Drôle de sensation : le Montois pur jus Frédéric Herpoel (33 ans) s'entraîne désormais sur le pas de sa porte alors que, pendant 10 saisons, il s'est tapé 60.000 kilomètres par an pour aller bosser à La Gantoise. Par contre, il y a des petites manies qui n'ont pas changé : dès sa signature à Mons, il a demandé un maillot frappé du numéro 23. " Une habitude que j'ai prise quand je suis devenu pro à Anderlecht. J'étais un fan de Michael Jordan, c'est la seule explication ". Autre constante vestimentaire : il jouera toujours avec une tunique de joueur de champ, la même que ses coéquipiers, à part la couleur. " Je n'ai jamais aimé les maillots de gardien. Ils sont plus épais et plus lourds, ça ne me convient pas. Les rembourrages m'embêtent et ils ne servent de toute façon pas à grand-chose quand on tombe sur un bon terrain, bien entretenu ".
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Drôle de sensation : le Montois pur jus Frédéric Herpoel (33 ans) s'entraîne désormais sur le pas de sa porte alors que, pendant 10 saisons, il s'est tapé 60.000 kilomètres par an pour aller bosser à La Gantoise. Par contre, il y a des petites manies qui n'ont pas changé : dès sa signature à Mons, il a demandé un maillot frappé du numéro 23. " Une habitude que j'ai prise quand je suis devenu pro à Anderlecht. J'étais un fan de Michael Jordan, c'est la seule explication ". Autre constante vestimentaire : il jouera toujours avec une tunique de joueur de champ, la même que ses coéquipiers, à part la couleur. " Je n'ai jamais aimé les maillots de gardien. Ils sont plus épais et plus lourds, ça ne me convient pas. Les rembourrages m'embêtent et ils ne servent de toute façon pas à grand-chose quand on tombe sur un bon terrain, bien entretenu ". Herpoel est donc à Mons. Depuis jeudi dernier. Cela n'étonnera personne car on y citait son nom depuis son départ de La Gantoise, en juin dernier. Fred chez les Dragons, c'est simplement la dernière page de la chronique d'un transfert annoncé. Frédéric Herpoel : Non. J'ai beaucoup souffert lors des premières semaines, tellement j'étais dégoûté d'avoir reçu un coup de poignard dans le dos à Gand. Mais j'ai fini par digérer - je dis bien " digérer ", pas " accepter " -, et à partir de ce moment-là, je n'ai pas trop mal vécu la situation. Je ne passais pas mes journées à attendre un coup de téléphone, je travaillais beaucoup pour ma société qui fait fabriquer et vend des gants de gardien. Je ne ruminais pas, je m'aérais l'esprit sans trop de problèmes. Pour moi, ce n'était pas une obsession de me recaser au plus vite. J'ai eu la possibilité de signer à gauche, à droite et au milieu, mais j'ai refusé beaucoup de propositions. Il fallait d'abord que l'envie revienne totalement. On ne signe pas un contrat quand on réfléchit à l'éventualité de stopper définitivement. Un jour, j'avais même remisé toutes mes affaires dans un grand sac, comme si c'était vraiment la fin de l'histoire. Le milieu du foot professionnel me dégoûtait complètement. J'avais tout donné pendant 10 ans à Gand. Pour quel résultat ? Me faire avoir par un président qui mangeait subitement sa parole. Non, il y a eu beaucoup d'autres choses. Je prends régulièrement des notes parce que j'ai l'intention de faire un livre tôt ou tard sur ce que j'ai vécu dans ce milieu. Ce serait bien que les gens se rendent compte de ce qui peut s'y passer. Depuis que je suis pro, j'ai été témoin de beaucoup de trucs bizarres. Ça me fait rire, par exemple, quand on s'étonne que les jeunes ne reçoivent plus leur chance. Il y a évidemment des explications, des raisons qui ne devraient pas exister mais qui expliquent tout. Je dévoilerai ce que je sais en temps utile. Et je citerai des noms. Oui, je suis resté en rapport avec plein de gens : des employés du club, des joueurs, des supporters, des sponsors. Par contre, il y a deux personnes importantes du club que je n'ai plus eues en ligne et que je ne veux de toute façon plus avoir. Moi, je ne veux même plus citer leurs noms. J'ai rencontré des gens de ces clubs parce qu'à l'époque, je n'avais quand même pas 36.000 solutions. Soit j'arrêtais de jouer, soit j'étudiais ce qu'on me proposait en Belgique, soit je partais pour le Qatar ou un autre truc du style. Oui, en vacances... Un dirigeant et un entraîneur s'étaient renseignés, j'étais prêt à discuter mais ils ne m'ont finalement pas invité. J'ai eu d'autres contacts en France : Lyon et Marseille avaient des problèmes de gardien et je sais qu'ils ont pensé à moi. Ils ont demandé mon CV à mon agent mais je n'ai pas reçu d'offre. Oui, si j'avais attendu... Mais avec des " si ", je me serais peut-être retrouvé les mains vides. Je sais qu'on m'a cité au Standard, mais quand un club pense vraiment à toi, il te contacte. Je sais que ça a fait jaser. Mais je signale que je venais déjà régulièrement quand je jouais à Gand. C'est ma ville et je connais plein de gens dans le club : où était le problème ? En plus, j'avais plein de temps libre depuis l'été dernier. Je me disais que des trucs pareils pourraient m'arriver aussi. Les gardiens forment une race à part, il y a plus de solidarité entre eux qu'entre des joueurs de champ. J'aurais dû rester chez moi comme un moine ? Je ne sais pas si un truc pareil me perturberait. Avec le caractère que j'ai, ça m'étonnerait. Avoir des concurrents potentiels dans le stade, cela fait partie du foot professionnel. Si, avant chaque match, on commence à penser à tous ceux qui sont dans la tribune, on n'en sort plus. Il manquait une seule chose pour faire avancer le schmilblick : une vraie discussion avec le président. Nous ne nous sommes mis à table que la semaine dernière et tout s'est alors réglé très vite. Dans une négociation, chaque partie défend au mieux ses intérêts. Tout le monde sait que je suis un gars difficile lors des discussions de contrat. Je ne me suis jamais laissé faire. Pas concrètement mais il y a eu des sous-entendus. J'étais aux matches mais je ne vivais pas à l'intérieur du vestiaire. Ce n'est donc pas mon job de donner un avis. Je constate seulement que ça fonctionnait bien la saison dernière et que toutes les qualités individuelles ne peuvent pas s'être évaporées du jour au lendemain. C'est impossible. Et attention, ce n'est pas parce qu'il y a un nouveau gardien que tout va changer. Je suis incapable de guérir tous les maux de cette équipe. Pas du tout, je n'ai aucune idée du jour. Evidemment, ce sera un match particulier. Comme les premières fois où j'ai affronté Anderlecht avec Gand. Mais je n'en ferai pas une fixation. Il y a bien plus essentiel dans les semaines et les mois à venir : remettre Mons sur les rails. Je n'en sais rien. Pour le moment, on est occupé à analyser l'état de la carrosserie. (Il se marre). Après un mois de congé, un pro a besoin de six semaines de travail intensif pour être tout à fait opérationnel. Moi, je ne me suis plus entraîné avec des professionnels depuis le mois de mai. Donc, il y a du boulot. Je vais travailler comme un fou, aussi le soir s'il le faut, pour être le plus vite possible dans le coup. Mais je ne peux pas non plus trop forcer et prendre le risque de me blesser. Etre prêt pour le début du deuxième tour, ça me paraît un objectif réaliste. par pierre danvoye - photos : reporters/guerdin