Le 18 mai 2000, Elonga Ekakia et sa femme étaient sur le chemin du retour d'Anvers à Bruxelles. "C'était une nuit très sombre. Ma femme était au volant et je dormais. Elle était enceinte de cinq mois et elle roulait vraisemblablement vite. Soudain, la voiture commença à glisser et à faire des tête-à-queue. C'était sur l'A12 à la hauteur de Vilvorde. On aurait pu y rester. Ma femme a eu de graves blessures comme cinq côtes cassées et notre enfant n'est jamais venu au monde. Personnellement, j'ai eu une blessure à la nuque et le genou gauche démoli. C'est vraiment mon pire souvenir", raconte-t-il.
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Le 18 mai 2000, Elonga Ekakia et sa femme étaient sur le chemin du retour d'Anvers à Bruxelles. "C'était une nuit très sombre. Ma femme était au volant et je dormais. Elle était enceinte de cinq mois et elle roulait vraisemblablement vite. Soudain, la voiture commença à glisser et à faire des tête-à-queue. C'était sur l'A12 à la hauteur de Vilvorde. On aurait pu y rester. Ma femme a eu de graves blessures comme cinq côtes cassées et notre enfant n'est jamais venu au monde. Personnellement, j'ai eu une blessure à la nuque et le genou gauche démoli. C'est vraiment mon pire souvenir", raconte-t-il. Actuellement, le Congolais a deux enfants: Andy, âgé d'un an et demi, et Owen qui a cinq mois. Après ce malheureux accident, plus personne ne croyait en lui à Anderlecht. Il a passé 45 jours à l'hôpital et a ensuite entamé une intense rééducation. Avant ce drame, Ekakia était pourtant entrain d'exploser. Il alignait les bons matches et Aimé Antheunis lui faisait de plus en plus confiance. "Financièrement, tout est en ordre avec Anderlecht", déclare-t-il. Son ancien employeur prétendait urbi et orbi que l'ailier droit avait perdu beaucoup de ses qualités mais il prétend le contraire: "Les médecins m'ont dit que j'étais tout à fait apte à reprendre la compétition. J'avais évidemment perdu beaucoup en condition physique même si je me sentais capable de revenir. Dommage qu'on ne m'ait pas laissé une chance. Enfin, je relativise. C'est sans doute le destin". Par la suite, Ekakia s'est entraîné quatre jours par semaine dans un parc à Molenbeek avec un groupe de footballeurs chômeurs, pudiquement appelés footballeurs sans frontières. Les entraînements étaient donnés par Marc Wuyts. "Il n'y avait pas seulement des Africains qui venaient entretenir leur condition physique mais également des joueurs belges et européens. C'est Joao Elias, un bon ami, qui m'avait informé de ces entraînements. C'était mieux que rien. Je retrouvais de la sorte la forme que j'avais avant mon accident". Ekakia vient de signer un contrat aux Francs Borains, qui dimanche dernier ont battu Tournai et ont cédé la lanterne rouge de la D 3A à Gand: "J'ai signé ici jusqu'à la fin de la saison. Mon but était de jouer des matches. Je manque clairement de compétition. éa va me faire du bien. Mon objectif est de sauver les Francs Borins. La tâche s'avère évidemment ardue mais je sens que le groupe est motivé. J'ai parlé avec l'entraîneur, le président et certains joueurs. L'équipe est sous-évaluée et mérite une meilleure place au classement. Je désire apporter la réussite et la concrétisation qui font défaut actuellement. J'espère pouvoir évoluer à droite, ma place de prédilection, pour bien rentrer dans le jeu et m'appuyer sur le centre-avant. Le président s'est efforcé d'apporter des renforts à l'équipe pour qu'elle soit prête", dit-il après avoir assisté à la rencontre de la tribune. Sa carrière internationaleest fatalement au point mort depuis son malheureux accident. Il garde cependant le contact avec l'entraîneur du Congo, Eugène Kabongo également ancien Anderlechtois. Il vient d'ailleurs le voir de temps en temps, quand il passe en Belgique. "Après cette saison, j'espère pouvoir trouver un club de D1,... dans n'importe quel pays. C'est mon objectif. Avant de signer au RFB, j'ai eu beaucoup de contacts mais rien ne s'est concrétisé. Au point de vue condition physique et qualités footballistiques, j'ai récupéré tout ce que j'avais perdu. Je suis prêt pour le haut niveau. éa fait des mois que je m'entraîne et je n'ai jamais arrêté même en musculation. Il faut souffrir pour réussir et c'est vraiment mon cas. Je n'ai aucune séquelle de mon accident, contrairement à ce qu'on a pu dire à Anderlecht. Le championnat de D3 a tout pour me convenir. Le niveau est assez bas évidemment. Je pourrai pratiquer un football facile assez technique car les joueurs réfléchissent moins qu'en D1. Enfin, tout ce que je veux, c'est jouer".Finalement, Ekakia recommence en D3 comme à ses débuts avec Lokeren...Un bon signe?Tim Baete"Anderlecht disait que j'étais fichu, mais c'est faux"