On dit que Junior Marsoni Sambu et Yahya Nadrani en font encore des cauchemars. Le traumatisme remonte pourtant à dix jours maintenant. Inconnu du grand public à la mi-temps de l'opposition entre l'Union Saint-Gilloise et Seraing (2-4) le 16 octobre dernier, Kaoru Mitoma ne sera pas longtemps resté dans le flou. Parachuté en sauveur de l'Union, le Japonais n'a mis qu'un après-midi à faire exploser la machine à statistiques en même temps qu'il ridiculisait la défense sérésienne.
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On dit que Junior Marsoni Sambu et Yahya Nadrani en font encore des cauchemars. Le traumatisme remonte pourtant à dix jours maintenant. Inconnu du grand public à la mi-temps de l'opposition entre l'Union Saint-Gilloise et Seraing (2-4) le 16 octobre dernier, Kaoru Mitoma ne sera pas longtemps resté dans le flou. Parachuté en sauveur de l'Union, le Japonais n'a mis qu'un après-midi à faire exploser la machine à statistiques en même temps qu'il ridiculisait la défense sérésienne. Aucun joueur n'avait été si souvent décisif en 45 minutes que le Japonais à la mi-octobre. Ses chiffres, hallucinants, n'ont pas fait que donner le tournis aux Métallos, ils ont durablement rebattu les cartes du onze-type de Felice Mazzù. L'homme a en tout cas marqué de nouveaux points lors du déplacement à Eupen. Titularisé pour la première fois de la saison contre les Pandas, Mitoma a démontré qu'il n'était pas qu'un joueur offensif déroutant dans le dernier tiers. Suffisamment complet que pour amener du danger devant, provoquer le penalty à la base de l'ouverture du score des Bruxellois et effectuer les replis défensifs nécessaires au jeu de position souhaité par Mazzù, le joueur prêté par Brighton a su chambouler les certitudes d'une équipe qui marche sur l'eau. Une performance de choix. Il faut dire que les étincelles de sa prestation sérésienne font encore des éclats. Avec 100% de dribbles réussis, Mitoma a frappé fort. Inscrivant trois buts pour seulement 1,11 expected goal provoqué. En surrégime total, le Japonais était littéralement dans tous les bons coups unionistes de la deuxième mi-temps. Une surprise seulement pour ceux qui ne l'avaient pas vu venir. En avant-match, les supporters locaux réfléchissaient déjà de leur côté à une composition avec Mitoma. Comme si ses quatre précédentes montées au jeu (pour un total de 49 minutes disputées jusque-là) et sa titularisation en Coupe avaient déjà mis tout le monde d'accord. Mitoma a la conduite de balle élégante et le dribble hyperactif. En Belgique, seul Musa Al-Tamari d'OHL et Konan N'Dri d'Eupen provoquent autant de dribbles à la minute que l'international olympique. C'est d'ailleurs avec la sélection japonaise que Mitoma avait inscrit son dernier but lors des Jeux de Tokyo cet été. À l'arrêt au départ de l'action, le néo-Unioniste s'était joué de l'ensemble de la défense mexicaine sur une seule feinte de frappe, avant de fusiller le portier en bout de course. Un but signature pour un joueur qui figurait déjà sur les tablettes de certains clubs de Pro League bien informés l'an dernier, lorsqu'il évoluait encore au Kawasaki Frontale. Sur les billards de Super League japonaise, Mitoma faisait plus souvent appel à son sens du but dans la surface qu'à ses capacités de course. Plus reculé dans le jeu chez nous, ses qualités naturelles restent toutefois son principal atout. Et apparaissent aujourd'hui comme une aubaine au jeu de reconversion des Bruxellois.