, tout le monde, sans exception, peut prendre exemple sur nous. On a donné des leçons d'humilité à Anderlecht et, surtout, à La Louvière récemment. Les Loups en ont pris pour leur grade à cette occasion. D'autres suivront le même exemple après la trêve, j'en suis sûr. Bruno Govers" JE N'AI PLUS UN POIL SUR LE CAILLOU depuis qu'on est en D1 " (Gilbert Bodart)