Le transfert de Jonathan Legear fait inévitablement penser au retour d'Anthony Vanden Borre à Anderlecht, l'enfant de la maison mauve, longtemps en perdition mais qui est revenu, chez lui, au premier plan. A cette grande différence que Legear, avant de revenir " chez lui ", était passé chez l'ennemi pour connaître son explosion chez les pros débutée le 10 novembre 2004, il y a plus de dix ans.
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Le transfert de Jonathan Legear fait inévitablement penser au retour d'Anthony Vanden Borre à Anderlecht, l'enfant de la maison mauve, longtemps en perdition mais qui est revenu, chez lui, au premier plan. A cette grande différence que Legear, avant de revenir " chez lui ", était passé chez l'ennemi pour connaître son explosion chez les pros débutée le 10 novembre 2004, il y a plus de dix ans. Legear faisait alors partie de cette levée de jeunes talents (Pocognoli, Mirallas, Bailly) qui quittent le bateau rouge en pleine adolescence. Pendant 7 ans, Jona fera le bonheur d'Anderlecht à coups de centres et de débordements fulgurants même si de nombreuses blessures et quelques frasques ou autres drôleries viendront quelque peu gâcher le portrait. Difficile de ne pas sourire à l'annonce du retour de Legear au Standard d'autant qu'en fin de semaine passée les infos l'envoyaient plutôt du côté du club hongrois d'Ujpest dont le président n'est autre que Roderick Duchâtelet (fils de qui vous savez). Malgré quelques touches avec des clubs scandinaves ou des Émirats, Legear privilégiait la voie Ujpest avec l'espoir secret de marquer les esprits six mois et de signer au Standard dans la foulée. Toujours en gardant l'exemple de Vanden Borre dans un coin de sa tête. Et pour ça, on fait appel au " grand frère ", Mbo Mpenza qui après avoir remis Anthony Vanden Borre sur les rails (encadrement, préparation physique), s'est occupé ces derniers mois du cas " Legear ", un accompagnement qui s'est à nouveau avéré payant (voir plus loin). Legear au Standard est un serpent de mer de nombreux mercato. En janvier dernier, alors que Legear se retrouve à Malines, les négociations pour un retour dans son club formateur ont déjà débutées. Dès cet instant, Roland Duchâtelet est prêt à délier les cordons de la bourse pour attirer l'ex-Anderlechtois. Un contrat à hauteur de 600.000 euros net est même sur la table. L'affaire capote toutefois ; ses rares prestations peu convaincantes sous le maillot malinois freinent la direction du Standard qui finit par se plier aux rapports scouting le jugeant insuffisant et hors forme. Aujourd'hui, Jonathan Legear a rejoint le Standard en acceptant des émoluments au rabais proches de ceux de Mehdi Carcela avant qu'il ne s'envole et touche le jackpot à Anzhi ; un contrat très éloigné de ce que Legear a pu palper à Anderlecht à Grozny ou même à l'Olympiacos (même s'il n'y jouera jamais). Aujourd'hui, tout le monde se pose des questions sur le véritable état de forme de Legear. Et à raison, car comment croire à une réhabilitation d'un joueur qui a connu tant de difficultés depuis son départ pour Grozny en août 2011. Après l'échec malinois, et son passage fantôme à l'Olympiacos, Jona est réapparu dans l'actualité début novembre en signant pour le club anglais de Blackpool, dernier de Championship (D2 anglaise). Là aussi, rien ne se passe pas comme prévu, le nouveau coach du Standard, José Riga, est licencié deux jours seulement après son arrivée. Son nouveau T1, Lee Clark, cherche à être populaire et met en avant le terroir et les joueurs anglais. Legear n'a jamais voix au chapitre mais continue à s'entraîner, parfois seul même, et joue quelques rencontres avec l'équipe réserve. Alors qu'on le croit au fond du trou - certains médias titrent d'ailleurs " Legear perdu pour le foot " - peu après avoir appris que le club de Blackpool s'en était débarrassé le laissant libre de tout contrat, Legear prend cette nouvelle sanction comme une aubaine. Après avoir fait fortune sur le front russe, son désir premier est désormais de se retrouver de la stabilité et de se refaire une nouvelle image. Pour cela, l'homme doit rebondir et enchaîner les matches. Chez lui de préférence, à Liège, au Standard, là où il rêve secrètement (et parfois publiquement) de retourner. Alors que les médias et les réseaux sociaux se moquent de certaines photos liées à sa présentation du côté de Blackpool, l'homme bosse comme un forcené (ce qui peut surprendre) et retrouve le moteur de ses plus beaux jours. A Blackpool, il arrive en tête des tests VMA. Confirmation lors de la visite médicale effectuée au Standard où Legear arrive cette fois en troisième position du noyau aux mêmes tests. Si le rythme des matches semble bien loin, Legear apparaît en bien meilleure condition qu'on aurait pu le croire. Pour arriver à retrouver un corps de sportif, Legear n'a pas hésité à mettre la main à la poche. Durant le mois de décembre et de janvier, il se rend à Munich à plusieurs reprises chez le Docteur Hans-Wilhelm Muller-Wolfahrt, médecin de l'équipe d'Allemagne de football et du Bayern Munich qui a également soigné de multiples sprinteurs comme Usain Bolt ou Maurice Green, et spécialiste des douleurs aux ischio-jambiers. Un docteur aux pratiques dites atypiques mais qui a la cote et qui par conséquent coûte cher (Legear aurait dépensé plusieurs milliers d'euros pour ses services). Après s'être débarrassé du micmac entourant son transfert à l'Olympiacos et avoir retrouvé sa liberté, Legear s'est " battu pour retrouver la maîtrise de son destin ", raconte un membre de son entourage. Un destin, un équilibre, qui devait passer par chez lui. Proposé à Anderlecht avant qu'il ne signe à Blackpool, Besnik Hasi n'en avait pas voulu : " Il n'a plus joué depuis très longtemps et il doit d'abord retrouver du temps de jeu quelque part. Jonathan est un joueur fantastique mais il n'a pas tiré suffisamment de sa carrière. Il n'a pas toujours vécu comme un pro malheureusement... " Au Standard aussi la porte semblait, il y a peu, encore fermée. Jusqu'à ce que le transfert de Legear à Budapest se transforme en un retour maison. Sans agent, dans une relative discrétion. Car Legear s'est toujours senti standardman. Même du temps où il évoluait à Anderlecht, il n'était pas rare de le voir assister à des matches du Standard depuis la loge de Lucien D'Onofrio. Les supporters rouches ont d'ailleurs souvent croisé sa route, parfois en le provoquant mais jamais sans véritable animosité. " Il m'a toujours dit qu'il rêvait de revenir au Standard ", raconte son ami, Santiago Alvarez, directeur de la société BMS. Papa d'une petite fille, Joshua, la famille Legear s'est installée à Embourg (près de Liège) et souhaite s'y retrouver. Alors qu'il traîne encore une étiquette de Mauve chez beaucoup de sympathisants rouches, Legear n'a jamais eu peur de s'afficher dans le centre de Liège. Bien au contraire. Rien de comparable à ce que peut connaître Steven Defour. " Il y a deux semaines d'ici, on s'est rendu dans le resto " L'asti " dans le centre de Liège. Et bien, il s'est arrêté 40 fois pour faire des photos ou signer des autographes. C'était incroyable ! Il n'a jamais eu peur de se retrouver dans Liège, c'est même un Roi à Liège. Tous ceux qui le connaissent vraiment, et ils sont nombreux, l'adorent ".PAR THOMAS BRICMONT - PHOTO: BELGAIMAGEPour se retaper, Legear dépense des milliers d'euros chez le médecin du Bayern Munich.